Un investissement de près d’un million de dollars facilitera l’accès aux soins primaires

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Christian Gammon-Roy

Tribune – IJL

Trois organismes de santé, dont deux locaux, se partageront un investissement de 947 500$ du gouvernement de l’Ontario afin de réduire les listes d’attente pour les soins primaires en facilitant l’accès à un médecin de famille. Le financement, annoncé récemment par le député provincial de Nipissing, Vic Fedeli, sera réparti entre le Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest (CSCNO), l’Équipe de santé familiale de Nipissing Ouest et l’Équipe de santé familiale de Mattawa, le CSCNO étant responsable de la distribution des fonds et des rapports.

Ces fonds sont versés dans le cadre du Plan d’action pour les soins primaires, qui vise à éliminer les listes d’attente pour les soins primaires dans tout l’Ontario. Selon un communiqué de presse du bureau de M. Fedeli, le plan d’action prévoit un investissement de 2,1 milliards de dollars dans les équipes de soins primaires existantes et dans la création de nouvelles équipes «afin de permettre à environ deux millions de personnes supplémentaires d’avoir accès à un médecin de famille ou à une équipe de soins primaires d’ici 2029.»

Cette annonce a été accueillie favorablement par Guy Robichaud, directeur général du CSCNO, et Maxine Savage, directrice générale de l’Équipe de santé familiale de Nipissing Ouest. Cependant, ils admettent que les fonds annoncés sont inférieurs au montant demandé. Selon M. Robichaud, leurs organismes obtiennent environ 60% de ce dont ils avaient besoin pour mettre en œuvre le plan présenté dans leur demande initiale. Il leur a fallu repartir de zéro pour élaborer un nouveau plan reflétant les ressources réduites attribuées.

M. Robichaud explique qu’au cours de l’été, lui et ses partenaires se sont réunis pour fignoler les détails d’un nouveau plan de mise en œuvre qui serait approuvé par la province. Après d’importantes négociations avec la province, l’approbation a finalement été obtenue le 27 octobre. «Ensemble, grâce à ce financement, nous sommes chargés de prendre 2 560 patients supplémentaires répartis dans les trois organismes,» explique M. Robichaud.

Le financement doit être consacré à la prise en charge de nouveaux patients. Selon M. Robichaud, les patients locaux inscrits sur la liste d’attente du programme Accès Soins de la province sont prioritaires, suivis de patients de la zone correspondant au code postal P0H. Le directeur souligne qu’il y a plus de 900 résidents sans médecin de famille dans la zone P0H, mais ceux-ci sont répartis sur un vaste territoire, dont une grande partie est couverte par d’autres organismes de soins primaires. Il estime que seules 113 personnes sur la liste d’attente du CSCNO se trouvent dans cette zone, «les autres se trouvant dans la zone P2B de Sturgeon Falls. Je suis donc assez confiant que nous pourrons remplir ces deux premiers critères sans problème.» Il espère que cela permettra aux équipes de santé locales de prendre les patients restants sur leurs listes d’attente respectives, la majorité provenant de la zone P2B.

Selon les dernières estimations, la liste d’attente du CSCNO compte environ 1 200 patients, et M. Robichaud est convaincu qu’il sera en mesure de les prendre tous en charge grâce à ces fonds. Maxine Savage indique que la liste d’attente de l’Équipe de santé familiale compte entre 225 et 250 patients. C’est une très bonne nouvelle pour les habitants de Nipissing Ouest qui n’ont pas de médecin de famille ou de prestataire de soins régulier, mais M. Robichaud prévient que le fait d’obtenir seulement 60 % des fonds demandés signifie que le processus prendra plus de temps que prévu. «Ils nous ont financés pour des prestataires de soins pour s’occuper des patients, mais pas pour du personnel de soutien pour nous aider à y parvenir,» explique-t-il.

