Un projet de culture et de partage qui ne cesse de croitre

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Brooklyne Buckley, diététicienne agréée au Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest, se tient devant les bacs du jardin communautaire. Ceux-ci contiennent diverses plantes, herbes aromatiques et légumes cultivés par les participants au programme jeunesse du centre. L’épouvantail qui veille sur le jardin a été fabriqué par les participants au programme de la Société d’Alzheimer du centre de santé.

Christian Gammon-Roy

Tribune – IJL

Les jardiniers locaux peuvent désormais goûter à plus d’aliments frais sans pour autant varier leurs propres plantations, grâce à une nouvelle initiative du Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest. Le centre leur offre la possibilité de donner ou d’échanger leurs produits excédentaires contre d’autres légumes ou herbes qu’ils ne cultivent peut-être pas eux-mêmes, aidant ainsi à réduire le gaspillage et à faire découvrir une gamme plus vaste d’aliments.

Le Centre de santé anime un stand de produits frais dans le cadre de son projet de jardin communautaire pour les jeunes. Ouvert au public à différentes dates depuis le 18 juin, ce stand permet aux habitants d’échanger des plantes et des herbes aromatiques ou simplement de venir chercher gratuitement des produits frais. Les prochaines journées d’échange auront lieu les 13 et 27 août, le 17 septembre et le 1er octobre, de 11 h 30 à 13 h, au centre de la rue Michaud.

Selon la responsable du projet, la diététicienne Brooklyne Buckley, le kiosque vise aussi à renforcer les liens sociaux. Bien que les gens soient libres de simplement prendre des produits, l’objectif principal est d’encourager les échanges. «C’est l’occasion de redistribuer la nourriture au sein de la communauté. Cela favorise le renforcement du tissu social, le fait de cultiver ensemble et le partage de souvenirs,» explique-t-elle.

Jusqu’à présent, l’initiative est très bien reçue, a déclaré Mme Buckley lors de la dernière session le 30 juillet. «Aujourd’hui, par exemple, nous avions des concombres et des poivrons verts, et ils sont disparus en une minute! Nous proposons des produits comme le chou frisé, et à l’avenir, nous aurons des pommes de terre et des tomates, qui partent toujours très vite. Les pois gourmands et les haricots verts partent aussi très vite,» a-t-elle affirmé. En plus des produits comestibles, ils reçoivent également des fleurs dans le cadre de cet échange communautaire, et ils ont commencé à les intégrer au potager du centre.

Au final, le projet ne vise pas à produire plus des produits très demandés, car, comme le dit Mme Buckley, «nous ne sommes pas des producteurs commerciaux.» Il s’agit plutôt de favoriser la diversité alimentaire et d’offrir une opportunité d’apprentissage aux jeunes. «Par exemple, l’un de nos potagers abrite les «trois sœurs» – maïs, courges et haricots,» explique-t-elle. «Lors du camp d’été pour les jeunes, nous avons découvert le concept de la culture associée et quelles herbes cultiver ensemble. Les jeunes ont ensuite pu récolter le basilic qu’ils avaient planté et s’en servir pour préparer de petites pizzas individuelles. À tous les niveaux, il y a des possibilités d’enseignement et d’éducation,» décrit Mme Buckley.

Apprendre la production se traduit par des habitudes alimentaires saines, ajoute-t-elle, et peut même faciliter l’accès à la nourriture. Même si elle admet que le jardinage ne résoudra pas à lui seul l’insécurité alimentaire, savoir cultiver ses propres produits constitue un filet de sécurité important. Le fait de ne pas avoir à acheter certains produits au supermarché, mais de les cultiver soi-même, permet de réduire la facture d’épicerie.

Un autre avantage est de mettre en avant des produits sains que les gens pourraient autrement ignorer. Il est facile de passer devant des fruits et légumes méconnus sans leur donner leur chance, mais après avoir fait l’effort de les planter et de les cultiver, on est bien plus susceptible de les goûter. «Les enfants sont plus enclins à manger les fruits et légumes qu’ils ont cultivés et avec lesquels ils ont interagi,» affirme la diététicienne.

Un autre volet du programme consiste à mettre en avant les producteurs locaux et à encourager les interactions de la communauté avec eux. «Je travaille à l’élaboration d’une carte des producteurs, indiquant où se procurer des produits au sein de la communauté. Il y a un producteur local dans ma rue dont je ne soupçonnais même pas l’existence,» explique Mme Buckley, soulignant que les habitants ignorent souvent qu’ils peuvent aller s’approvisionner directement chez certains producteurs.

Même si le jardin pourrait se résumer à un programme strictement saisonnier, Mme Buckley assure qu’il alimente de nombreuses autres opportunités d’apprentissage tout au long de l’année. «Oui, nous avons une saison de culture, mais de nombreuses activités, comme la mise en conserve et l’apprentissage de la déshydratation de différentes herbes, seront intégrées au programme d’hiver. Par exemple, nous organisons «Venez cuisiner avec nous», une activité ouverte à tous, où nous cuisinons tous ensemble en utilisant les ingrédients du potager,» décrit-elle, en soulignant que «nous devons bien manger toute l’année!»

Ce projet intègre aussi d’autres programmes du Centre de santé communautaire. Mme Buckley attire l’attention sur l’épouvantail qui se dresse près de leurs bacs de jardinage, créé par les membres du programme de la Société d’Alzheimer. «[Les participants] avaient remarqué que des corbeaux venaient manger le maïs. Ils se sont donc réunis et ont fabriqué ce magnifique épouvantail pour nous. Ils ont également intégré les bienfaits du potager dans leur propre programme. Ils cultivent des soucis, qui sont parfaits pour lutter contre les nuisibles et constituent d’excellentes plantes compagnes,» explique-t-elle.

Quant à l’avenir du jardin communautaire, Mme Buckley est enchantée de voir son évolution rapide. Récemment, le programme a reçu des subventions locales, permettant d’ajouter plus de bacs de jardinage au centre, d’étendre à Lavigne et de prévoir une nouvelle expansion à River Valley. Mme Buckley prévoit ajouter des bacs de jardinage «moins hauts pour que les enfants et davantage de jeunes puissent participer.»

À plus court terme, une «garden-party» sera organisée dans le cadre d’une exposition artistique en plein air, un projet dirigé par l’artiste locale Jessica Somers avec les participants de ses camps de jeunes. «Ils réalisent des fresques sur tous les bacs, qui représenteront différents enseignements autochtones. Cela aura lieu la première semaine d’août,» précise Mme Buckley.