Une collecte de nourriture qui arrive juste à temps

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Isabel Mosseler

IJL – Réseau.Presse

Tribune

La Banque alimentaire de Nipissing Ouest manquait dangereusement de provisions ce printemps, alors que la demande d’aide alimentaire continue d’augmenter, et une fois de plus, les jeunes de Nipissing Ouest ont répondu à l’appel. Des élèves de deux écoles secondaires locales, l’É.s.c Franco-Cité et l’É.s.p. Nipissing Ouest, ainsi que des membres du personnel ont participé à une collecte dans deux épiceries, Metro et No Frills, le samedi 1er juin. Les bénévoles ont distribué des dépliants aux clients qui arrivaient, aidé à emballer les articles à la caisse et offert de porter les achats jusqu’aux véhicules. En retour, les clients ont fait preuve d’une générosité étonnante pour aider à réapprovisionner les rayons de la banque alimentaire.

Terri Clendenning, vice-présidente de la Banque alimentaire de NO, s’est dite soulagée et reconnaissante devant le succès de l’initiative. Les deux sites disposaient d’une grande remorque pour recevoir les dons, qui s’empilaient de plus en plus haut au fil de la journée. «Nous n’avons pas compté le nombre de kilos de nourriture mais, mon Dieu, la remorque était pleine,» s’est réjoui Mme Clendenning. La remorque au magasin Metro contenait 50 boîtes de nourriture, et celle chez No Frills était pleine à craquer, puis les propriétaires de No Frills ont ajouté 20 boîtes de riz de 15 kilos pour compléter le tout. «Ce n’est pas la seule chose qu’ils ont donnée. Ils donnent tellement de choses, et je veux dire que les gens adorent le riz,» d’enthousiasmer Mme Clendenning.

Des dons en espèces ont également été récoltés, car plusieurs clients remettaient de l’argent aux jeunes qui les aidaient. «Les deux écoles ont récolté 1 388$,» a révélé Mme Clendenning. «Et je dois dire que nous avons reçu de nombreux compliments sur les étudiants, dans les deux magasins, sur leur efficacité. Les gens ont apprécié qu’ils emballent leurs courses (…) Ils ont dit que les étudiants étaient tous si polis et si enthousiastes.»

Plusieurs clients ont demandé si cette collecte allait remplacer celle du mois d’octobre, Une canne ça dépanne, et la réponse est un non catégorique. Cette collecte du printemps pourrait bien devenir un nouvel événement annuel destiné à répondre à un besoin croissant. Mme Clendenning a proposé l’idée aux écoles locales il y a quelques mois, car les stocks de nourriture s’amenuisaient, et elle a été ravie de constater leur volonté ardente d’aider. «Les deux écoles sont très enthousiastes et veulent recommencer,» a-t-elle dit.

Anik Carré, conseillère en orientation à l’É.s.p. Nipissing Ouest, était chargée de recruter les jeunes postés au magasin Metro. Une douzaine de ses élèves ont renoncé à leur samedi pour participer. «Ils accumulent en même temps des heures de bénévolat,» a-t-elle fait remarquer. «Nous en avons fait un événement scolaire. (…) Les jeunes sont venus préparés à y passer toute la journée. Ils sont là depuis 9 heures du matin.» À midi, Mme Carré a indiqué qu’elle avait atteint 500$ de dons en espèces et que la remorque se remplissait. «J’ai recruté mon mari, c’est une affaire de famille. Mon mari a sorti la remorque et c’est mon fils qui (…) a trié la nourriture (…) donc quand on va livrer, ça va être beaucoup moins de travail pour eux.»

Elle était surtout fière des élèves. «Ils ont été chargés d’informer les gens, de collecter de l’argent, d’aider les gens à porter leurs affaires. (…) C’est vraiment agréable de voir ça.» Selon elle, ce genre d’activité contribue au développement du caractère et des compétences sociales. Avant la journée, elle avait prévenu les élèves que certaines personnes pourraient être contrariées par le fait qu’on leur demande de faire un don, et qu’ils devaient simplement dire merci et passer à autre chose avec le sourire. Heureusement, les jeunes ont été accueillis avec joie et reconnaissance toute la journée. Ils ont eu droit à un dîner pizza et surtout à la satisfaction d’être au service de leur communauté, a décrit Mme Carré.

