Les organisateurs ne désespèrent pas pour autant
Christian Gammon-Roy
IJL – Réseau.Presse
Tribune
Le RAM Rodéo de Verner a attiré environ 1300 personnes à la ferme familiale de Caroline Marx et Serge Lafrenière les 8 et 9 septembre, et malgré la pluie qui a réduit le taux de participation prévu et dégradé l’arène, les organisateurs envisagent de refaire l’événement l’année prochaine et peut-être même de faire de Verner une étape permanente de la tournée du RAM Rodéo. L’événement de deux jours a offert des sensations fortes aux spectateurs, de la monte de taureaux à la course de barils et autres cascades impressionnantes. Le concours était l’une des nombreuses étapes du circuit compétitif RAM Rodeo, qui se terminera par un championnat à Ancaster en octobre. La question est maintenant de savoir si Verner restera un élément permanent de ce circuit.
Le premier jour du rodéo s’est déroulé sous un temps froid et nuageux, puis sous de fortes averses en fin de journée et en soirée. Cependant, la pluie n’a pas noyé l’esprit d’une foule déterminée à profiter de l’événement. «Il est évident que si la météo avait coopéré, l’assistance aurait été bien plus nombreuse, mais c’était absolument incroyable de voir la manifestation de soutien, même avec le mauvais temps qu’il faisait,» déclare Caroline Marx, organisatrice avec son mari, Serge Lafrenière. Les gradins autour de l’arène du rodéo étaient remplis de spectateurs grelottants mais enthousiastes. Mme Marx fait remarquer que si le temps avait été idéal, les gens se seraient sans doute plaint du manque d’espace !
Mme Marx admet qu’il y a eu quelques «accrocs», mais ajoute qu’il fallait s’y attendre pour un premier événement, et qu’il s’agit de leçons apprises – peut-être pour l’année prochaine. Ce qui l’a agréablement surprise, c’est le niveau de compréhension de la foule face à ces contretemps. Ross Millar, président du Ross Millar Entertainment Group, qui organise le RAM Rodeo, est bien d’accord, «car pour la première fois, je ne pensais pas que nous y parviendrions. L’arène flottait ce matin,» s’est-il exclamé.
En raison des conditions météorologiques, il a fallu faire une pause le samedi pour tasser le sable dans l’arène, car le sol s’était transformé en argile mouillée et glissante. Le dimanche, le spectacle a été retardé pour permettre de drainer davantage le terrain après les fortes pluies de la nuit précédente. En outre, le rythme des épreuves a été ralenti pour éviter que les animaux ne se blessent en galopant à pleine vitesse. «Cela fait 27 ans que nous organisons ce genre d’événement et nous n’avons jamais eu autant de mauvaises conditions météorologiques,» a souligné M. Millar. Malgré tout, la foule a applaudi en faveur des pauses, soucieuse d’assurer la sécurité des cavaliers et des animaux.
Selon Mme Marx, «les animaux sont notre principale préoccupation. Oui, ils sont là pour faire un travail, et Ross et son équipe s’occupent très bien d’eux, mais je dois aussi assurer la sécurité. Il faut que les animaux soient en sécurité, parce qu’ils ne peuvent pas faire le même choix conscient que les humains» de participer ou non. Selon M. Millar, cette compréhension de la part de Mme Marx et des spectateurs à Verner, c’est l’un des grands attraits de cette région. «Nous allons dans les grandes villes et nous sommes une curiosité. Les gens ne comprennent pas vraiment ce que nous faisons. Ici, c’est une communauté agricole, ils comprennent le bétail et les animaux,» remarque-t-il.
M. Millar était impatient de revenir à Verner depuis le Concours international de labour de 2019, et même le mauvais temps n’a pas sapé son enthousiasme. Il a été épaté, surtout, par les organisateurs. «Caroline et Serge sont des gens formidables. À part la météo, qui était totalement hors de leur contrôle, ils ont fait un sacré travail d’organisation et de préparation de la zone,» a déclaré Alex Van Every, directeur de l’arène du RAM Rodeo. C’est lui qui veille à ce que le concours se déroule sans heurt. «Je suis le maître du cirque, on peut dire,» a-t-il plaisanté. M. Millar a également fait l’éloge du couple. «Ils ne manquent ni d’enthousiasme ni d’énergie. Ils sont venus à différents rodéos pour voir comment cela se passait et pour apprendre,» a-t-il reconnu.
Au final, les choses se sont suffisamment bien passées pour que la compagnie ait envie de revenir si le couple veut bien l’accueillir à nouveau. «J’adore être ici, c’est paisible. Cette propriété est géniale. Elle est idéale pour le rodéo et, malgré la pluie, le week-end s’est bien déroulé,» de déclarer M. Van Every. Reste à savoir si la ferme Lafrenière sera à nouveau l’hôte du RAM Rodéo. «Nous sommes en discussion à ce sujet. Nous sommes à 85% convaincus pour l’année prochaine. On a encore des choses à considérer, parce que je veux m’assurer que mon équipe [est derrière nous], parce que si je n’ai pas cette équipe, on n’a pas de rodéo,» révèle Mme Marx, ajoutant que les bénévoles fournissent un travail colossal.
