L’homme en jaune s’arrête à Sturgeon Falls pendant sa traversée du Canada

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L’homme en jaune, Trevor Redmond, s’est arrêté à Sturgeon Falls la fin de semaine du 11 janvier, après avoir parcouru 5 633 km dans le cadre d’une marche pancanadienne visant à collecter des fonds et à sensibiliser le public à l’importance des soins de santé, du soutien moral et de l’autogestion de sa santé.

Christian Gammon-Roy

IJL – Réseau.Presse

Tribune

Trevor Redmond, qui se surnomme lui-même l’homme en jaune (Fellow in Yellow), a passé quelques jours à Sturgeon Falls au cours de sa 4e traversée du Canada pour sensibiliser, inspirer et lever des fonds pour la santé. À son arrivée à Sturgeon Falls le samedi 11 janvier, il avait déjà parcouru 5 633 km, ayant quitté le port d’Halifax le 26 mars dernier. M. Redmond traverse le pays à pied en poussant un chariot rempli de fournitures et d’outils, dans l’espoir d’attirer l’attention sur l’importance de bien gérer sa propre santé, tant mentale que physique.

Son surnom reflète son habillement tout en jaune, couleur qu’il a choisie pour sa visibilité, sa gaieté et son association à l’un de ses héros, Rick Hansen. En 2011, il avait participé au 25e anniversaire de la marche pancanadienne de Rick Hansen, où tous les participants portaient des manteaux jaunes.

Le séjour de M. Redmond à Sturgeon Falls a été facilité par les résidents Shirley et Ken Perrin, qui ont ouvert leur maison au marcheur pendant qu’il se préparait pour la prochaine étape de son périple vers l’ouest.

«Nous devons unir nos efforts en matière de santé, et je ne parle pas seulement du système de santé, mais aussi des habitudes personnelles des gens, de ce qu’ils doivent faire pour eux-mêmes et pour les personnes qui les entourent. Mon message est le suivant : plus on bouge, plus on fait bouger les autres,» explique M. Redmond.

Son premier parcours à travers le pays remonte à 2006. Victime d’un accident grave à l’âge de 15 ans, l’homme en jaune sait parfaitement ce qu’il faut faire pour se remettre d’une blessure. «J’ai passé un mois-et-demi à l’hôpital général Victoria de Halifax et un an-et-demi avec une plaie ouverte jusqu’à l’os,» raconte-t-il, ajoutant qu’il craignait vraiment de perdre sa jambe.

Selon lui, les plus importants soins qu’il a reçus ont été l’encouragement et le soutien des personnes de son entourage et du système de santé. Il mentionne les médecins et les infirmières qui ont pris le temps de lui montrer comment «exercer mon corps, mon esprit et mon âme,» ainsi que les entraîneurs qui l’ont poussé à ne jamais s’avouer vaincu. «Si vous vous dites «je ne peux pas,» vous vous maudissez. Si vous dites «vous ne pouvez pas» aux autres, vous les maudissez,» insiste-t-il.

M. Redmond s’inspire de son propre parcours de santé et traverse le pays pour répandre ce qu’il en a appris, dans l’espoir d’inspirer les autres. «Je veux que chacun devienne son propre héros. Aider les autres à prendre des mesures commence par une main tendue, même s’il ne s’agit que d’applaudissements, d’encouragements. Je veux donner du courage aux gens et que cela fasse partie de notre système de santé,» déclare-t-il.

Il espère également recueillir des fonds pour soutenir les organismes de soins de santé. Les personnes qui font un don de 10 dollars ou plus sont mentionnées sur son site web et peuvent dédier un kilomètre de son parcours au nom d’une personne. Il arrive que des personnes dédient ce kilomètre à la mémoire d’un être cher qui a été confronté à un traumatisme, mentionne-t-il. M. Redmond a récemment fait don d’une partie de ces fonds à la fondation Un dollar par jour, qui aide à financer des services de santé mentale à travers le Canada.

