
Le conseiller Pellerin obtient un deuxième devis pour l’édifice de Verner
Christian Gammon-Roy
IJL – Tribune
Lors de ses délibérations du 11 août, le conseil municipal de Nipissing Ouest a discuté des réparations et des rénovations envisagées sur trois bâtiments municipaux. À l’ordre du jour figuraient la rénovation des salles de toilette au centre communautaire de Cache Bay et celle de la cuisine du centre communautaire de Monetville Nord, au coût d’environ 300 000$ chacune, ainsi que des réparations urgentes de la maçonnerie du bâtiment municipal de Verner, estimées à 60 000$, afin d’éviter d’autres dommages pendant que le conseil continue de discuter des options à long terme pour Verner.
À Cache Bay, on espère ajouter des toilettes accessibles en fauteuil roulant, conformément à la Loi sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario. Selon un plan conceptuel présenté par le personnel, le projet comprendrait la rénovation des deux salles de toilette existantes, ainsi que l’ajout d’une troisième salle de toilette universelle accessible en fauteuil roulant. Le rapport fait état d’un coût de 303 311$, hors TVH.
La maire Kathleen Thorne Rochon a demandé si les installations actuelles sont encore fonctionnelles et a suggéré de se contenter d’un simple rafraîchissement esthétique des toilettes existantes, en se concentrant uniquement sur la construction de la salle accessible, afin de réduire les coûts. Le personnel a confirmé que les salles de toilette sont actuellement fonctionnelles. Cependant, le conseiller Roch St. Louis a souligné des problèmes liés à des toilettes qui fuient, à la plomberie des lavabos et aux interrupteurs d’éclairage dans la configuration actuelle. «Le parc de roulottes de Cache Bay s’est vendu à 790 000$; pourquoi ne pas prendre 300 000$ et les réinvestir dans ce bâtiment,» a-t-il demandé. M. St. Louis préconisait de procéder à la rénovation complète.
Le conseiller Georges Pharand s’est fait l’écho de la maire en voulant réduire les coûts, demandant si le personnel pouvait fournir un rapport sur un projet de moindre envergure. Le personnel a précisé que les spécifications fournies respectaient les exigences strictes du Code du bâtiment de l’Ontario, ce qui rendait les rénovations coûteuses, mais qu’il était possible d’entreprendre des travaux plus simples, comme le remplacement d’appareils sanitaires ou de certains éléments, sans qu’une reconstruction complète soit nécessaire. Finalement, le conseil a voté pour que le personnel prépare un nouveau rapport détaillant les coûts des rénovations mineures ainsi que la construction d’une salle de toilette accessible à tous à Cache Bay.
La discussion sur la modernisation de la cuisine du centre communautaire de Monetville Nord a suivi à peu près la même trajectoire. Le personnel a présenté un projet de 296 734$, comprenant notamment le remplacement de certains appareils électroménagers. Selon l’administrateur municipal Mike Pilon, la cuisine actuelle compte principalement des appareils résidentiels, qui conviennent à simplement garder les aliments au chaud pour le service. La modernisation permettrait de transformer l’espace en une cuisine fonctionnelle de qualité commerciale, où l’on pourrait réellement préparer des repas.
Selon le personnel, l’espace est fréquemment utilisé par un groupe communautaire local, et le conseiller Pharand a évoqué la possibilité de signer un bail avec ce groupe pour l’utilisation de l’espace. D’après lui, si le groupe louait l’espace, il pourrait présenter une demande de financement ou de subvention pour le rénover, et la municipalité pourrait l’aider à assumer les coûts, plutôt que de payer la totalité de la facture. Le conseil a voté en faveur d’étudier cette option.
Enfin, le bâtiment municipal de Verner figurait de nouveau à l’ordre du jour du conseil. Le conseil délibère toujours sur le sort du bâtiment, plusieurs options lui ayant été présentées en janvier. Parmi ces options figuraient notamment des réparations; le déménagement des locataires à l’aréna de Verner et la rénovation de ce dernier pour en faire des locaux à bureaux; la construction d’une extension à l’aréna; ou encore la construction d’un nouveau bâtiment municipal. Entre-temps, le bâtiment de Verner doit faire l’objet de réparations à court terme, afin d’empêcher toute détérioration supplémentaire pendant que le conseil se penche sur une solution définitive.
Selon le rapport du personnel, les consultants ont constaté «une détérioration continue des murs de maçonnerie, due principalement aux cycles de gel-dégel et aux infiltrations d’humidité.» Ils ont recommandé des réparations ponctuelles des sections les plus détériorées du bâtiment, dont le coût est estimé à environ 60 000$.
