Les vols de véhicules augmentent et le coût de l’assurance aussi

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Les vacances virent en cauchemar pour un couple local

Isabel Mosseler

IJL – Réseau.Presse

Tribune

Carmen et Benoît Marcoux, de Verner, sont rentrés de vacances reposantes en Jamaïque pour être plongés immédiatement dans le stress. Juste après leur atterrissage à Toronto, ils ont découvert que leur nouvelle camionnette Dodge Ram 1500 édition limitée, achetée en octobre 2023, avait été volée du terrain de stationnement de l’hôtel Quality Inn and Suites. Les vacances se sont vite transformées en cauchemar. Carmen Marcoux raconte son incrédulité lorsque son mari lui a annoncé la disparition du véhicule. «J’ai cru qu’il me faisait marcher, je lui ai dit «Voyons donc» et il m’a répondu «Je te le dis, le camion n’est pas là!»» Le repos était bien fini; il fallait faire face aux rapports de police, aux demandes d’indemnisation et surtout aux questions sans réponse.

L’incident a mis en lumière les risques associés aux services de stationnement prolongé «Park and Fly», proposés par de nombreux hôtels à proximité de l’aéroport de Toronto, ce qui a incité les Marcoux à remettre en question les mesures de sécurité en place. «Nous n’irons plus jamais là-bas. Jamais, jamais, jamais,» jure Mme Marcoux. Le faux sentiment de sécurité que procurent ces services s’est effondré lorsque le couple s’est rendu compte de la facilité avec laquelle leur véhicule avait été volé sur le parking extérieur.

Il y avait des caméras de sécurité sur le site, mais on leur a dit qu’il était peu probable que la police passe en revue toute une semaine d’images pour voir à quel moment et comment la camionnette avait été volée. Les Marcoux ont proposé de visionner eux-mêmes les images, mais le personnel de l’hôtel a refusé. «Nous n’y avons pas été autorisés. Elle nous a dit «nous ne pouvons pas faire ça. C’est illégal. Nous pouvons les donner à la police et à la compagnie d’assurance, mais nous ne pouvons pas les donner à un particulier parce qu’on y voit des images d’autres personnes.» Cette réponse n’a fait qu’accroître leur sentiment d’impuissance face à ce qui semble être, selon eux, du crime organisé. Un membre du personnel de l’hôtel a accepté de visionner pour eux la vidéo la plus récente, montrant que la camionnette «avait été volée le 5 février et qu’il s’agissait de deux individus. Ils l’ont volée à 3 heures du matin et nous sommes arrivés à l’hôtel à 22 h 30 le même jour.»

Au-delà des conséquences directes sur les victimes, le vol a également des répercussions plus larges pour la communauté. Ces vols entraînent une augmentation des primes d’assurance pour tous les titulaires de police en Ontario, avec une prime supplémentaire pour les véhicules que les criminels privilégient, comme la Dodge Ram. Bien que la plupart des vols se produisent dans les grands centres, certains habitants de Nipissing Ouest ont reçu une lettre de leur assureur les informant d’une augmentation de leurs tarifs parce que leur véhicule figure sur la liste des véhicules les plus volés. Carmen Marcoux insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de crimes sans victimes, car tout le monde finira par payer. «Ce ne sont pas seulement les personnes dont les voitures sont volées qui voient leurs tarifs augmenter. Ce sont les tarifs de tout le monde qui augmentent pour couvrir ces coûts,» souligne-t-elle.

La fréquence des vols de véhicules et la nécessité de renforcer les mesures de lutte contre le crime organisé sont devenues des sujets de discussion au niveau local à la suite de l’épreuve subie par les Marcoux. Mme Marcoux est convaincue du caractère organisé de ces vols et de l’implication possible du personnel de l’hôtel dans la facilitation de ces crimes. «Ce sont les gens qui travaillent dans ces endroits (…) Ils sont complices des personnes qui volent les véhicules,» soupçonne-t-elle.

Mme Marcoux raconte qu’elle s’est promenée sur le terrain de stationnement pour voir si elle pourrait y retrouver leur camionnette et qu’elle y a vu un homme rôder autour de certains véhicules. «Il y avait un autre Dodge Ram à l’endroit où il se promenait et quand il m’a vue, il est allé dans l’autre parking de l’hôtel voisin.» Elle soupçonne que l’homme cherchait des véhicules à voler. La situation l’a laissée méfiante. Elle conseille aux voyageurs de ne pas croire que leur véhicule est en sécurité lorsqu’ils le laissent dans un hôtel «park and fly.»

Aujourd’hui, les Marcoux gardent l’espoir d’une indemnisation rapide par leur assurance, mais pas d’une résolution du crime, qui a peu de chance d’être élucidé. La procédure de déclaration de sinistre et de récupération des pertes financières est ardue, disent-ils. Le couple avait également laissé tous ses vêtements d’hiver dans la camionnette pendant son séjour en Jamaïque. «Heureusement qu’il ne faisait pas -30 degrés, mais nous avons dû nous arrêter quelque part pour acheter de nouveaux manteaux et des bottes, car l’hiver n’est pas terminé,» raconte Mme Marcoux.

Leur histoire sert d’avertissement aux voyageurs locaux qui fuient vers un climat plus chaud en hiver. Cet incident et des milliers d’autres vols de véhicules dans tout le pays, en particulier en Ontario, ont suscité des appels à une plus grande responsabilité de la part des entreprises qui annoncent un service de stationnement prolongé, et des organismes de lutte contre le crime organisé. Le sujet est tellement brûlant que les parlementaires ont récemment discuté des moyens de rendre les véhicules inviolables et de déterminer qui devrait en être responsable. «Ce qu’ils font au Parlement aujourd’hui, c’est essayer de trouver une solution, parce qu’ils en ont assez. Tout le monde en a assez,» déclare Mme Marcoux. «Ils doivent trouver un moyen, lorsqu’ils construisent la voiture, de faire en sorte qu’elle ne puisse pas être volée. (…) Il devrait y avoir quelque chose d’intégré dans le véhicule qui empêcherait quiconque de le voler.»

Quant à l’utilisation d’un service hôtelier de type «park and fly», elle insiste que c’est terminé pour elle. «Nous prendrons la navette de North Bay pour nous rendre à l’aéroport, ou nous nous garerons à l’aéroport. Mais nous n’irons plus jamais dans un terrain de stationnement d’hôtel. À l’aéroport, lorsque vous vous garez, vous obtenez un bordereau, vous entrez, vous garez votre voiture et vous ne pouvez pas la sortir sans ce bordereau. C’est un peu plus sûr,» conseille-t-elle.

L’épreuve a été extrêmement stressante pour Carmen et Benoît Marcoux. Ils sont de retour chez eux à Verner et espèrent que d’autres pourront tirer des leçons de leur expérience; que les forces de l’ordre consacreront plus d’efforts à la poursuite de ces criminels; que davantage de personnes se rendront compte que tout le monde paie pour ces vols; et que les fabricants se préoccuperont davantage de la prévention. Entre-temps, le couple tentera de retrouver l’état de relaxation qu’il a connu en Jamaïque, avant que le voyage de retour ne tourne au cauchemar.

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