Zone d’échanges sécurisés et statistiques sur la criminalité locale

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La nouvelle zone d’échanges sécurisés, située dans le stationnement du poste de la Police provinciale de l’Ontario à Cache Bay, est déjà bien utilisée. Les membres de la Commission des services policiers de Nipissing Ouest (de gauche à droite) Rachelle Laflèche (vice-présidente), Mélanie Hébert (secrétaire), Daniel Gagné (président), Jean-Guy Séguin, Roch St-Louis et Campbell Anderson, en compagnie de l’Inspecteur Megan Moriarity, en sont fiers.

La Commission des services policiers a du pain sur la planche

Isabel Mosseler

IJL – Réseau.Presse

Tribune

Le Nipissing Ouest est maintenant doté d’une «zone d’échanges sécurisés». La Commission des services policiers de Nipissing Ouest a tenu sa réunion trimestrielle au poste de la PPO à Cache Bay le mercredi 13 septembre, et le projet figurait à l’ordre du jour.

Il s’agit d’un espace dans le terrain de stationnement du poste de police où peuvent se compléter en toute sécurité les transactions issues de sites d’achat et de vente en ligne. L’inspecteur Megan Moriarity, nouvellement nommée chef du poste de la PPO au Nipissing Ouest, a précisé que l’endroit n’est pas surveillé par des caméras, mais que sa proximité au poste dissuadait les comportements illicites.

Dans un communiqué de presse fourni par l’agent Robert Lewis, chargé des relations avec les médias, il est indiqué que «les sites de petites annonces et de vente aux enchères en ligne sont souvent utilisés pour vendre des biens volés à des victimes qui ne savent pas l’origine de ces biens», et que ces sites «visent à déplacer les transactions du marché en ligne de terrains isolés ou de résidences privées vers les lieux publics,» plus sécuritaires. 

Selon l’inspecteur Moriarity, ce nouvel emplacement est  déjà bien utilisé et «les gens se sentent libres de l’utiliser quand ils le souhaitent. Ils ne sont pas obligés de réserver auprès de nous et c’est plus attrayant ainsi… Nous avons eu de bonnes réactions» jusqu’à présent. «La police ne joue pas le rôle de médiateur dans les transactions privées, mais si l’une des parties demande l’intervention d’un policier, un agent interviendra.»

Statistiques et tendances

L’inspecteur Moriarity a partagé avec la Commission des statistiques sur la criminalité locale. En raison de leur caractère sensible, les statistiques présentées ne sont pas accessibles au public tant qu’elles n’auront pas été officiellement reçues par le conseil municipal.

«Les vols continuent d’être fréquents dans cette région. Cela dit, nous travaillons avec nos agents (…) sur le programme «Verouillez-la» pour rappeler aux gens de verrouiller leur voiture. Beaucoup de vols sont commis par commodité ou par opportunité,» a déclaré l’Insp. Moriarity. 

«Nous essayons de rappeler au public de mettre leurs objets en sécurité, de les mettre hors de vue… Très souvent, les vols sont liées aux drogues illicites et nous avons donc fait beaucoup de travail ce mois-ci sur ce dossier. Nous avons récupéré tellement de biens volés que je ne sais plus où les mettre! (…) Nous avons procédé à trois ou quatre saisies importantes au cours des deux dernières semaines (…), il y a de très gros objets – des charrues, des scies, et plein de choses. Nous essayons maintenant de retrouver les propriétaires de tous ces objets.» Au cours de la période couverte dans le rapport, 202 objets ont été déclarés volés et plus de 96 ont été récupérés.

L’augmentation du nombre d’agressions sexuelles est également à noter, mais l’Insp. Moriarity n’y voit pas que du négatif. «D’après mon expérience, ce n’est pas une mauvaise chose nécessairement; c’est le résultat d’une meilleure éducation et d’une plus grande aisance des victimes à se rendre à la police pour signaler des faits. D’une certaine manière, je suis donc heureuse de voir que les gens signalent davantage d’incidents. Souvent, la moyenne nationale ne change pas, mais les signalements, eux, augmentent. Quand je vois cela, je me réjouis que nos agents fassent leur travail et que les gens se sentent suffisamment à l’aise pour venir les voir. Cela dit, nous nous efforçons également d’accroître notre assistance aux victimes.»

Les cas de harcèlement criminel ont été beaucoup moins nombreux, tandis que les vols de moins de 5000$ ont légèrement augmenté.

Le nombre d’incidents liés à la drogue a augmenté, mais l’Insp. Moriarity estime que des progrès ont été réalisés dans ce domaine. «Je suis en fait assez satisfaite (…) Nous avons notre agent de police communautaire dans les écoles qui fait de son mieux pour éduquer nos jeunes sur les dangers des drogues illicites et même simplement sur l’abus de toutes substances.»

Le fait qu’un professionnel de la santé mentale travaille maintenant avec la police s’est également avéré très utile. «S’ils ont des clients réguliers, ils les suivent et interviennent avant qu’ils ne se retrouvent en situation de crise. Ainsi, on commence à observer une diminution de certains crimes violents qui sont associés aux problèmes de santé mentale (…) L’autre partie de leur travail consiste à assurer le suivi de ces personnes lorsqu’elles ne sont pas en crise (…) Ils s’arrangent pour leur rendre visite ou les rencontrer et les aiguillent vers les services dont ils ont besoin pour éviter qu’ils ne se retrouvent en situation de crise. Nous avons obtenu de bons résultats dans ce domaine.»

Le rapport souligne une diminution des crimes violents, mais une augmentation des fraudes. L’insp. Moriarity indique que l’agent de police communautaire prévoit de rencontrer les propriétaires d’entreprises locales «afin de mettre en place des programmes pour lutter contre le vol à l’étalage et les vols dans les terrains de stationnement. Nous envisageons de mettre en place des ressources supplémentaires dans ce domaine.»

Le président de la Commission, Dan Gagné, a fait remarquer que les rapports d’incidents de «personnes indésirables» sont en hausse et voulait savoir si cela était lié à l’itinérance. L’Insp. Moriarity a répondu sans détour : «Oui. (…) Dans les petites communautés, tout le monde n’est pas habitué à voir des sans-abri, et il y a une légère augmentation en ville. Nous recevons donc des appels, souvent plusieurs appels pour une même personne. (…) Le monsieur qui s’est installé au bord de la rivière, nous avons reçu des appels parce que l’abri qu’il avait fabriqué n’était manifestement pas sûr. Je ne peux même pas vous dire combien d’appels nous avons reçus à ce sujet.»

La discussion sur l’itinérance et les questions connexes a amené l’Inspecteur Moriarity à confirmer que la PPO prend ces enjeux très aux sérieux. «Toutes les municipalités semblent être confrontées à des problèmes très similaires en ce qui concerne la crise des opioïdes, les sans-abri, la santé mentale en général et la toxicomanie, qui vont de pair.»

Elle a tout de même offert une lueur d’espoir, soulignant l’existence de subventions pour financer des programmes de lutte contre le crime organisé, les crimes haineux et la violence à l’école. «Il faut soumettre des propositions de projets (…) pour la prévention de la drogue et des gangs dans les écoles, des programmes éducatifs, des programmes de sensibilisation aux crimes haineux, à la sécurité scolaire, à la cybercriminalité (…) Nous avons connu un grand succès dans la région d’Espanola (…) Il y a des subventions qui sortent tout le temps maintenant.»

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