Le conseiller Fern Pellerin a fait valoir que ces 60 000$ seraient gaspillés si l’on décidait de rénover l’ensemble du bâtiment et qu’il fallait éventuellement démolir ce travail de maçonnerie. Il a également évoqué un deuxième avis concernant les rénovations complètes du bâtiment. M. Pellerin a indiqué avoir obtenu un devis auprès d’un entrepreneur local spécialisé dans les bâtiments industriels. Selon ce devis, le coût s’élèverait à 984 000$, ce qui est bien loin de l’estimation de 2,25 à 2,7 millions de dollars présentée au conseil par les ingénieurs consultés par le personnel. «Nous avons voté la dernière fois pour obtenir un deuxième avis sur les 2,2 à 2,7 millions de dollars du projet. Nous n’avons pas obtenu de deuxième avis sur ces 2,2 ou 2,7 millions de dollars; nous avons plutôt un devis simplement pour réparer quelques briques,» a insisté le représentant du quartier 7 (Verner).
Les conseillers Daniel Gagné et Rolly Larabie se sont prononcés en faveur d’un deuxième avis sur le coût global du projet, le premier s’interrogeant sur la possibilité d’utiliser un revêtement métallique plutôt que de la maçonnerie en brique afin de réduire les coûts. Cependant, l’administrateur municipal est intervenu pour préciser qu’un deuxième avis ne fournirait pas de nouvelles informations sur les coûts, et que les membres du conseil ne devraient pas prendre d’initiatives relevant de la compétence du personnel administratif. «Il ne s’agit pas ici de lancer un appel d’offres pour trouver un entrepreneur, et je tiens à le préciser : cela est tout à fait inapproprié et ne relève en rien de la compétence ou de l’autorité d’un conseiller,» a-t-il déclaré, qualifiant le document cité par le conseiller Pellerin de «trompeur pour le public». M. Pilon a indiqué que le conseil disposait déjà de nombreuses informations concernant l’édifice Verner et qu’une autre évaluation de l’édifice ne constituerait pas, à son avis, une bonne utilisation des ressources, car ces évaluations sont coûteuses.
La maire a ajouté que la municipalité ne peut obtenir de devis précis de la part des entrepreneurs tant qu’elle n’a pas décidé de la voie à suivre et de l’étendue des travaux, après quoi elle peut lancer un appel d’offres. Les prix fournis par les évaluations techniques constituent une estimation des coûts, ce qui permet au conseil de réserver un montant dans son budget, mais les soumissions des entrepreneurs peuvent s’avérer plus élevées ou moins élevées, a-t-elle précisé.
Les conseillers Kris Rivard et Roch St. Louis ont finalement réussi à ramener la discussion au point à l’ordre du jour, à savoir la réparation de la maçonnerie d’une valeur de 60 000$, que le conseil a décidé de faire réaliser pour l’instant.
Lors d’une conversation ultérieure avec Mike Pilon, celui-ci explique pourquoi il a qualifié de trompeuse la soumission obtenue par le conseiller Pellerin, et pourquoi ce dernier n’aurait pas dû la solliciter. «Il fait partie du conseil. Il participe à la supervision et à la prise de décision collective, mais en tant que membre du conseil, on ne peut pas commencer à prendre des décisions à titre individuel et décider de contourner le personnel pour obtenir une soumission sur tel ou tel projet. Il ne dispose pas de toute l’information, et un devis de ce genre ne serait jamais établi de cette manière non plus. Nous avons un règlement sur la procuration; cela doit passer par des demandes de soumissions et un appel d’offres. Nous ne pouvons pas choisir un entrepreneur local en particulier et lui demander un devis,» explique M. Pilon. Il ajoute que cela expose M. Pellerin à une enquête du Commissaire à l’intégrité.
Quant à M. Pellerin, il comprend que l’obtention de ce devis a des conséquences, mais insiste qu’il l’a fait dans le but ultime d’économiser l’argent des contribuables et, peut-être, de sauver l’édifice municipal de Verner par la même occasion. M. Pellerin souligne que cet édifice abrite des services importants pour les résidents et il craint que le personnel et certains membres du conseil municipal les compromettent trop hâtivement. «Je l’ai accompagné au bâtiment de Verner; il était accompagné de son ingénieur,» raconte M. Pellerin en décrivant comment il s’y est pris pour obtenir le devis d’un entrepreneur local. Selon lui, ils ont fait le tour du bâtiment, et deux semaines plus tard, on lui a remis un devis daté du 4 mars 2026, d’un montant de 984 000$.
- Pilon dit comprendre le «choc des prix» face à l’estimation initiale des coûts, ainsi que l’instinct de M. Pellerin à vouloir réaliser des économies, mais il soutient que ce devis est trompeur, car certains éléments ne sont pas inclus dans le prix. Au bas du devis de M. Pellerin, les éléments suivants sont indiqués comme «non inclus» : le mur ouest de l’ancien gymnase, les travaux électriques et mécaniques, les travaux hivernaux, les honoraires des consultants et des ingénieurs, ainsi que les permis et les inspections. M. Pilon ajoute qu’il s’est par la suite entretenu avec cet entrepreneur et qu’on lui a dit que le devis ne concernait «que l’enveloppe du bâtiment» et qu’ils ne savaient pas «ce qui se passait d’autre à l’intérieur du bâtiment.»
Le conseil municipal ne s’est pas donné de date limite pour déterminer le sort du bâtiment de Verner, et avec les élections municipales prévues en octobre, cette décision pourrait bien revenir au prochain conseil municipal.






