IJL – Christian Gammon-Roy
Tribune
Le conseil municipal prend actuellement des décisions importantes concernant ses nombreux biens immobiliers, en examinant ce qui doit être réparé, ce qui pourrait être vendu et ce qui reste viable à l’avenir. Actuellement, un appel d’offres a été lancé pour la vente du Centre d’information au 30, rue Front à Sturgeon Falls. Le bâtiment a été jugé sous-utilisé par la municipalité, et le conseil a donc décidé de vendre le bien plutôt que de continuer à investir dans son entretien. Une décision doit maintenant être prise concernant le bâtiment municipal de Verner, qui nécessite d’importantes réparations. Cependant, cela suscite certaines inquiétudes chez les résidents, qui craignent une perte de services si ce bâtiment venait également à être vendu. Le conseil dispose de plusieurs options, qui ont été présentées lors d’une réunion en janvier, mais il n’a pas encore pris de décision finale.
«Nous disposons de rapports d’évaluation de l’état de tous nos bâtiments, et tous sont en mauvais état. À un moment donné, que ce soit sous ce conseil ou le prochain, (…) nous devons commencer à réfléchir de manière stratégique aux bâtiments qui répondent aux besoins de la communauté et à ceux qui sont utilisés, car nous n’avons pas les moyens de tout conserver,» déclare Kathleen Thorne Rochon, maire de Nipissing Ouest.
De nombreux biens immobiliers ont été assumés par la municipalité lors de la fusion municipale de 1999, et dans la plupart des cas, les conseils précédents n’ont simplement pas voulu prendre de décision quant à leur sort. Comme le souligne la maire, la vente d’un bien communautaire est souvent une décision impopulaire, mais ce conseil essaie d’être plus décisif malgré les réactions négatives.
Même si elle comprend les résidents qui ne veulent pas perdre des bâtiments et des services dans leur voisinage immédiat, Mme Thorne Rochon précise qu’il y a aussi des gens impatients de voir la ville réduire le dédoublement, y voyant un gaspillage de l’argent des contribuables. «Ce sont vraiment les 8 000 habitants de Sturgeon Falls qui subventionnent l’entretien de toutes les routes et tout ce que nous devons fournir sur plus de 2 000 kilomètres carrés,» affirme la maire. Pour mettre les choses en perspective, elle explique que si toute la population de Nipissing Ouest était concentrée uniquement sur le territoire de Sturgeon Falls, «on n’aurait que deux casernes de pompiers et une seule décharge. Nous avons sept décharges et huit casernes de pompiers. Nous gérons 535 km de routes.»
En fin de compte, la maire explique qu’il s’agit de trouver un équilibre pour satisfaire à la fois les contribuables et les usagers des services. Concernant le bâtiment de Verner, elle précise que l’accent a été mis sur «le maintien des niveaux de service, ou le maintien des services que nous y offrons actuellement.» À cette fin, une liste d’options a été présentée au conseil municipal, passant de rénovations au bâtiment au déménagement des services qui y sont hébergés, tous dans le but de réduire les coûts d’entretien à long terme.
Le bâtiment de Verner a été construit pour servir d’école en 1953, selon Fern Pellerin, conseiller du quartier 7 qui représente Verner. L’édifice abrite actuellement la bibliothèque publique, un bureau du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (OMAFRA), un bureau de l’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO) et le cabinet du médecin de famille, la Dre Klère Bourgault. Il y a également une salle de sport, disponible à la location pour les membres de la communauté.
La liste des 8 options présentées au conseil comprend des travaux de réparation de la structure, estimées entre 395 000$ et 475 000$, ou une rénovation complète comprenant le remplacement du toit et des fenêtres et des améliorations mécaniques, estimée entre 2,25 et 2,7 millions de dollars. Les options 3 à 6 proposent l’agrandissement de l’arène de Verner pour accommoder certains services, excluant l’OMAFRA et/ou l’UCFO selon les divers scénarios. Ces options vont de 1,7 million à 5 millions de dollars, selon l’ampleur du projet. L’option 7 consiste en la démolition et la reconstruction d’un bâtiment de 5 500 pieds carrés, dont le coût est estimé entre 3,5 et 4 millions de dollars. Enfin, l’option 8 consiste à reloger les locataires dans un bâtiment privé et à simplement payer un loyer, tout en vendant le bâtiment municipal tel quel.
M. Pellerin privilégie l’option 2, qui consiste simplement à réparer le bâtiment et à y maintenir les locataires actuels. Comme il l’explique, certains habitants de Verner craignent que toute autre option n’entraîne la perte de services importants. Il souligne que la frontière est un peu floue entre les services municipaux et ceux fournis par les locataires. Par exemple, bien que l’UCFO ne soit pas un service municipal, M. Pellerin souligne qu’il s’agit d’un groupe culturel actif au sein de la communauté, et le fait que ce groupe ne soit mentionné dans aucune des options est préoccupant.
La plus grande inquiétude pour Verner concerne peut-être le cabinet médical, et les conséquences que la perte d’un médecin aurait sur la communauté. M. Pellerin affirme que la médecin «ne veut pas déménager, et si elle doit déménager, elle fermera son cabinet.» Cette affirmation n’a pas été vérifiée auprès de la médecin, car elle est actuellement en vacances et indisponible, mais d’autres préoccupations surgissent si elle finit par accepter de déménager. La Dre Bourgault ne paie actuellement aucun loyer pour son local dans le bâtiment municipal, et M. Pellerin indique que cette question a été soulevée lors des discussions. Selon lui, le fait que la municipalité subventionne le loyer de la médecin est un investissement judicieux, et décider de lui facturer un loyer maintenant est une mauvaise idée. «Verner a eu la clairvoyance, à l’époque, d’offrir ce local et d’attirer des médecins dans la municipalité, et aujourd’hui, nous envisageons de faire le contraire alors que nous sommes confrontés à une pénurie de médecins. Cela n’a aucun sens,» estime-t-il.
Qualifiant le bâtiment de «solidement construit», M. Pellerin estime que si les conseils municipaux précédents avaient fait le nécessaire pour bien entretenir son patrimoine, la situation serait bien meilleure aujourd’hui et les réparations seraient nettement moins coûteuses.
À ce propos, la maire convient qu’il est important de se montrer décisif sur la question des biens municipaux, afin d’éviter de «repousser le problème à plus tard encore une fois.» C’est ainsi que les coûts de réparation du bâtiment de Verner ont explosé, et le report de ces décisions ne ferait que transférer le problème au prochain conseil, les contribuables finissant toujours par en payer la facture, souligne-t-elle.







