
Christian Gammon-Roy
IJL – Tribune
Crystal Falls pourrait bientôt disposer de son propre centre communautaire et social, une sorte de renaissance de l’ancien Club des Bons Amis situé autrefois dans un local du chemin Crystal Falls. Grâce au travail de René Daoust, un résident du village, et au soutien de la maire Kathleen Thorne Rochon et de la conseillère municipale du quartier 5 Kaitlynn Nicol, le projet de club social suscite un vif intérêt au sein de la petite communauté. Dans l’espoir de rassembler les habitants, et peut-être même d’attirer des visiteurs à Crystal Falls, M. Daoust voit dans ce club un moyen de créer des liens entre les gens dans une partie du Nipissing Ouest que certains pourraient considérer comme isolée.
M. Daoust explique qu’il réside à Crystal Falls depuis environ cinq ans et que, durant cette période, il a appris à connaître ses voisins immédiats, mais pas autant de personnes qu’il le souhaiterait dans sa nouvelle communauté. Dans un document présentant sa vision, il souligne que Crystal Falls compte environ 150 habitants, mais que ceux-ci «rencontrent des difficultés pour entretenir des liens sociaux et disposer d’espaces de rencontre». Cela s’explique en partie par la géographie, car Crystal Falls couvre un vaste territoire peu peuplé – M. Daoust s’adresse à des habitants vivant jusqu’au lac Tomiko – et certains résidents sont assez éloignés de leurs voisins les plus proches.
Malgré cela, M. Daoust estime que l’intérêt est bien présent et qu’il y a largement assez de monde pour animer un club dynamique. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agirait pas d’un club réservé à une tranche d’âge particulière, mais d’un lieu de vie communautaire ouvert à tous les habitants et visiteurs. Il ne vise pas un club pour les aînés, par exemple. En ce qui concerne les activités potentielles du club, il envisage les rassemblements habituels, avec des dîners et des événements organisés à la salle communale, mais aussi des initiatives de soutien communautaire, comme des services de garde d’enfants, ou même simplement venir en aide à un membre de la communauté dans le besoin. «Beaucoup de personnes qui ont besoin d’aide n’osent pas se manifester. Quand l’on dispose d’une structure comme celle-ci, on peut plus facilement aller vers quelqu’un qui traverse une période difficile. On apprend à connaître les gens, ils se sentent moins intimidés, ça brise la glace,» explique M. Daoust.
Il y a également des avantages à être situé à Crystal Falls, et M. Daoust souhaite en tirer parti pour attirer des membres, même s’ils ne résident pas dans le village. Comme il le souligne, de nombreux amateurs de véhicule tout-terrain en été et de motoneige en hiver traversent l’endroit, et le club serait idéalement situé pour constituer une étape sur leurs itinéraires. Selon lui, des activités de plein air organisées par le club pourraient attirer des amateurs venus d’ailleurs pour une journée ou une fin de semaine, voire les convaincre de devenir membres.
«Il y a des sentiers de motoneige, des sentiers de VTT, de nombreuses possibilités de pêche, il y a tellement de choses à faire, et si l’on relie tout cela à un centre communautaire, les opportunités sont nombreuses,» confirme Kaitlynn Nicol, conseillère municipale du quartier 5, qui, aux côtés de la maire, aide M. Daoust à lancer le club.
Malgré cet encouragement, M. Daoust doit encore franchir plusieurs étapes organisationnelles avant de pouvoir commencer à recruter des membres. Le club aura besoin d’un conseil d’administration, et M. Daoust s’attend à beaucoup de travail de paperasse pour obtenir le statut d’organisme à but non lucratif. Il a proposé un nouveau nom, «L’Élan de Crystal Falls», faisant référence à «l’esprit, l’énergie et le dynamisme de Crystal Falls». Il reste ensuite la question du site physique. L’ancien Club des Bons Amis de Crystal Falls, actuellement inoccupé, appartient au Diocèse de Sault-Sainte-Marie.
Heureusement, M. Daoust a pu obtenir le soutien de la municipalité pour entamer des discussions à ce sujet. «Même du point de vue du diocèse, le fait que le bâtiment soit occupé plutôt que laissé à l’abandon est bénéfique tant pour eux que pour la communauté. C’est un scénario gagnant-gagnant. Mon rôle jusqu’à présent, étant donné qu’il ne s’agit pas d’un bien municipal, a consisté à essayer de mettre en relation les membres de la communauté avec le diocèse et à faciliter les pourparlers,» explique Mme Thorne Rochon.
Elle-même et la conseillère Nicol ont également fourni des conseils utiles à M. Daoust, en s’inspirant d’initiatives d’autres clubs locaux. «Nous avons de nombreux exemples de réussite, qu’il s’agisse du Club d’âge d’or à Sturgeon ou du Club de l’Amitié à Verner, qui mènent des actions formidables et ont connu un grand succès. Ce sont d’excellentes ressources pour une communauté qui souhaite lancer un programme similaire,» explique la maire.
Pour l’instant, M. Daoust a du pain sur la planche pour faire démarrer le club, mais il est clair qu’il est convaincu que c’est possible. Une fois les bases posées, il prévoit que le club pourra fonctionner grâce à des commanditaires, des dons, des collectes de fonds et, à terme, des subventions lorsqu’il aura obtenu un statut officiel. Il précise qu’il y aura une cotisation, mais qu’il ne souhaite pas qu’elle soit prohibitive, car cela irait à l’encontre de l’objectif, soit d’encourager toute la communauté à se rassembler. Il suggère même une option «bénévolat en échange de l’adhésion» : au lieu de payer, un membre pourrait consacrer un peu de son temps, ce qui couvrirait sa cotisation.






