
Pas d’espace adapté au pickleball à l’année ronde
Christian Gammon-Roy
IJL – Tribune
Les adeptes du pickleball de Nipissing Ouest ont été déçus à l’issue de la réunion du conseil municipal du 14 juillet, au cours de laquelle une majorité des conseillers a voté contre une proposition visant à ce que la ville offre un programme de pickleball dans l’une de ses propres installations. Fernand Pellerin, conseiller du quartier 7, a présenté cette idée pour élargir l’offre de pickleball dans la communauté, en proposant aux habitants une formule libre d’accès, à l’instar de la piscine municipale ou de la salle de musculation au centre récréatif de Sturgeon Falls. D’autres conseillers ont fait valoir que le Nipissing Ouest disposait déjà d’une association de pickleball et que les résidents souhaitant pratiquer ce sport n’avaient qu’à y adhérer.
La proposition de M. Pellerin était accompagnée d’un rapport du personnel municipal comparant les programmes de pickleball offerts dans les communautés voisines. Les frais d’inscription et de location figuraient dans le rapport, notamment les informations provenant de Temiskaming Shores, North Bay, Sudbury, Markstay-Warren et St. Charles. Seules Sudbury et Temiskaming Shores proposent un programme municipal, Sudbury offrant le sport toute l’année, et Temiskaming Shores, seulement pendant les mois d’hiver.
M. Pellerin a fait valoir que le Nipissing Ouest pourrait profiter d’installations déjà existantes et dotées de personnel pour offrir un tel programme, limitant ainsi les coûts. Selon lui, le pickleball ne devrait pas être traité comme le hockey, où il est nécessaire de réserver des créneaux horaires sur la glace; il estime que le modèle «sans réservation préalable» fonctionnerait bien. Le conseiller Rolly Larabie s’est déclaré d’accord avec cette proposition, soulignant que le pickleball attire principalement des résidents à l’âge de la retraite, des personnes qui ont contribué aux impôts locaux et «qui ont fait leur part,» selon lui.
Cependant, le conseiller du quartier 2, Roch St-Louis, n’était pas convaincu que la municipalité doive assumer cette responsabilité alors qu’il existe déjà une association dédiée à ce sport. Les conseillers Dan Gagné et Kris Rivard ont partagé ce point de vue.
Bien que l’adhésion au Club de pickleball de Nipissing Ouest semble être la solution la plus évidente, ce club a rencontré des difficultés pour trouver des installations locales adaptées à ses besoins. L’été, le temps clément permet de jouer en plein air. Les joueurs ont pu s’affronter sur la surface de la patinoire couverte de Field ou sur les terrains de tennis près de la plage de Sturgeon Falls. Cependant, l’accès à des espaces intérieurs est très limité et, selon Gisèle McMurray, membre du conseil d’administration du club, les coûts de location de l’arène sont trop élevés.
«Ils voulaient nous louer l’espace. Au départ, ils demandaient 70$ de l’heure, ce qui revenait à environ 1 000$ par semaine; nous ne pouvions pas nous le permettre,» explique-t-elle. Mme McMurray ajoute que la municipalité a finalement baissé le tarif à 45$ de l’heure, mais qu’au vu du temps qu’ils prévoyaient y passer, même ce prix était difficile à faire accepter aux membres. «L’idée, c’est que la patinoire est vide, il y a déjà quelqu’un sur place qui surveille l’entrée. Cela leur coûte juste l’éclairage et le fonctionnement des ventilateurs, c’est tout. En revanche, si je veux aller nager, il leur faut de l’eau, du chlore, deux maîtres-nageurs; cela leur coûte bien plus cher, même si seulement deux ou trois personnes se baignent,» soutient-elle, déçue par la décision du conseil municipal.
La question de la responsabilité civile est également devenue un sujet de préoccupation. En juillet 2025, le club a fait l’objet d’une action en justice intentée par la municipalité, liée à un accident survenu à l’arène de Verner en décembre 2021. Une personne aurait glissé dans l’escalier à cause de la neige trainée de l’extérieur à l’intérieur, alors qu’elle assistait à une activité de pickleball, mais sans que l’incident soit lié à la pratique du sport comme tel. Le club avait loué la salle et s’était vu remettre les clés pour y accéder. Selon les documents judiciaires, la municipalité accuse le club d’avoir omis de s’assurer que l’escalier soit dégagé de neige, de faire retirer aux gens leurs chaussures d’extérieur avant de monter l’escalier, et de signaler à la municipalité l’état de l’escalier et de prendre des «mesures raisonnables pour remédier à cet état.» Mme McMurray confirme que la procédure judiciaire est toujours en cours.
