
Isabel Mosseler
IJL – Réseau.Presse
Tribune
C’était un soulagement et un vent d’espoir pour les bénévoles de la Banque alimentaire de Nipissing Ouest, lorsque sont arrivés à leur porte des élèves avec un important don de nourriture le 2 mai. Brigitte Pépin, enseignante à l’école secondaire Franco-Cité, et ses élèves Emma Rivet, Alexie Bélanger, Jordyn Lagassie, Layla Quesnel et quelques autres ont déposé le résultat d’une collecte de nourriture menée tout au long du mois d’avril. Cette livraison ne pouvait mieux tomber, selon les administrateurs de la banque alimentaire.
Chaque automne, l’école organise une vaste campagne de collecte de denrées qui remplit les étagères de la banque alimentaire pendant plusieurs mois, et les dons sont également abondants pendant le temps des Fêtes. Mais, selon Don Clendenning, président de la banque alimentaire, le printemps est une période difficile pour son organisme, car la demande est forte et les rayons se vident. Les stocks de nourriture commencent à s’épuiser dès le mois de février, déplore-t-il.
Le groupe de Franco-Cité dirigé par Mme Pépin s’appelle Jeunes en action. Il a pour mission d’inculquer l’activisme et la sensibilité aux enjeux sociaux et communautaires. Mme Pépin explique qu’au cours des dix mois de l’année scolaire, le groupe choisit chaque mois une cause sociale importante et consacre tous les efforts nécessaires pour sensibiliser l’école et l’ensemble de la communauté. «Nous sensibilisons la population ou nous recueillons des fonds et nous aidons les personnes dans le besoin,» résume-t-elle.
En avril, le groupe a choisi la banque alimentaire, à la grande joie de la vice-présidente Terry Clendenning, qui a qualifié cette action d’opportune et inspirante. En apprenant que la banque alimentaire rencontrait des difficultés au printemps, les élèves se sont mobilisés. «C’est pourquoi nous nous sommes concentrés sur la banque alimentaire en avril. (…) Nous avons fait des annonces le matin à l’école et par le biais des [réseaux sociaux] (…) Certaines personnes de la communauté ont apporté de la nourriture, mais la plupart des dons proviennent des étudiants,» raconte Mme Pépin.
Les élèves sont bien conscients des besoins de la communauté, citant l’inflation alimentaire et d’autres défis. Leurs objectifs sont larges et variés, mais orientés vers les enjeux qui touchent la communauté locale. Parmi leurs efforts précédents, citons les paniers de Noël en décembre et la sensibilisation aux questions autochtones. «En mai, nous avons lancé le projet des robes rouges, en mémoire des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées,» mentionne Mme Pépin. Ce projet a débuté la semaine précédant le 5 mai, Journée de la robe rouge, avec des œuvres d’art exposées dans l’école et des robes rouges accrochées aux arbres autour de l’école. Mme Pépin mentionne également la campagne Moose Hide, qui consiste à distribuer des épinglettes en peau d’orignal pour sensibiliser à la violence fondée sur le genre. Emma Rivet mentionne une collecte de vêtements à envoyer aux enfants des communautés isolées du grand nord. Les jeunes ont aussi tricoté et crocheté des écharpes rouges pour la sensibilisation au sida. Ils se sont mobilisés pour la Journée du chandail orange, afin de rappeler que «chaque enfant compte.»
Lorsque le mois d’avril est arrivé, la banque alimentaire est devenue le centre d’intérêt. Don et Terry Clendenning étaient ravis non seulement de recevoir les denrées alimentaires dont ils avaient tant besoin, mais aussi de féliciter les élèves pour leur conscience sociale. Ils espèrent que cette action s’étendra à toutes les écoles secondaires. Selon M. Clendenning, la situation reste critique. «Notre entrepôt est à moitié vide et nous devons faire venir des produits de Cache Bay [leur autre entrepôt], mais il est aussi à moitié vide. (…) La demande augmente régulièrement (…). Nous avions l’habitude de recevoir entre 50 et 70 personnes toutes les deux semaines, et maintenant nous en recevons en moyenne 140,» décrit-il. Terry renchérit : «Si l’on ajoute les autres membres de chaque foyer, nous atteignons presque les 300 personnes, en comptant les partenaires et les enfants.»
Terry Clendenning veut lancer une campagne printanière. Elle a consulté les propriétaires de l’épicerie Brandon & Ashley’s No Frills à Sturgeon Falls et s’est adressée aux écoles secondaires locales. «Nous avons parlé à Brandon de No Frills, et il est enthousiaste! (…) J’ai approché les trois écoles secondaires, et Franco est aussi enthousiaste, tellement enthousiaste,» raconte-t-elle. L’É.s.p. Nipissing Ouest a également manifesté son intérêt à participer, ajoute-t-elle.
Elle envisage d’organiser une journée au cours de laquelle les étudiants se rendraient dans les épiceries locales pour aider les gens à emballer leurs achats et les porter aux voitures, tout en acceptant des dons au nom de la banque alimentaire. Mme Clendenning explique que l’idée lui a été présentée par Brandon Hogg, de No Frills, comme une initiative très réussie dans un magasin qu’il gérait auparavant. Elle voudrait voir tous les magasins d’alimentation et les écoles locales s’impliquer.
«Cela va se faire,» s’exclame-t-elle, «et la date sera probablement le samedi 1er juin.» Ce jour-là coïncide avec une journée de dons organisée par No Frills, dont tous les fournisseurs offrent des produits alimentaires gratuits pour l’occaion. «Brandon a dit que si nous organisons la collecte de nourriture ce jour-là, ils pourront donner plus de nourriture,» précise Mme Clendenning.
La Banque alimentaire a préparé une liste des articles recherchés, et des copies seront remises aux clients lorsqu’ils entreront dans le magasin. Les élèves seront placés aux caisses et mettront les denrées dans des sacs qu’ils apporteront aux voitures. Mme Clendenning ajoute que des efforts sont déployés pour faire de cette journée une occasion festive, avec de la musique dans les terrains de stationnement.
La banque alimentaire ayant du mal à faire face à la pénurie du printemps, Mme Clendenning espère que cette campagne printanière sera bien accueillie et deviendra aussi importante que la collecte de nourriture d’octobre, «Une canne ça dépanne.»
L’initiative des Jeunes en action a vraiment remonté le moral des responsables de la banque alimentaire, au moment même où les bénévoles envisageaient des choix difficiles. «C’était une coïncidence,» explique Terry Clendenning, «ils nous ont appelés pour nous dire qu’ils avaient quelque chose. Lorsqu’ils nous ont dit qu’ils s’occupaient de la banque alimentaire, je me suis dit : «Oh mon Dieu !» C’était au même moment que je commençais à penser à tout ça, au début du mois! (…) C’est une école formidable.» Don Clendenning abonde dans le même sens. «Ils font preuve d’un enthousiasme débordant à l’égard de la communauté. (…) Cette enseignante, Brigitte Pépin, est vraiment, vraiment merveilleuse. (…) C’est tellement bien. Ils les font participer à la vie communautaire dès un jeune âge».
Terry Clendenning poursuit : «Et les [étudiants], ils voulaient aider, ils voulaient rester [après avoir déposé la nourriture]. Ils ne voulaient pas retourner à l’école (…) et ils ont demandé s’ils pouvaient faire cela plus souvent. Ils veulent vraiment aider!»