Une autre partie du bilan consiste à passer au crible les leçons de cette année. Les conditions météorologiques ont eu un impact considérable sur le rodéo, et Mme Marx réfléchit déjà aux moyens d’atténuer les effets de la pluie. «Je ne peux pas installer une tente sur 14 acres, ce n’est pas possible, mais comment puis-je atténuer les effets de la pluie ? La piste est en train d’être entièrement refaite (…) pour être plus sécuritaire pour les animaux, avec plus de drainage pour que l’eau s’évacue et sèche beaucoup plus vite,» décrit-elle. Mme Marx s’efforce de voir le bon côté des choses et de se concentrer sur les solutions, allant même jusqu’à qualifier la pluie de «presque une bénédiction, car si le temps avait été beau et ensoleillé, tout se serait passé différemment, mais nous n’aurions pas vu le pire pour en tirer des leçons.»
En ce qui concerne le fardeau financier du rodéo, Mme Marx ne veut pas trop en parler. «Je veux garder le moral et je ne veux pas que les gens pensent que c’était un échec,» explique-t-elle, tout en admettant qu’elle et son mari ont essuyé une perte financière. «Nous savions que c’était un risque, nous en avions discuté, mon mari et moi, mais nous devions essayer. Je ne voulais pas avoir de regret en me disant que nous aurions dû essayer. Alors, oui, la facture s’est élevée à six chiffres pour tout mettre en place. Avons-nous gagné des revenus à six chiffres? Non, mais ce n’est pas grave,» résume-t-elle.
Lorsqu’on lui demande de préciser le montant perdu, elle se contente d’indiquer qu’il s’agit d’un «montant à cinq chiffres, inférieur à 50 000$.» Mme Marx justifie cette perte comme un pari pris, mais elle ajoute que ce pari a tout de même profité à la communauté. Puis elle y voit une pente à remonter. «Certaines personnes comprendront, d’autres seront très critiques à ce sujet,» reconnaît-elle, ajoutant que toute personne ayant organisé de grands événements ou ayant créé une entreprise sait qu’il faut parfois essuyer des pertes au départ.
En attendant, Mme Marx est reconnaissante du soutien qu’elle a reçu de la part des commanditaires et de la municipalité. Elle avoue qu’elle a eu peu de temps pour trouver des subventions et des parrainages cette année, mais elle réfléchit déjà aux possibilités de collecte de fonds pour l’année prochaine. «Nous voulions l’agrandir l’année prochaine et nous allons essayer. Mais entre la première et la deuxième année, nous allons corriger certaines choses,» dit-elle, en précisant que l’objectif principal sera de rendre l’ensemble plus efficace.
Pour l’instant, l’avenir du RAM Rodéo de Verner est quelque peu incertain, mais l’enthousiasme de Caroline Marx et Serge Lafrenière ne l’est pas. Une fois qu’ils auront discuté avec leurs bénévoles, ils auront les idées plus claires. «Voulons-nous le refaire pour la communauté? Absolument. Voir ces gradins pleins malgré le temps humide et froid, c’est clair que les gens le veulent. Ils se sont assis dans ces gradins pour montrer leur soutien, pour profiter du spectacle autant que possible, parce qu’ils le veulent l’année prochaine. Comment pourrais-je leur dire non?» s’interroge Mme Marx. Toutefois, face à une entreprise d’une telle ampleur, elle veut rester prudente, ce qui est compréhensible.
Un jeune cavalier local brille devant ses proches
Aiden Brear, un jeune bull rider de 16 ans originaire de Sturgeon Falls, était heureux de montrer devant une foule locale son savoir-faire sur le dos d’un taureau. Alors qu’il venait de perdre la première place du classement des jeunes cavaliers de taureaux du circuit RAM Rodeo la semaine précédente, il a réalisé une performance gagnante à Verner. «Il a eu une bonne chevauchée samedi, puis il a réalisé une chevauchée dimanche et il a réussi celle-là également,» vante fièrement Sam Verlint, le père d’Aiden. M. Verlint, qui suit son fils de concours en concours à travers la province, affirme que cette victoire était spéciale pour eux deux. «Il était très heureux parce qu’il a gagné dans sa ville natale, et maintenant il est à nouveau numéro un,» déclare le père.
De son côté, Alex Van Every est également fier de la victoire d’Aiden. En plus d’être le directeur de l’arène du RAM Rodeo, M. Van Every dirige l’école de rodéo qui a formé Aiden Brear à ce sport. «Aiden, lorsqu’il s’est présenté pour la première fois, faisait face à l’anxiété et à la peur, ce qui est normal mais très difficile à surmonter. Cette année, c’est un jeune totalement différent. Il est en pleine forme, il n’a peur de rien. C’est vraiment impressionnant à voir,» décrit-il. Le fils de M. Van Every, Noah, participe également au circuit junior de bull riding, et bien que les deux jeunes soient devenus de bons amis, ils se livrent à une concurrence féroce. «Noah a obtenu le titre de champion il y a deux ans. Cette année, je pense qu’Aiden pourrait l’obtenir, mais Noah le fait travailler fort pour y arriver, et c’est agréable à regarder,» s’enthousiasme M. Van Every, ajoutant qu’Aiden et Noah ont été «au coude à coude» tout au long de l’année. Enfin, M. Van Every jubile de voir ces deux jeunes cowboys au sommet, et quel que soit le vainqueur, il qualifie cette rivalité amicale de «situation gagnant-gagnant.»

