D’après sa propre expérience après sa blessure, M. Redmond affirme que la santé mentale est tout aussi importante que la santé physique et qu’elle peut être tout aussi mortelle si elle n’est pas prise en charge. «Quand on a 15 ans et qu’on nous dit qu’on va peut-être nous amputer d’une jambe, qu’est-ce que cela fait à quelqu’un? On ne voit pas ces blessures, et beaucoup de gens sont confrontés à des traumatismes émotionnels et à de graves problèmes qui ne sont pas visibles. Cela peut parfois se lire sur leur visage, mais pas forcément,» décrit-il. En ce qui concerne les traumatismes émotionnels, M. Redmond affirme qu’ils peuvent conduire à la mort, tout autant que les traumatismes physiques.

M. Redmond se prépare à tout au cours de son périple, ou du moins tout ce qu’il peut prévoir. Comme personne ne l’escorte, il pousse un grand chariot jaune rempli de fournitures et de produits de première nécessité. À l’intérieur, il y a des pneus de rechange, des bâches, des vêtements supplémentaires, des tentes, une batterie alimentée par des panneaux solaires fixés au chariot, un chauffage au propane qu’il utilise pour chauffer ses vêtements, des coussins chauffants pour réchauffer la batterie de son téléphone afin de le recharger correctement, et ainsi de suite. Une équipe à distance aide à gérer la logistique, son site web et ses communications.

Bien qu’il soit autonome, M. Redmond apprécie un coup de main de temps en temps, et c’est ce qu’il a reçu à Sturgeon Falls. Lorsqu’elle a appris par les réseaux sociaux que l’homme en jaune quittait North Bay, Shirley Perrin a contacté son équipe et lui a offert une chambre pour la nuit – une offre bienvenue, étant donné qu’il avait dû camper toute la nuit dans une tente à l’extérieur à North Bay la veille. «Il lui a fallu quatre heures pour démonter son campement, car le chasse-neige était passé et il a dû déterrer sa tente à la pelle,» raconte Mme Perrin. Il a ensuite marché jusqu’à Sturgeon Falls, puis Mme Perrin a envoyé son mari le retrouver et l’escorter jusqu’à leur maison de la rue Holditch.

«La première chose qu’il a faite a été de prendre une bonne douche chaude, puis un repas chaud, et ensuite nous nous sommes assis et avons parlé pendant environ deux heures,» dit-elle en le qualifiant de «très intéressant.» Le marcheur ne devait rester qu’une nuit, mais Mme Perrin a insisté pour qu’il reste encore la nuit suivante lorsqu’elle a remarqué que sa blessure à la jambe le gênait. «Son ancienne blessure s’est réveillée et je lui ai dit le deuxième jour : «Tu ne vas pas marcher avec ça, tu dois te reposer»», raconte-t-elle.

Ce séjour prolongé n’a pas dérangé les Perrin le moins du monde. En fait, ils disent que c’était un plaisir d’avoir M. Redmond à la maison. «Il ne dégage que de la bonté. Il se met à chanter ou à réciter des poèmes qu’il a écrits. Pour être honnête, nous avons vraiment apprécié de l’avoir avec nous.»

Bien qu’il ait quitté le domicile des Perrin après la deuxième nuit, la blessure de M. Redmond et le froid terrible ont prolongé son séjour à Sturgeon Falls. Mme Perrin a appris plus tard qu’il avait passé une troisième nuit à Sturgeon Falls, au Comfort Inn, en raison du mauvais temps et de l’heure avancée lorsqu’il a eu fini de faire ses courses pour préparer la prochaine étape de son voyage. Sa prochaine halte était à Warren, où quelqu’un a accepté de l’héberger pour la nuit. Finalement, il est reparti le mardi 12 janvier.

Le périple de M. Redmond doit le mener jusqu’à l’île de Vancouver, puis le ramener à Halifax. Malgré le front froid actuel, il poursuit sa route vers l’ouest et Mme Perrin espère que les gens seront prêts à lui «ouvrir leur cœur et leur maison» comme elle l’a fait. Elle ajoute que le marcheur a une «invitation ouverte à son retour» s’il traverse à nouveau Sturgeon Falls.

Si d’autres personnes souhaitent suivre le périple de l’homme en jaune, il les invite à visiter son site web, où il publie régulièrement des mises à jour sur son parcours, fournit des informations sur lui-même et sur ses voyages précédents, et propose même une section de citations motivantes qu’il a trouvées au cours de sa traversée du Canada à pied. Tout cela se trouve sur le site thereandbackcanada.ca.

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