Chez No Frills, le directeur de Franco-Cité, René Dubuc, avait lui aussi le sourire jusqu’aux oreilles. Son école organise la collecte du mois d’octobre depuis plus de 20 ans, et lorsque l’une de ses enseignantes, Brigitte Pépin, et son groupe d’éducation civique ‘Jeunes en action’ ont aidé la banque alimentaire en avril, ils ont pris conscience de la pénurie alimentaire imminente. Lorsque Terri Clendenning leur a proposé de participer à un événement printanier, ils n’ont pas hésité. Pour M. Dubuc, ces projets de service communautaire font partie de la formation du caractère. «C’est une excellente occasion de travailler avec nos partenaires communautaires. Nous travaillons avec la banque alimentaire lors de notre grande campagne d’octobre pour Une canne ça dépanne, et ceci n’est qu’un prolongement de cette campagne. Nous savons que les temps sont durs en ce moment et nous voulons être en mesure de rendre à notre communauté ce qu’elle nous a donné. C’est un aspect important de l’apprentissage. Les enfants n’apprennent pas tout en classe. Nous devons nous impliquer dans notre communauté,» a déclaré le directeur. «Ce sont des compétences qui leur seront utiles pour toujours : être capable de saluer les gens, de sourire, d’aider. Et c’est ce sentiment de fierté que l’on ressent lorsqu’on participe à un grand projet comme celui-ci.»

Alexie Bélanger, élève de Franco-Cité et membre de Jeunes en action, a justement exprimé ce sentiment. «C’était vraiment satisfaisant de voir que d’autres personnes de notre école commençaient à s’intéresser à cette cause (…); c’était vraiment cool d’avoir plus de soutien.» Elle a précisé qu’une dizaine d’élèves se relayaient et que certains d’entre eux, qui travaillent chez No Frills la fin de semaine, ont renoncé à leur temps de pause pour aider.

Don Clendenning, président de la Banque alimentaire, a déclaré que cette initiative arrivait à point. «Cela va nous permettre de passer l’été, la meilleure partie de l’été (…). Les rayons commencent à être vides à certains endroits et nous devons dépenser pas mal d’argent pour acheter toutes ces choses qui manquent en raison de l’augmentation du nombre de personnes qui viennent nous voir. Nous sommes obligés de dépenser beaucoup, donc cela vient des dons en espèces.» Le couple Clendenning précise que la banque alimentaire doit payer la nourriture au même prix que tout le monde, bien qu’elle achète en gros lorsque c’est possible afin d’obtenir des réductions. «Nous travaillons actuellement avec de nouveaux fournisseurs et nous obtenons des prix un peu plus intéressants (…), mais nous dépensons encore des milliers de dollars toutes les deux semaines,» de dire M. Clendenning.

La demande de nourriture ne diminue pas en été, elle augmente même régulièrement. La banque alimentaire reçoit en moyenne 140 visiteurs par jour de distribution, parfois 150. En comptant les familles à la maison, l’organisme aide à nourrir plus de 300 personnes au Nipissing Ouest. Or, l’été apporte un avantage, car certaines personnes offrent les produits excédentaires de leur jardin, selon Don Clendenning. «Nous recevons des tomates et des concombres (…) et en octobre, nous recevons des pommes fraîches. Vers la fin de l’été, nous recevons beaucoup de produits frais.»

Le couple a pu constater encore la générosité de la communauté et a particulièrement apprécié l’apport des jeunes. «Ils ont été incroyables, enthousiastes, tout comme les enseignants,» a déclaré Terri Clendenning. «Les gens donnaient de l’argent aux élèves dans les magasins. Ils n’arrêtaient pas de se précipiter avec des billets de 20 et de 10 dollars et de les mettre dans le seau. Ils étaient très honnêtes. Ils étaient agréables. Ils étaient polis. (…) Ils ont vraiment assuré, c’était génial.» Il en va de même pour le public qui n’a pas hésité à donner. «L’initiative a été bien reçue, et nous l’apprécions.»

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