Un locataire échappe de justesse à un incendie ravageur

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Un incendie en pleine nuit a détruit cette maison à deux logements à l’angle des rues Main et Second à Sturgeon Falls. Le propriétaire était absent et le locataire est sorti juste à temps.

Les batteries au lithium-ion font l’objet de surveillance

Isabel Mosseler

IJL – Réseau. Presse

Tribune

Dans la nuit du mardi 23 juillet, Anthony Laforge a été réveillé à 3 heures du matin et c’est alors que son cauchemar a commencé. La maison dans laquelle il louait un appartement, à l’angle des rues Main et Second à Sturgeon Falls, était en feu. L’incendie s’est déclenché à l’arrière de la maison, où vivait le propriétaire. Un passant a remarqué l’incendie, appelé le 911 et frappé à la porte pour réveiller les résidents. Selon Frank Loeffen, chef des pompiers de Nipissing Ouest, M. Laforge est allé alerter son propriétaire, mais cette partie de l’immeuble était déjà en flammes. Heureusement, le propriétaire était absent.

Deux jours plus tard, l’unité d’enquête du bureau du commissaire des incendies de l’Ontario s’est rendue sur place. Les résultats de l’enquête ne sont pas encore connus, mais le bâtiment est une perte totale. M. Laforge a subi d’importantes pertes, des dégâts dus au feu, à la fumée et à l’eau.

M. Loeffen confirme que l’incendie a ravagé la maison et qu’il a fallu beaucoup d’efforts pour l’éteindre. «Nous avons reçu l’appel à 2h54 du matin. La caserne #1 de Sturgeon est intervenue. (…) Nous avons également appelé Verner pour des renforts (…). Nous avons envoyé à l’hôpital un pompier souffrant d’épuisement dû à la chaleur,» raconte-t-il.

L’arrière du bâtiment a été englouti, mais M. Leoffen précise que, mis à part les dégâts d’eau, l’appartement d’Anthony Laforge avait du contenu récupérable. «Nous avons pu récupérer une grande partie de ses vêtements, à lui et à sa compagne (…) Tout ce qui se trouvait dans le placard [n’avait] subi qu’un minimum de dommage. (…) Tout ce que nous avons sorti était au rez-de-chaussée.»

Lorsque M. Laforge a reçu la permission de retourner dans son logement, il a découvert que quelqu’un s’était introduit par effraction pour fouiller parmi ses biens. M. Loeffen n’en est pas surpris. «Malheureusement, une fois que nous avons terminé et que la compagnie d’assurance a sécurisé le périmètre, cela n’empêche pas les gens d’entrer. (…) Je lui avais proposé, s’il en avait besoin, de prendre l’une de nos remorques fermées, de charger certaines de ses affaires personnelles dedans s’il le souhaitait.» Ce n’est pas un service régulier offert par les pompiers, précise-t-il. «Non, ce n’est pas quelque chose que nous faisons automatiquement. Encore une fois, il (Laforge) était vraiment en état de choc. Il n’avait pas d’assurance pour son appartement, ni pour son contenu. (…) Quant à savoir si quelqu’un s’est introduit dans son appartement après l’avoir sécurisé, cela ne me surprend pas. Il y a beaucoup de gens qui errent dans la ville. Vous savez, s’ils voient une opportunité comme celle-là, ils vont entrer, fouiner (…) Malheureusement, c’est la société dans laquelle nous vivons. C’est ce que l’on peut constater dans toutes les communautés évacuées à la suite d’incendies de forêt. Les pillards sont là. Il faut faire intervenir la police et l’armée pour tenter de sécuriser les propriétés,» déplore le chef.

M. Laforge confirme qu’il a été en état de choc en regardant sa demeure brûler. «Oui, je suis resté assis là pendant un long moment, c’était horrible.» Il estime que le feu a été maîtrisé vers 5 heures du matin, mais il restait des braises. «Ils ont dû continuer à arroser, et c’est à ce moment-là que j’ai subi le plus de dégâts.»

Il raconte l’épreuve. «Il y a eu quelques explosions, une grosse près de la porte, et beaucoup d’autres plus petites.» M. Laforge s’est réveillé avec de la fumée dans son appartement, mais il n’y voyait aucune flamme. «J’ai donc ouvert la porte entre les deux appartements (…) et la fumée s’est engouffrée à l’intérieur. Je savais que c’était de son côté, et puis, bang, quelqu’un a frappé à ma porte. C’était la dame qui passait par là, qui avait vu les flammes et qui frappait à la porte. Je me suis réveillé et je suis sorti de là. (…) J’ai pris mon portefeuille, mon téléphone, et quand j’ai couru à l’arrière, j’ai remarqué que le côté droit était en feu. J’ai couru de l’autre côté, et l’entrée était également en feu, alors j’ai frappé à la fenêtre. J’ai brisé la seule fenêtre et j’ai crié vers l’intérieur. J’ai couru à l’intérieur de la maison, entre les deux entrées il y a sa porte, alors j’ai donné un coup de pied dedans, et j’ai couru à l’intérieur pour voir s’il était là. J’ai ouvert la porte et je suis entré, et j’ai crié et crié, et l’escalier était déjà en feu. Je suppose que c’est à ce moment-là que j’ai inhalé de la fumée.»

Le propriétaire n’était pas là. M. Laforge lui a envoyé un texto. «Il m’a répondu environ dix minutes plus tard.» M. Laforge a fait savoir aux pompiers qu’il n’y avait personne dans la maison. Il a également identifié le propriétaire, Jacob Powley.

