Le conseil municipal s’accorde une hausse salariale de 27%

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Isabel Mosseler

IJL – Réseau.Presse

Tribune

Les conseillers municipaux de Nipissing Ouest ont approuvé une augmentation de 27 % de leur rémunération de base, à la suite d’un vote serré de 5 contre 4 lors de la réunion du conseil du 15 avril. Il s’agit du premier ajustement salarial important en plus de deux décennies, le salaire du maire passant de 35 482$ à 44 877$ et celui des conseillers de 17 748$ à 22 532$.

La décision a été prise à l’issue de trois réunions, des débats intenses et la présentation d’une étude de rémunération réalisée par la société d’experts conseils Pesce and Associates. L’étude a placé les élus de Nipissing Ouest en dessous du 50e centile des municipalités comparables en termes de rémunération, cette donnée servant de point de référence dans la résolution finale adoptée. L’augmentation est entrée en vigueur immédiatement.

Le vote a eu lieu après l’échec de deux tentatives de retarder ou d’échelonner l’ajustement salarial. Le conseiller Georges Pharand a proposé un compromis qui aurait permis d’échelonner l’augmentation sur trois ans, à partir de 2026, mais cette proposition a été rejetée par 7 voix contre 2. Le conseiller Roch St-Louis a ensuite proposé de reporter l’augmentation jusqu’au prochain mandat du conseil, ce qui a également été rejeté.

M. Pharand, qui soutient l’idée d’une hausse de rémunération mais s’interroge sur la période d’entrée en vigueur et la transparence, est l’un des conseillers à avoir exprimé son malaise quant à l’étendue et à la méthodologie de l’étude des consultants. «Nous n’avons que six ou sept éléments de comparaison,» a-t-il fait remarquer au cours de la réunion, suggérant que le consultant aurait dû élargir son champ d’enquête. «Il aurait été facile de nous donner un éventail de comparatifs beaucoup plus large. Il existe des archives publiques. Il suffit de chercher sur Google quel est le salaire du maire de Kenora.»

Malgré ces critiques, M. Pharand a reconnu que les chiffres présentés étaient probablement exacts. «J’ai fait une recherche sur Google sur un grand nombre de municipalités de notre taille et le résultat semble revenir autour des mêmes chiffres, mais l’étude serait plus solide avec plus de données (…). Aux yeux du public, je pense que le rapport aurait eu plus de force.»

La réaction du public à cette hausse est mitigée, certains résidents exprimant leur désapprobation en ligne. En réponse, plusieurs conseillers ont souligné que le processus était indépendant et transparent. Le conseiller Jamie Restoule, adjoint au maire, a défendu la décision. «Nous n’avons pas simplement décidé un jour «accordons-nous une augmentation». Nous avons engagé une tierce partie, nous lui avons donné un mandat d’étude et elle nous a rapporté les données,» a-t-il expliqué. «Je pense que nous avons agi de la bonne manière.»

M. Restoule a également encouragé les résidents à s’adresser directement à leurs élus plutôt qu’à lire et s’exprimer sur les affaires municipales sur les réseaux sociaux. Selon lui, un seul électeur l’avait approché directement pour discuter de la question. «Si vous voulez influencer les choses, contactez-nous (…). Quand vous mettez quelque chose sur Facebook, ce n’est pas une façon efficace de nous joindre.»

La mairesse Kathleen Thorne Rochon a souligné que l’augmentation avait déjà été prise en compte dans le budget 2025. «L’augmentation que nous envisageons aujourd’hui a déjà été approuvée en fait (…). Il a été constaté (…) que le Nipissing Ouest était l’une des municipalités qui n’avait jamais ajusté les salaires des conseillers pour tenir compte de la perte de salaire net résultant des modifications fiscales fédérales,» a-t-elle dit. En 2019, le gouvernement a éliminé le tiers non imposable du salaire des élus, donc «tous les membres des conseils municipaux de la province ont subi une véritable réduction de salaire,» de préciser Mme Thorne Rochon.

Elle a reconnu que les conseillers recevaient des ajustements annuels au coût de la vie depuis 2008, tout en indiquant que leur salaire de base n’avait pas changé depuis 1999.

En fin de compte, les défenseurs de l’augmentation ont invoqué le gel des salaires, le travail exigé des conseillers et le professionnalisme du processus d’examen comme principales justifications. «Il est difficile de s’accorder soi-même une augmentation,» a déclaré le conseiller Rolly Larabie, «mais en même temps, ce travail le vaut bien. Je suis fier de ce que je fais.»

La décision n’a pas été unanime. Les conseillers Fern Pellerin, Kaitlyn Nicol, Georges Pharand et Roch St-Louis ont voté contre la mise en application immédiate de la hausse. Malgré leurs objections, la majorité a adopté la proposition.

Une fois l’augmentation adoptée, les conseillers ont exprimé le désir de voir des révisions régulières de la rémunération, plutôt que de laisser trainer la question trop longtemps. Comme l’a suggéré M. Restoule, «pour éliminer cette frustration (…) nous devrions envisager une révision de temps en temps.»

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