«Une canne ça dépanne» ne cesse de croître, tout comme la demande pour la banque alimentaire

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Christian Gammon-Roy

IJL – Réseau.Presse

Tribune

Les élèves et le personnel de l’École secondaire catholique Franco-Cité et de ses écoles nourricières organisent la collecte de nourriture «Une canne ça dépanne» depuis 23 ans, et l’initiative répond à une demande toujours croissante. Cette tradition a toujours lieu juste avant la fin de semaine de l’Action de grâces, remplissant les rayons de la banque alimentaire de Nipissing Ouest pour plusieurs mois. Cette année, environ 10 000 kilos de nourriture et plus de 4 300$ ont été recueillis par les élèves qui ont fait du porte-à-porte dans toute la communauté le 9 octobre. Les dons ont ensuite été transportés par camion à la banque alimentaire, où les élèves les ont pesés et remis aux bénévoles qui s’affairaient à tout trier à l’intérieur.

«Au début, ce n’était pas aussi grandiose. On récoltait peut-être 2,500 kilos [de denrées alimentaires]. Aujourd’hui, nous en sommes à environ 10 000 kilos par année,» décrit Yves Lafrenière, enseignant à Franco-Cité et l’un des fondateurs du projet en 2001. «Cela a ralenti un peu pendant le COVID, comme tout le reste, mais nous sommes très fiers de continuer à le faire pour aider la communauté. À Franco Cité, c’est un projet que les étudiants attendent avec impatience, l’énergie est toujours incroyable!»

La quantité de nourriture n’est pas la seule chose qui a changé en 23 ans. Certains se souviendront que l’une des activités principales d’«Une canne ça dépanne», c’était la «chaîne humaine», les élèves formant une ligne allant du gymnase de l’école jusqu’à l’église Our Lady of Sorrows, qui abritait la banque alimentaire, pour livrer les aliments de mains en mains. Aujourd’hui, la nourriture est acheminée directement à l’emplacement actuel de la banque alimentaire de Nipissing Ouest, à l’angle des rues Third et Nipissing – un peu trop loin pour qu’une chaîne humaine puisse l’atteindre. Cependant, comme l’explique M. Lafrenière, la chaîne humaine est toujours pratiquée au sein de l’école, comme une tradition et un geste symbolique «qui montre que tout le monde peut participer et faire partie de l’équipe.»

Pour la banque alimentaire de Nipissing Ouest, «Une canne ça dépanne» arrive à point au moment où les réserves commencent à s’épuiser. Toutefois, selon Don Clendenning, administrateur de la banque alimentaire, «la situation n’a pas été trop mauvaise cette année. D’ordinaire, nous manquons de provisions à cette période. Ces deux dernières semaines, nous avons dû réduire un peu les quantités : au lieu d’avoir deux fruits frais et deux légumes, nous avons dû en donner un seul,» explique M. Clendenning. Cependant, cette année, une autre collecte était organisée par l’école au printemps «ce qui nous aide énormément parce que ça permet de répartir les dons. En effet, cette collecte nous permet de passer l’hiver et le printemps, mais au printemps, les rayons sont vides à nouveau.»

Quant à la demande, elle ne montre aucun signe de ralentissement. «Elle augmente régulièrement,» confirme M. Clendenning, la banque alimentaire accueillant en moyenne 145 à 150 personnes tous les deux mercredis. Malgré les défis, il estime que la banque alimentaire de Nipissing Ouest est l’une des meilleures de la province. «J’ai fait beaucoup de recherches sur d’autres banques alimentaires et sur les quantités qu’elles distribuent, et je nous classerais parmi les meilleures de la province pour ce que nous donnons, en termes de quantité et de méthode de distribution,» affirme-t-il. «Le modèle que nous avons, c’est que vous venez faire vos courses, mais dans beaucoup d’endroits, on se contente de vous donner une boite préemballée, ce qui finit par contenir beaucoup de choses que les gens n’aiment pas ou qu’ils n’achèteraient pas de toute façon. Nous avons constaté que notre philosophie fonctionnait très bien parce qu’il y a beaucoup de choses que nous n’avons plus besoin d’acheter maintenant, parce que les gens n’en veulent pas. Nous consacrons donc cette énergie et ces fonds à d’autres choses,» explique-t-il.

M. Clendenning explique que l’efficacité est très importante pour lui, pour éviter le gaspillage d’argent et de nourriture. «Nous ne jetons rien à la poubelle. Si nous ne pouvons pas distribuer la nourriture et qu’elle n’a pas d’autre utilité, elle est donnée à un agriculteur local et sert à nourrir les animaux,» explique-t-il. L’excédent est aussi partagée avec la soupe populaire organisée par le groupe No More Tears, qui aide les sans-abris.

Enfin, M. Clendenning attribue le succès de l’organisme à l’équipe de bénévoles enthousiastes. «Je pense que nous avons l’un des meilleurs groupes de bénévoles. Ils aiment ce qu’ils font, ils sont heureux. Nous sourions avec les gens, nous connaissons leur prénom, nous plaisantons avec eux. Nous essayons d’éliminer les préjugés liés à la fréquentation d’une banque alimentaire, et beaucoup de clients attendent avec impatience le jour de distribution. C’est presque une activité sociale pour eux,» résume-t-il.

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