Christian Gammon-Roy
Tribune – IJL
La Légion royale canadienne entre à nouveau dans sa période la plus chargée de l’année, le Jour du Souvenir approchant à grands pas. Pour les bénévoles de la section 225 de Sturgeon Falls, et en particulier pour Tim Trottier, responsable de la campagne du coquelicot, il faut jongler l’organisation de nombreuses activités dans l’ensemble du Nipissing Ouest. Le travail est déjà bien en branle avec la deuxième édition de la campagne des bannières, qui a connu une croissance exponentielle depuis l’année dernière, puis la campagne annuelle du coquelicot, la plus grande collecte de fonds de la Légion, et enfin les multiples cérémonies du Jour du Souvenir dans plusieurs communautés. Bien que ces tâches lui incombent en tant que responsable de la campagne du coquelicot, M. Trottier est reconnaissant que la Légion locale puisse compter sur un groupe de bénévoles dévoués, mais il souligne qu’il a toujours besoin de renforts.
«Nous avions 29 bannières l’année dernière, et cette année nous en sommes à 75-76,» se réjouit M. Trottier à propos de cette nouvelle initiative lancée l’année dernière pour afficher le visage d’anciens combattants sur des bannières au centre-ville. (Voir les nouvelles bannières au centre de ce journal.) La croissance ne se limite pas au nombre de bannières, mais s’étend à l’ampleur de la campagne à l’échelle de la municipalité. Comme il le souligne, plusieurs familles voulaient voir la bannière de leur proche affichée dans leur propre communauté. M. Trottier explique que la première année, l’objectif était de concentrer les bannières dans une seule zone afin d’en maximiser l’impact, mais cette année, il y en a assez pour les répartir dans les communautés environnantes. «Nous en avons finalement installé 5 ou 6 à Field, 5 ou 6 à Verner, 19 à Cache Bay, je crois, et 45 ou 50 à Sturgeon,» énumère M. Trottier, ajoutant que la Légion est fière de franchir cette étape pour que les communautés rurales se sentent davantage prises en compte et écoutées.
M. Trottier explique que les bannières sont devenues un élément essentiel du Jour du Souvenir. Alors que la campagne du coquelicot permet de collecter des fonds pour les anciens combattants dans le besoin, les bannières mettent véritablement l’accent sur l’aspect commémoratif, en offrant aux gens un sujet de conversation concret. «Le fait d’exposer ces bannières incite les gens à se souvenir. Ils les voient, ils ressentent quelque chose. Ou bien, comme nous le constatons, les jeunes se tournent vers leurs parents en voyant leur grand-père [sur une bannière] et demandent ce qui s’est passé à l’époque,» décrit M. Trottier. Il mentionne également les remarques des familles et l’émotion qu’elles ressentent en voyant le visage de leur proche fièrement affiché au sein de leur communauté. «De nombreuses familles viennent me voir et me disent «Je ne peux pas passer devant la bannière de mon père ou de mon grand-père sans que cela ne me touche émotionnellement.» Pour moi, cela n’a pas de prix,» ajoute-t-il.
C’est ce qui pousse la Légion à continuer d’investir dans cette campagne, affirme M. Trottier. Bien qu’elle se déroule en parallèle de la campagne du coquelicot et qu’il y ait des frais pour faire réaliser une bannière, M. Trottier souligne qu’il ne s’agit pas d’une initiative de collecte de fonds. «Nous avons examiné les bannières ‘Joie de vivre’ et nous avons commandé nos bannières de la même taille que celles-ci afin d’alléger le travail des Travaux publics [municipaux], puisque les supports étaient déjà en place. Le problème, c’est que la ville, le long de l’autoroute, ne disposait que d’environ 17 supports. Nous avons donc dû acheter des supports, qui nous ont coûté l’année dernière près de 200$ pièce. Nous n’avons répercuté aucun coût sur les familles ; nous leur avons dit que nous nous en chargerions. Cette année, nous avons dû acheter une cinquantaine de supports supplémentaires. Nous avons trouvé un autre fournisseur, ce qui a permis de ramener le prix à 75$, mais ce programme a tout de même coûté à la Légion environ 4 000$ ou 5 000$. Nous pensons toutefois que cela en vaut largement la peine,» estime-t-il. Cela dit, M. Trottier tient à remercier le club United 50 de Cache Bay, qui s’est engagé à couvrir le coût des supports destinés aux bannières de Cache Bay.
Comme beaucoup l’ont sans doute remarqué, la campagne du coquelicot bat également son plein. Elle a officiellement débuté le samedi 24 octobre, et le premier coquelicot a été épinglé sur la maire de Nipissing Ouest le dimanche matin. La maire Kathleen Thorne Rochon a reçu le coquelicot des mains de Karen King, présidente de la section 225 de la Légion, au cénotaphe de Cache Bay.