La maire de Nipissing Ouest, Kathleen Thorne Rochon, cite la patinoire de Field, les terrains de tennis de la plage de Sturgeon Falls et le gymnase de Monetville Nord comme lieux où l’on pratique le pickleball dans la municipalité, mais elle admet que la situation n’est pas idéale. La patinoire de Field et les terrains de tennis ne constituent pas des solutions valables toute l’année, et tant la maire que Mme McMurray affirment que l’état des terrains de tennis est très dégradé. Monetville Nord dispose d’un gymnase couvert idéal pour le pickleball; toutefois, la maire reconnaît que certaines personnes préféreront se rendre à North Bay si elles doivent parcourir une telle distance en voiture pour pratiquer ce sport.
D’autres installations couvertes sont également peu adaptées à la pratique du pickleball, souligne Mme Thorne Rochon. La salle de l’arène de Verner, bien que le club l’ait utilisée par le passé, présente des plafonds trop bas pour le pickleball, remarque-t-elle.
Il ne reste donc que des installations privées. En hiver, le club loue des gymnases scolaires pour ses joueurs, mais cela limite les parties strictement aux soirées, alors que la plupart préfèrent jouer en journée.
«Nous disposons d’une seule installation municipale aménagée comme gymnase, mais elle se trouve à Monetville Nord,» explique la maire, estimant qu’il n’existe tout simplement aucune option idéale au Nipissing Ouest pour pratiquer le pickleball toute l’année. Mentionnant le rapport du personnel sur les communautés voisines, Sudbury propose de nombreuses options de terrains couverts dans ses centres récréatifs, ce qui met en évidence l’absence de telles installations ici, dit-elle. «Imaginez si le gymnase n’avait pas été démoli à Verner,» s’exclame la maire. Ancien bâtiment scolaire, l’hôtel de ville de Verner disposait autrefois d’un gymnase attenant, mais la maire rappelle qu’il a été démoli en raison de sa dégradation avancée, jugée irréversible. Blâmant les administrations précédentes, elle déplore : «Ils ont laissé le bâtiment de Verner se délabrer au point qu’il n’y avait plus d’autre choix que de démolir le gymnase.»
Lorsqu’on lui demande s’il est envisageable, à l’avenir, d’ajouter un gymnase au centre récréatif de Sturgeon Falls ou d’en construire un ailleurs, la maire estime que cela n’arrivera pas de sitôt. Actuellement, le conseil municipal passe en revue l’ensemble des actifs de la ville, y compris le bâtiment de Verner, dans le but de réduire les coûts. «D’importants travaux sont nécessaires sur plusieurs bâtiments, y compris le centre récréatif lui-même,» explique-t-elle. Avant même d’envisager la création de nouvelles structures, le conseil doit décider de vendre ou de rénover bon nombre de ses installations existantes. «Si nous devions réaliser tous les travaux nécessaires à la piscine et au centre récréatif, il nous faudrait en réalité environ 5 millions de dollars,» ajoute Mme Thorne Rochon. À Verner, le bâtiment municipal n’est d’ailleurs pas la seule préoccupation, car l’arène nécessite également des réparations attendues depuis longtemps.
En ce qui concerne la vente des biens immobiliers, si certains habitants s’opposent à la perte de bâtiments municipaux locaux, la maire souligne que ces fonds peuvent grandement contribuer à la création de nouveaux équipements et services améliorés. «Nous avons vendu le centre d’information, ce qui nous a rapporté de l’argent, mais cela nous a également permis de réaliser des économies sur les coûts de fonctionnement, car ce bâtiment coûtait cher à entretenir. Il est essentiel pour nous de disposer de ce type de réserve, car lorsque des possibilités de financement se présentent, le financement ne couvre généralement pas plus de 50 %. Nous devons toujours apporter notre contribution de 50 % pour tout projet,» explique-t-elle. Elle cite en exemple les travaux en cours au parc Goulard, partiellement financés par la Fondation Blue Jays Care et le Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario à «un peu plus de 50 %.»
Ainsi, la question d’offrir ou non un programme de pickleball ne se résume pas à la simple volonté du conseil municipal. Même si un tel programme serait bien accueilli par de nombreux résidents, l’absence d’espaces adaptés est le problème plus général sur lequel il faudrait se pencher. Or, compte tenu des nombreuses autres installations récréatives et municipales qui nécessitent également une attention, et avec des élections municipales qui approchent, il faudra peut-être beaucoup de temps avant que ce sujet ne fasse l’objet d’un débat sérieux à la table du conseil.