Au CSCNO, les fonds permettront d’embaucher un nouveau médecin à temps plein pour prendre en charge de nouveaux patients. Cependant, il ne sera pas possible d’embaucher une personne chargée du soutien administratif que cela nécessitera. «Nous avons déjà du personnel administratif pour soutenir l’équipe de soins, mais plus de patients signifie plus de travail, et il y a juste tant d’heures dans une journée. Cela va surcharger le personnel de soutien existant. Nous espérons que ce ne sera que temporaire et que le ministère reviendra avec des investissements supplémentaires afin que nous puissions réellement soutenir leur plan,» déclare M. Robichaud, ajoutant que cela «ralentira la mise en œuvre.»

Cela signifie aussi une utilisation moins efficace des fonds, car les professionnels de la santé devront faire des tâches administratives, un point soulevé par l’équipe de Mattawa lors des réunions estivales. «Je vais payer une infirmière praticienne, au salaire d’une infirmière praticienne, pour faire le travail qu’une secrétaire médicale pourrait faire pour un tiers du coût,» déplore M. Robichaud. Finalement, Mattawa a trouvé un moyen d’intégrer le personnel de soutien dans le plan final approuvé, mais le CSCNO n’y est pas parvenu. M. Robichaud précise qu’ils ont réussi à obtenir un poste pour gérer la charge de travail supplémentaire liée à l’administration de ce programme, car le CSCNO est chargé de gérer le flux de financement de la province vers ses partenaires et de rendre des comptes, mais cette personne ne sera pas affectée à l’équipe clinique.

Par ailleurs, l’Équipe de santé familiale de NO a dû revoir ses ambitions à la baisse, elle aussi. Mme Savage explique qu’elle espérait utiliser ces fonds pour rendre les salaires de son personnel actuel plus compétitifs, mais les fonds reçus ne suffiront pas à combler l’écart salarial entre eux et leurs homologues dans d’autres milieux tels que les hôpitaux. «Notre personnel est reconnaissant et préfère ce financement à rien du tout, mais c’est parce que nous avons des employés très dévoués envers l’organisme et la communauté. Si la plupart de nos employés n’étaient pas résidents de cette région, nous aurions beaucoup de mal à recruter, car nos salaires ne sont pas du tout compétitifs par rapport à ceux des hôpitaux,» déplore-t-elle.

Mme Savage voulait aussi embaucher une infirmière et du personnel administratif supplémentaires pour aider un nouveau médecin. Le financement permettra de réaliser cet objectif, mais le personnel administratif ne pourra être embauché qu’à temps partiel.

Malgré les difficultés, les directions restent optimistes. M. Robichaud mentionne qu’un autre cycle de financement doit débuter au printemps prochain et qu’ils auront le temps de faire leurs preuves et revenir à la charge. Il espère pouvoir accueillir suffisamment de nouveaux patients d’ici là pour montrer que les trois organismes ont su rentabiliser l’investissement provincial. «Cela les convaincra peut-être d’investir davantage,» suggère-t-il.

Mme Savage ajoute qu’ils sont toujours à l’affût de nouvelles opportunités de financement. «Nous allons essayer toutes les pistes possibles et continuer à frapper à leur porte jusqu’à ce qu’ils en aient assez de nous et décident de nous donner de l’argent juste pour nous faire taire,» dit-elle en riant. «Nous allons faire de notre mieux pour pouvoir servir la municipalité, c’est certain [car…] il y a encore environ 4 000 personnes (…) classées comme orphelines, sans prestataire de soins primaires,» souligne-t-elle.

En ce qui a trait aux autres sources de financement, justement, M. Robichaud s’est réjoui le lundi 10 novembre lorsque la municipalité de Nipissing Ouest a convoqué une réunion extraordinaire pour approuver un octroi de 20 000$ du Fonds de recrutement et de maintien en poste des médecins, afin de faciliter l’embauche d’un nouveau médecin par le CSCNO. «Il y avait une certaine urgence, nous ne voulions pas attendre mardi prochain pour remettre ce point à l’ordre du jour,» explique Kathleen Thorne Rochon, maire de Nipissing Ouest. Le conseil avait demandé plus d’information lors de la précédente réunion, mais après avoir reçu les détails recherchés, il s’est réuni d’urgence pour éviter tout retard. La maire mentionne que le CSCNO était en négociation avec un médecin et que la ville ne voulait pas entraver ce recrutement potentiel.

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