
Christian Gammon-Roy
IJL – Réseau.Presse
Tribune
L’Association de hockey mineur de Nipissing Ouest a tenu sa troisième «soirée pour filles» annuelle le lundi 3 mars. Sous le thème «Jouer comme une fille,» la soirée a donné aux jeunes athlètes féminines un peu de répit des entraînements sur la glace. Elles ont été invitées à s’amuser en compagnie de leurs mères et des bénévoles de l’association, qui a collaboré avec le Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest pour organiser les activités.
«Ce qui s’est passé, c’est que nous avions un père qui siégeait au conseil d’administration et dont la fille jouait. Elle avait du mal à s’intégrer dans son équipe composée surtout de garçons, et elle se sentait un peu rabaissée et moins bonne que les garçons. Nous avons donc organisé cette soirée pour encourager les filles à continuer à jouer au hockey et pour leur montrer qu’elles ont leur place même dans les équipes mixtes,» raconte Chantal Girard, présidente des tournois, des événements et des collectes de fonds de l’Association de hockey mineur.
Mme Girard explique qu’il n’y a que des équipes mixtes au Nipissing Ouest, car il n’y a pas assez de filles inscrites pour former des équipes exclusivement féminines pour l’instant. Elle ajoute qu’il est possible d’aller à North Bay pour jouer dans une ligue féminine, mais l’organisation de soirées pour les filles aurait encouragé plusieurs jeunes athlètes à rester et jouer dans leur communauté.
Selon Mme Girard, ces soirées réservées aux filles ont également suscité une prise de conscience au sein de la ligue, les garçons devenant plus conscients de leurs coéquipières et se montrant moins taquins. «Les garçons se disent des choses comme ça entre eux, mais ils ne se rendent pas compte que lorsqu’ils font ça aux filles, elles se sentent rabaissées,» explique Mme Girard. Dans l’ensemble, elle estime que la ligue est devenue plus accueillante et que «les filles ont l’impression de faire partie de l’équipe, et elles savent aussi qu’elles peuvent dire aux gars qu’elles sont aussi bonnes qu’eux, et que tout le monde a sa place ici.»
Bien entendu, une soirée entre filles n’est réussie que si les participantes s’amusent et, selon Mme Girard, elles n’ont reçu que des commentaires positifs depuis la première soirée. «Nous avons habituellement (…) entre 40 et 50 filles,» dit-elle, sans compter leurs mères. Une partie du défi pour les organisateurs consiste à préparer des activités pour plaire à un vaste groupe d’âge, puisque les joueuses sont âgées de 3 à 17 ans, mais Mme Girard estime que les réactions sont la preuve de leur succès. «C’est très positif, les filles aiment ça, les mères apprécient, et les pères aussi disent qu’ils apprécient que les filles puissent sortir avec leurs mères,» dit-elle.
La première année, elles avaient invité Corie Jacobson, originaire de Warren, qui faisait partie de l’équipe canadienne médaillée d’or aux championnats du monde des moins de 18 ans en 2013. Elle est venue motiver et encourager les filles à continuer à jouer au hockey. La deuxième année, le sergent de police Anishinabek, Chantal Larocque, est venu donner un discours de motivation, suivi d’une séance d’entraînement spéciale.
«Cette année, nous avons fait équipe avec le Centre de santé communautaire et nous avons mis en place différentes stations. Ainsi, nous proposons du drumfit, de la zumba, des sessions de pleine conscience et une station de collations saines, une station de smoothie. Les participantes vont pédaler sur un vélo pour préparer un smoothie, c’est plutôt cool,» explique Mme Girard.
Enfin, Mme Girard parle des objectifs à long terme de la soirée des filles et de ce qu’elle signifie pour le hockey féminin dans son ensemble. Selon elle, de plus en plus de filles s’inscrivent pour jouer dans la catégorie U7, et l’équipe réussit à retenir les joueuses. «Je crois que l’an dernier, nous avons perdu une fille au profit des Lakers, mais d’autres se sont jointes à nous,» dit-elle.
Cela signifie-t-il qu’une équipe exclusivement féminine pourrait bientôt voir le jour au Nipissing Ouest? Mme Girard répond, «C’est le rêve. Je ne sais pas si cela se produira. Je dirais peut-être dans les 4 prochaines années, parce que nous avons beaucoup de filles dans les U7, donc peut-être une fois qu’elles seront en haut de l’échelle.» Selon elle, il s’agit d’une étape fondamentale pour que les filles puissent s’impliquer à long terme. «Mon objectif est de motiver les enfants non seulement à rester dans le hockey, mais aussi à aider par la suite. Devenir entraîneur, gérante d’équipe ou autres, pour que les filles restent dans le sport non seulement en tant que joueuses, mais aussi pour qu’elles aident par la suite et qu’elles aient un impact sur le sport,» décrit Mme Girard.






