Une expérience spirituelle inspire un livre pour enfants

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Christian Gammon-Roy

IJL – Tribune

Carole Bigras, enseignante à la retraite, commence à s’adapter à son nouveau rôle d’auteure après la sortie de son premier livre, Le rêve magnifique de Mila, le 10 novembre. Depuis la sortie de ce livre pour enfants, elle en a vendu plus de 130 exemplaires et a été invitée à plusieurs lectures publiques dans la communauté. Mme Bigras admet que l’attention dont elle fait l’objet est parfois gênante, mais elle apprécie de pouvoir partager une histoire très personnelle, racontée à travers son personnage principal, et de diffuser le message positif du livre.

«En 2010, alors que j’avais 45 ans et que mes enfants étaient adolescents, j’ai souffert d’une double pneumonie. Elle était si grave que j’ai été envoyée aux urgences de North Bay, puis transférée par hélicoptère à Sudbury. J’ai été placée dans un coma artificiel pendant trois semaines et demie et suis restée à l’hôpital pendant plus de six semaines et demie. Pendant que j’étais dans le coma, j’ai vu quelque chose et quelqu’un m’a parlé,» raconte Mme Bigras. À son réveil, on lui a expliqué qu’elle était passée près de la mort, avec «une chance sur deux de s’en sortir.» Elle pense que la voix entendue pendant cette expérience portait un message de Dieu.

«Je me suis vue entre deux terres. L’une d’elles était colorée, vibrante, les oiseaux chantaient, les arbres, tout était magnifique. C’était indescriptible, tellement c’était splendide et serein. Je voulais rester là. De l’autre côté, c’était la même terre, mais tout était noir et blanc. C’était terne et sans vie. Puis cette silhouette est apparue devant moi. Je ne pouvais pas voir son visage, mais je voyais sa robe blanche, sa barbe blanche et ses cheveux,» décrit-elle. Mme Bigras raconte qu’elle insistait pour aller sur la première terre, celle qui était belle et accueillante, mais la silhouette lui répétait qu’elle «ne pouvait pas encore y aller» et qu’elle «devait aller là-bas,» en montrant la planète en noir et blanc. Finalement, lorsqu’elle lui a dit que cet endroit n’était pas beau du tout, Mme Bigras raconte qu’il lui a répondu : «Carole, tu vois le crayon devant toi? Prends-le et colorie ta terre.»

C’est alors qu’elle a vu une craie de couleur et qu’elle a fait à contrecœur ce qu’on lui demandait. Lorsqu’elle a commencé à voir son monde prendre de la couleur, elle a compris le message. «Tu vois, Carole? Tu peux colorier ta terre. Tu peux la rendre belle,» se souvient-elle avoir entendu. «Ce que j’ai retenu de cette expérience, c’est que colorier son monde, c’est embellir sa vie en faisant de bonnes actions. Ce que je dis aux enfants à travers le livre, c’est qu’on y parvient en faisant de belles choses comme partager, aider les autres, pardonner, s’aimer les uns les autres,» explique-t-elle.

Pendant sa convalescence, Carole Bigras racontait son histoire aux gens et leur disait qu’elle pensait avoir entendu la voix de Dieu lorsqu’elle était au bord de la mort. «Certains me disaient «Carole, ils te donnaient de bonnes drogues à l’hôpital!»», dit-elle en riant. En fin de compte, elle dit qu’elle n’essaie pas de convaincre qui que ce soit, seulement de répandre ce qu’elle a appris.

Ce n’est qu’en 2019 que Mme Bigras a finalement décidé de mettre cette expérience sur papier, à travers la voix d’un enfant. «Dans l’histoire, il y a Mila, une fillette de 9 ans qui est malade, et ses parents l’emmènent à l’hôpital. Là, elle est tellement malade qu’elle s’endort, et c’est là qu’elle fait ce rêve,» décrit l’auteure, qui a conservé le message intact tout en adoucissant le contexte pour le rendre plus accessible aux enfants et plus facile à comprendre pour son public. «Pour Mila, ce n’est donc qu’un rêve, je ne dis pas aux enfants que c’est quelque chose qui m’est vraiment arrivé,» ajoute-t-elle.

Dans le même ordre d’idées, Mme Bigras précise qu’elle a explicitement refusé d’identifier la voix et la silhouette comme celles de Dieu, afin de rester concentrée sur le message général plutôt que sur un thème religieux. «Je voulais que cela touche tout le monde, et il y a des gens qui ne sont pas religieux,» remarque-t-elle. De plus, le fait de ne pas nommer la voix laisse une certaine marge d’interprétation pour les lecteurs qui croient en d’autres versions de Dieu. En fin de compte, le message est universel et se résume à dire que de bonnes actions donnent de bons résultats. «Tout le monde peut rendre le monde plus beau en faisant de bonnes actions,» souligne Mme Bigras, ajoutant qu’il s’agit avant tout de développer l’empathie.

L’écriture et la publication du livre se sont transformées en effort collaboratif. «Je suis allée voir Annette Sturgeon. Elle a été enseignante à Echo Jeunesse pendant un certain temps, et j’avais travaillé avec elle (…). Je lui ai demandé de faire la révision du texte,» raconte-t-elle. Pour les illustrations, Mme Bigras explique qu’on lui avait recommandé Tracy Decaen, qui, après avoir entendu l’histoire, s’est ralliée au projet avec enthousiasme. Mme Bigras a ensuite contacté son neveu, Mathieu Ricard, qui travaille pour le Regroupement des éditeurs franco-canadiens, afin qu’il la mette en relation avec des éditeurs potentiels. Bien que le livre ait finalement été auto-publié via le service d’auto-édition d’Amazon, elle explique que M. Ricard a continué à l’encourager et à la soutenir lorsqu’elle en avait besoin.

Aujourd’hui, la collaboration se poursuit avec sa nièce Mélanie Ricard, qui gère la page Facebook du livre et s’occupe de la promotion et des relations avec les médias. Sa fille Stéphanie Bélanger participe également à la traduction anglaise du livre, qui paraîtra prochainement. Le nom de Mme Bigras figure peut-être sur la couverture, mais elle tient à souligner que sa famille et sa communauté ont largement contribué à la réalisation de cet ouvrage.

Alors que le buzz autour de son livre se poursuit, Mme Bigras ne sait pas encore où elle se rendra pour une lecture ou une séance de dédicaces, mais elle invite les gens à consulter la page Facebook intitulée «Le rêve magnifique de Mila» pour obtenir des informations sur les événements à venir. Elle mentionne à quel point elle aime lire aux enfants, car cela lui rappelle ses années d’enseignement, et elle espère organiser d’autres lectures. Pour ceux qui souhaitent se procurer un exemplaire, on peut commander le livre sur Amazon. Mme Bigras ajoute que la version anglaise du livre est prévue pour janvier 2026.