Aujourd’hui, M. Laforge est heureux d’être en vie. Il a eu la chance de trouver un hébergement tout près de chez lui. La Croix-Rouge l’a hébergé au Comfort Inn pendant trois jours et il a pu récupérer certains de ses biens, notamment deux ordinateurs portables. Il a accès au WiFi et a repris son travail de directeur principal de la gouvernance, des terres et de l’environnement à la Première nation de Magnetawan. «Ma sœur m’aide beaucoup et j’ai beaucoup d’amis. La Croix-Rouge m’a aidé tout de suite (…) et j’ai reçu de l’argent pour acheter de la nourriture et d’autres choses, parce que je n’avais pas de pièces d’identité (…) C’est formidable que la Croix-Rouge m’ait aidé. C’était génial.»

Bien que l’épreuve ait été traumatisante, il reste reconnaissant. «C’était horrible et terrifiant de voir tout cela et la vitesse à laquelle le feu s’est propagé.» Les détecteurs de fumée se sont déclenchés, et il reconnaît que la personne qui a frappé à la porte et appelé le 911 lui a sauvé la vie. «C’est vraiment bien que quelqu’un ait fait l’effort de s’arrêter (…) Je dormais plutôt bien (…). C’est horrible, mais il faut s’assurer de sortir tout de suite et d’essayer de sauver d’autres personnes si on le peut,» conseille-t-il.

Le chef Loeffen reconnaît que M. Laforge a eu de la chance d’avoir un détecteur de fumée en bon état et une bonne samaritaine. «À 3 heures du matin, ils ont eu la chance que quelqu’un remarque l’incendie (…) en revenant du travail ou en s’y rendant (…) et frappe à la porte. (…) Les flammes s’élevaient déjà à l’intérieur du bâtiment, à l’arrière. Comme je l’ai dit, ça arrive très vite,» souligne-t-il.

M. Laforge ne demande aucun soutien public. «Je vais m’en sortir du mieux que je peux. Ma famille et mes amis m’aident. Des amis sont venus ce matin, et je vais acheter une commode et d’autres serviettes, ce genre de choses. Je peux [utiliser] le Wi-Fi de mon voisin en bas pour travailler, alors je travaille depuis chez moi en ce moment, et deux de mes ordinateurs portables fonctionnent (…), alors je suis de retour au travail.»

Quant au propriétaire de la maison, «il est quelque part dans le nord, je suppose qu’il travaille pour les mines ou quelque chose comme ça. Il était apparemment parti dimanche,» dit M. Loeffen.

Les batteries au lithium-ion sont peut-être en cause

«La raison pour laquelle j’ai fait appel au commissaire des incendies de l’Ontario dans ce cas, c’est qu’il y avait un vélo électrique dans l’appartement du fond,» explique le chef des pompiers. «À l’heure actuelle, la province veut suivre tout incendie de ce type, où l’on trouve des batteries rechargeables, pour voir si c’est une cause possible, ou non.» Il ajoute que deux blocs de batteries au lithium-ion ont été retrouvés dans la cour.

Le chef Loeffen aborde les dangers potentiels du stockage des batteries au lithium-ion à domicile. Les gens gardent souvent des piles rechargeables au lithium-ion à l’intérieur, surtout en hiver, parce qu’elles sont vulnérables au froid. «Le service des incendies de Toronto a fait un très bon travail au cours de l’année écoulée pour déterminer le nombre d’incendies provoqués par des batteries au lithium-ion,» dit le chef. «Ce qui se passe, c’est que les gens placent ces batteries à l’entrée. Qu’il s’agisse de vélos électriques, de scooters de mobilité ou de n’importe lequel de ces appareils, ils sont généralement gardés à l’entrée. (…) Si la batterie originale a été remplacée par une sous- marque, le risque d’incendie est d’autant plus élevé avec ce type d’objets.» De plus, le feu bloque la sortie. Les risques potentiels sont exacerbés dans le nord, car en hiver, les gens rentrent la batterie et le chargeur de leur tondeuse à gazon électrique, leur souffleuse à feuilles, et autres appareils. «Ils les gardent à l’intérieur et où les mettent-ils ? Juste à côté de la porte!»

L’enquête sur cet incendie est toujours en cours, mais le chef Loeffen mentionne qu’un incendie récent à Field aurait été déclenché par un téléphone portable branché sur un chargeur non prévu pour ce téléphone. Il n’est pas certain, non plus, que l’on parvienne un jour à élucider la cause de l’incendie survenu à l’angle des rue Main et Second. «Les dégâts sont considérables.»

Néanmoins, le chef tient à mettre les gens en garde contre les risques. «Chaque cellule de batterie explose. Si vous avez une banque de piles (…) vous aurez des milliers de ces petites cellules à l’intérieur. (…) Il s’agit d’une nouvelle technologie. Les enquêtes révèlent de plus en plus les risques associés; ces batteries ne se contentent pas de s’enflammer et de brûler (…). Dans le cas présent (l’incendie de Main et Second), nous avons trouvé deux cellules de batterie à l’extérieur du bâtiment. Il est donc évident que lorsque le vélo électrique a été impliqué dans l’incendie, les batteries ont commencé à exploser et à s’envoler. Nous avons trouvé deux piles à l’extérieur du bâtiment. Il y en avait deux autres dans l’appartement du fond.»

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