La vérité et la réconciliation se vit tout au long de l’année

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Christian Gammon-Roy

Tribune – IJL

Les élèves et le personnel de l’école primaire catholique Our Lady of Sorrows se sont rassemblés autour d’un cœur orange géant à l’occasion de la Journée de la vérité et de la réconciliation. Le mercredi 30 septembre, les élèves se sont réunis dans la cour d’école bordant la rue Ethel, où un grand cœur, composé de nombreux rubans noués, était exposé pour que les passants puissent l’admirer. «Notre foi nous enseigne à faire preuve de bienveillance et à avoir une influence positive sur les autres. Ce cœur symbolise le fait que chacun a le pouvoir de faire preuve de bienveillance et d’attention,» explique Stacey Malette, directrice de l’école. Une prière et un cercle de tambours ont ponctué l’assemblée, et l’on a interprété le «chant de l’humilité», qui transmet un enseignement spirituel fondamental basé sur l’humilité, le respect de la création et l’interconnexion de tous les êtres vivants.

Cette cérémonie n’était qu’un petit aperçu des efforts continus des élèves de l’OLS pour promouvoir la vérité et la réconciliation tout au long de l’année, et pas seulement le 30 septembre. «Ce n’est certainement pas une affaire d’une seule journée, c’est ce que nous disons toujours. Nous ne voulons pas que les enfants pensent qu’il suffise d’observer la Journée du chandail orange. Ce n’est pas une case à cocher pour se dire «bon, c’est fait.» C’est un processus continu,» explique Mme Malette. Même si elle reconnaît l’importance de souligner cette date au calendrier pour susciter une première prise de conscience, il est essentiel de maintenir cette sensibilisation et cet engagement, insiste la directrice. À cette fin, l’école s’efforce d’enseigner la vérité et d’œuvrer à la réconciliation de multiples façons tout au long de l’année.

En ce qui concerne la vérité et l’apprentissage de l’histoire des pensionnats autochtones, Mme Malette affirme que l’OLS a la chance d’entretenir des liens solides avec la Première nation Nipissing, ainsi qu’avec ses aînés et ses survivants. «Des survivants des pensionnats viennent nous rendre visite et s’adressent aux enfants. Un silence absolue règne dans la bibliothèque quand ils parlent,» décrit la directrice, ajoutant que cette forme d’enseignement par le biais de témoignages et de récits personnels est la plus percutante. Bien que le curriculum scolaire aborde ces aspects de notre histoire, le lien plus personnel avec les survivants locaux est inestimable, déclare-t-elle.

Mme Malette explique que les enfants s’identifient à ces récits, car ils racontent comment les survivants ont été traités lorsqu’ils étaient eux-mêmes élèves. Elle ajoute que les intervenants sont souvent des membres de la famille ou des tantes des élèves de l’OLS ou de leurs amis, et que ce lien personnel rend le message d’autant plus fort. Il en va de même pour les supports écrits utilisés dans l’enseignement, dont certains ont été rédigés par des survivants locaux et leurs proches. «L’un d’entre eux, en particulier, a été rédigé par un proche parent d’un de nos enseignants,» souligne Mme Malette.

Il existe une dualité dans la «Vérité et la Réconciliation»: la vérité représente le passé et la partie solennelle du message, tandis que la réconciliation est porteuse d’espoir et représente un avenir plus lumineux. En matière de réconciliation, l’OLS s’efforce de refléter cet aspect lumineux par des projets culturels ludiques et amusants, afin que les élèves aient envie de continuer à apprendre. Des projets communautaires, tels que les collectes pour les banques alimentaires ou le parrainage de familles pendant les fêtes, ne sont pas nécessairement liés directement à la vérité et la réconciliation, souligne Mme Malette; cependant, ils contribuent à inculquer aux élèves un sens de la compassion, ce qui est essentiel pour l’avenir.

Des activités culturelles sont également organisées tout au long de l’année, ce qui permet de promouvoir et de célébrer la culture autochtone et de la faire découvrir à un public plus large. «Nos danseurs se sont récemment rendus à l’université de Nipissing, et un groupe s’est rendu hier à Dokis. Dans quelques semaines, lors du match de hockey des Battalion [à North Bay], deux de nos élèves lanceront la rondelle pour George Couchie, puis notre chorale chantera l’hymne national en anglais, en français, en ojibwé et en langue des signes,» raconte Mme Malette.

L’OLS accueillant des élèves issus de divers horizons culturels, Mme Malette se réjouit de voir l’ensemble de ses élèves s’ouvrir à la culture autochtone à l’école et au-delà, et désireux de continuer à apprendre grâce à tous ces projets et activités.