
La maire Thorne Rochon est élue au caucus du Nord de l’AMO
Christian Gammon-Roy
IJL – Tribune
L’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) vient de tenir son congrès annuel du 16 au 19 août à Ottawa. À cette occasion, le Nipissing Ouest a eu deux rencontres en tête-à-tête avec des responsables provinciaux : l’une avec le ministère des Transports (MTO) pour parler de l’installation de feux de circulation à Verner, et l’autre avec le ministère du Développement et de la croissance économique du Nord concernant un projet de réparation à la baie de Minnehaha. Pendant la conférence, la maire de Nipissing Ouest, Kathleen Thorne Rochon, a été élue au conseil d’administration de l’AMO, au sein du caucus du Nord. À son retour, elle a pris le temps de parler de la conférence.
«Nous sommes allés leur parler d’un feu de circulation à l’angle de la route 575 et de la route 17,» explique Mme Thorne Rochon à propos de la présentation au MTO. Selon elle, le personnel municipal avait préparé un «dossier en béton» incluant les préoccupations des résidents, du personnel et des élus quant à la sécurité à cette intersection. «Nous avons notamment inclus une pétition signée par 600 résidents, les données sur les collisions fournies par la Police provinciale de l’Ontario, ainsi que le nombre de ménages dans un rayon d’environ 2 kilomètres, afin de montrer qui emprunte l’autoroute pour se diriger vers l’est ou vers l’ouest. Cela comprenait évidemment le village de Verner et les habitations autour du lac Cache, ce qui représente environ 500 ménages. Il y a le terrain de golf de Verner. Nous avons relevé que la station-service de la Co-op de Verner est, je crois, la dernière à desservir les camions de transport avant d’arriver aux environs de Wahnapitae, et nous avons également répertorié les autres accès commerciaux situés à proximité de l’autoroute, dans un rayon de 500 à 600 mètres de chaque côté. Cela comprend notre terrain des Travaux publics, et l’accès à plusieurs rues,» a-t-elle énuméré.
Le ministère s’est engagé à réaliser une nouvelle étude de circulation pour ce tronçon de l’autoroute. D’après la maire, les données existantes remontent à 2016, année où la limite de vitesse a été baissée à 80 km/h à la traversée de Verner. «Ils fondent souvent leurs décisions concernant les feux de circulation sur les résultats de ces études de circulation. Il s’agit du nombre de véhicules, de la vitesse, et probablement du nombre de personnes qui entrent ou sortent de l’autoroute à cette intersection,» explique la maire. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un engagement direct à installer un feu de circulation, comme le demandaient les signataires de la pétition de Verner, Mme Thorne Rochon dit qu’une telle étude est la première étape d’un tel processus.
La deuxième rencontre avec le ministre du Développement et de la croissance économique du Nord, George Pirie, visait à faire avancer «une demande auprès du Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario pour des travaux de remise en état du quai de la baie Minnehaha », précise la maire. Comme elle l’explique, lorsque le projet d’aménagement de la baie Minnehaha a été approuvé par le conseil municipal de l’époque, «afin de réaliser des économies, on a décidé de construire la promenade et le quai sur les culées existantes, vieilles de 60 ans.» Mme Thorne Rochon précise que ces culées avaient peut-être encore 10 à 15 ans de vie devant elles, «et aujourd’hui, ces 10 à 15 ans sont écoulés». La maire cite des rapports d’ingénierie récents indiquant que les culées doivent être réparées de toute urgence, sans quoi la municipalité risque de devoir fermer la promenade et les quais de la baie. «Tout ce qui est en bois, qui n’est pas en asphalte, ne serait plus accessible au public pour des raisons de sécurité et de responsabilité,» révèle-t-elle.
Le coût du projet est estimé entre 4 et 5 millions de dollars selon la maire, et les travaux consistent à démanteler la promenade, à construire de nouvelles culées en dessous, puis à tout remonter. «L’aspect et le fonctionnement resteront identiques. Si l’on prenait une photo avant et après, on ne verrait pas de différence notable par rapport à aujourd’hui. Tous les problèmes sont des éléments invisibles,» explique-t-elle. La maire admet qu’il est décevant de devoir dépenser autant d’argent pour un projet qui n’apporte aucune amélioration ni nouveauté aux résidents. «Cela n’aura pas d’incidence sur la qualité de vie des résidents en soi. Nous ne leur offrons rien de nouveau, nous ne réparons pas quelque chose qui parait cassé. Vu de l’extérieur, ce sont 5 millions de dollars qui vont littéralement être engloutis sous l’eau,» déplore-t-elle.
«Nous avons discuté avec le ministre Pirie. Je crois que notre demande s’élève à environ 2 millions de dollars. Le conseil municipal s’est engagé à ce que, si nous obtenons ce financement, nous prenions en charge le reste des réparations nous-mêmes,» explique la maire. Elle ajoute que la ville tentera de trouver d’autres sources de financement, peut-être au niveau du gouvernement fédéral, afin d’alléger le fardeau des contribuables locaux. Elle espère que les investissements déjà réalisés dans la baie Minnehaha, la valeur touristique du site et le fait que le quai serve de point de départ aux services d’urgence convaincront le gouvernement d’approuver les demandes de financement.
Enfin, la maire évoque son élection au conseil d’administration de l’AMO. «L’association représente la quasi-totalité des 444 municipalités de l’Ontario et joue un rôle politique important, dans la mesure où elle dispose d’un lien direct avec le gouvernement en ce qui concerne les politiques et les lois qui touchent les municipalités,» explique-t-elle. Les membres du conseil d’administration sont répartis entre différents caucus, chacun représentant un secteur différent des municipalités ontariennes. Le caucus du Nord, qui compte actuellement sept membres, représente les municipalités du nord-ouest et du nord-est de la province.
«J’étais fermement convaincue que le moment était bien choisi pour le faire. Nous avons connu de grands succès avec nos délégations, et nous avons grandement rehaussé la visibilité de la municipalité,» affirme Mme Thorne Rochon. Elle souligne qu’une partie de son programme électoral d’il y a quatre ans consistait à «réparer les dommages causés à la réputation de la municipalité», et elle considère sa nomination comme une victoire sur ce plan. Plus de 100 votes ont été exprimés par des élus de tout le nord de l’Ontario pour les sièges du caucus du Nord, ce qui, pour Mme Thorne Rochon, témoigne de la confiance accordée à la direction du Nipissing Ouest. «Cela me montre que notre travail visant à améliorer nos relations, renforcer notre crédibilité et être perçus comme un partenaire sérieux porte ses fruits. Le Nipissing Ouest est la septième plus grande municipalité du nord de l’Ontario. Nous devrions assumer un rôle de chef de file dans la région,» insiste la maire.
Quant à ce qu’impliquera ce nouveau rôle, Mme Thorne Rochon prévoit plus de réunions et de recherches, en plus de ses fonctions à la mairie. «Je pense que ce sera intéressant. Plus une municipalité comprend le fonctionnement de la province, ainsi que l’impact de ses règles, ses lois et ses politiques, mieux c’est. Je dis toujours que pour tirer parti du système, il faut savoir comment il fonctionne,» déclare-t-elle. Mme Thorne Rochon voit également l’avantage d’une collaboration avec d’autres dirigeants municipaux. «Dans le nord de l’Ontario, nos collectivités sont petites, nos moyens sont limités et nous sommes confrontés à des défis financiers. Ainsi, chaque occasion que nous avons de travailler ensemble et d’apprendre ensemble a, selon moi, une grande valeur», conclut-elle.