«Le coquelicot est plus qu’un simple symbole. C’est la promesse que nous n’oublierons jamais le courage, le sacrifice et le dévouement de ceux qui se sont battus pour les libertés dont nous bénéficions. Il nous rappelle que la paix et la liberté, que nous tenons parfois pour acquises, ont été obtenues au prix d’énormes sacrifices,» exprime Mme King. «Lorsque vous faites un don à la campagne du coquelicot, vous (…) aidez la Légion royale canadienne à soutenir les anciens combattants, les membres actifs des Forces armées canadiennes et leurs familles. Chaque don, quel qu’en soit son montant, fait la différence et nous aide à poursuivre notre engagement envers ceux qui ont servi.»
Comme chaque année, M. Trottier coordonne les bénévoles et s’assure qu’ils disposent d’un stock suffisant de coquelicots. Le plus grand défi consiste à trouver suffisamment de bénévoles capables de consacrer le temps nécessaire pour tenir le coup tout au long de cette campagne qui s’étend sur plusieurs semaines. Il ne s’agit pas seulement des collecteurs, mais aussi d’avoir quelqu’un présent à la Légion pour compter les fonds tout au long de la journée. «Je peux m’occuper de l’organisation et demander à dix magasins de nous autoriser à faire la collecte chez eux, mais j’ai besoin que des personnes soient sur le terrain pour mener cette action,» explique M. Trottier. Il souligne que de nombreux bénévoles de la Légion prennent de l’âge et qu’il constate une baisse de leur capacité physique à fournir l’effort nécessaire. Ils n’ont pas seulement besoin de plus de monde, ils ont besoin de renforts plus jeunes, précise-t-il. Il ajoute que les bénévoles actuels sont très dévoués, mais que ce sont toujours les mêmes personnes qui consacrent leur temps à cette cause.
D’une certaine manière, la section locale est également victime de son propre succès, car de plus en plus d’activités sont organisées à la Légion, ce qui exige davantage d’efforts de la part des bénévoles. «Cela signifie que ces bénévoles travaillent déjà le vendredi soir pour le souper, ou à nos journées ‘Jam’ un dimanche sur deux, ou encore, lorsqu’il y a une location, nous avons des bénévoles qui s’occupent de la cuisine ou du bar. Tout le monde ici est bénévole, tout le travail effectué ici est du bénévolat ; nous ne payons même pas de concierge, nous nous en chargeons nous-mêmes. Du coup, on fait toujours appel aux mêmes personnes, et ça devient difficile,» explique M. Trottier. Au total, il estime qu’une vingtaine de bénévoles contribuent actuellement à la campagne du coquelicot de diverses manières, que ce soit par le comptage, la collecte ou les livraisons. Il souligne que l’adhésion à la Légion n’est pas une condition préalable au bénévolat, et que toute aide est la bienvenue.
Enfin, M. Trottier évoque les cérémonies du Jour du Souvenir. Comme la plupart des années, la Légion organisera plusieurs cérémonies à travers la municipalité et veillera également à être représentée lors des cérémonies de la Première Nation de Nipissing et à Verner. La première cérémonie aura lieu à Cache Bay, au cénotaphe, le samedi 7 novembre; elle sera suivie de celle de Field, le mardi 10, à la salle des Chevaliers de Colomb; puis de celle de Sturgeon Falls, le 11 novembre, au cénotaphe situé sur le terrain de la Légion. Chacune de ces cérémonies devrait débuter à 11 h précises, le rassemblement étant prévu à 10 h 30. L’Association des dames auxiliaires de la Légion organise également un dîner du Jour du Souvenir à la salle de la Légion le 7 novembre, de 11 h à 14 h, avec notamment une vente , une vente de pâtisseries et d’autres animations.
Cette année a marqué le centenaire de la Légion royale canadienne, et M. Trottier annonce qu’un événement d’envergure est prévu pour janvier. Mme King ajoute que le nombre d’adhérents de la section locale a sensiblement augmenté au cours de cette année. Dans le cadre d’une campagne nationale visant à célébrer cet anniversaire, la Légion a exonéré les nouveaux membres des frais d’adhésion. Selon Mme King, cette campagne, associée à la relance des activités communautaires au sein de la section, a entraîné une forte augmentation du nombre d’adhérents, qui est passé de 132 l’année dernière à 196 à ce jour. La section locale a également lancé une campagne visant à fidéliser ses adhérents, en promettant que toute personne renouvelant son adhésion avant la fin novembre participerait à un tirage au sort pour récupérer le montant de sa cotisation. La présidente ajoute que bon nombre de leurs nouveaux adhérents se sont déjà engagés pour une année supplémentaire.








