La PPO nomme une ancienne policière du service municipal au poste de Commandant

0

L’inspectrice Natalie Rifou prend la tête du détachement de Nipissing Ouest

Isabel Mosseler

IJL – Réseau.Presse

Tribune

L’inspectrice Natalie Rifou (née Ouellet), nouvellement nommée Commandant du détachement de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) au Nipissing Ouest, a vécu presque toute sa vie dans la région, et il ne lui faut que huit minutes pour se rendre au travail désormais. Pour de nombreux habitants de Nipissing Ouest, c’est une excellente nouvelle que l’une des «nôtres» ait pris la tête du service de police de la région à compter du 16 décembre 2024, car elle apporte une profonde compréhension des besoins et des préoccupations de la communauté. L’inspectrice Rifou a été scolarisée ici, a obtenu son diplôme de l’É.s.c. Franco-Cité et a commencé sa carrière policière au sein du Service policier de Nipissing Ouest (SPNO), en 1999. Elle connaît les routes, elle connaît les gens, elle a un attachement à la communauté, elle ne prendra pas sa retraite de sitôt, elle est parfaitement bilingue, et surtout, elle s’est investie pour assurer la sécurité de cette communauté.

«Lorsque j’ai commencé, j’avais 20 ans,» raconte-t-elle. Son parcours professionnel a pris un tournant lorsque le SPNO a été absorbé par la PPO en 2019. Elle a d’abord servi le SPNO en tant qu’agente, puis en tant que sergent chargée des routes en 2008, ensuite chef de quart, entre autres fonctions, selon un communiqué de presse publié le 27 décembre par la PPO. Au cours de sa carrière, elle a été agente de renseignement, enquêteur sur les crimes majeurs et sur les scènes de crime. Elle a participé à d’importantes enquêtes sur les stupéfiants. Après son passage à la PPO, il ne lui a fallu que 12 mois pour obtenir le statut de sergent-détective au sein de l’unité des normes professionnelles, en tant qu’enquêteur principal dans la région du Grand Toronto.

En 2022, Mme Rifou a été promue sergente-directrice des opérations au centre de communication de la PPO à North Bay. Au cours des sept derniers mois précédant cette promotion, elle a été affectée au poste de commandant d’unité/inspecteur par intérim aux centres de communication provinciaux d’Orillia et de North Bay. Aujourd’hui, à l’aube de la quarantaine, sa carrière l’a ramenée chez elle, près des siens. «Je suis mariée et j’ai deux enfants, (…) l’un est encore au secondaire et l’autre à l’université. J’ai grandi à Sturgeon Falls (…) J’ai toujours vécu à Sturgeon,» dit-elle. Ses parents ont déménagé et résident depuis longtemps à Verner.

Mme Rifou explique que c’est l’exemple de sa tante qui l’a incitée à s’engager dans la police. «Ma tante était un modèle pour moi. Elle travaillait à la Sûreté du Québec, la police provinciale du Québec, où elle était commandant. Elle a pris sa retraite depuis.» Il est commun pour les nouvelles recrues de suivre les traces d’un policier dans leur famille, mais d’avoir deux femmes de la même famille accédant à des postes aussi importants, ce n’est pas si courant. La police a évolué et cette année marque le 50e anniversaire des femmes en uniforme au sein de la PPO. L’inspecteur Rifou commente la transition d’un service municipal à un service provincial, et le fait d’être une femme dans ce service.  «L’une des plus grandes différences, maintenant que je fais partie de la PPO, c’est que l’on a plus de ressources à notre disposition. En cas d’appel important, je peux appeler le service d’aviation, l’équipe de recherche [et sauvetage], l’unité d’intervention tactique (…), je peux appeler si j’ai besoin d’un drone. Bien que la PPO ait toujours mis ces ressources à la disposition des municipalités, maintenant que je fais partie de la PPO, je peux avoir ces ressources au bout des doigts. Je dirais que c’est un gros avantage.» Elle vante aussi les opportunités de développement professionnel. «Depuis quatre ou cinq ans que je fais partie de la PPO, j’ai fait beaucoup de choses. Cela contribue à mon développement personnel et professionnel. Mais j’aime aussi partager ce que j’ai appris avec les autres. (…) C’est aussi un gros, gros bonus.»

Quant au fait d’être une femme dans une profession traditionnellement masculine, elle refuse de voir cela comme une barrière. «J’ai toujours été reconnaissante envers mes parents qui m’ont élevée de la même manière [que mes frères]. J’ai deux frères qui sont très proches, ils m’ont toujours traitée comme leur égale et ils ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui, une femme forte,» déclare-t-elle. La policière a trouvé le même soutien auprès de la majorité de ses collègues. «J’étais simplement reconnaissante d’être toujours entourée de pairs et de supérieurs qui me traitaient comme une égale. Bien sûr, il y a eu des occasions où ce n’était pas le cas. Lorsque ce n’était pas le cas, mes collègues ont pris ma défense et m’ont aidée à surmonter cette épreuve. En tant que femme, je ne vois pas de différence dans la manière dont je fais mon travail. Je pense que ce qui compte, c’est la personne que vous êtes.»

Elle est prête à prendre les commandes! «Je suis très reconnaissante d’être ici, avec beaucoup de visages familiers, mais aussi beaucoup de nouveaux visages, avec mes membres qui sont ici, ce qui est très excitant. Ce que je peux dire à propos des femmes dirigeantes, c’est qu’il est très important de ne pas décourager, mais d’encourager nos jeunes femmes et nos jeunes filles à assumer ces rôles. Je connais nos statistiques – le nombre de femmes dans la police n’augmente pas vraiment – alors j’espère que je serai un modèle pour les jeunes filles et les femmes qui veulent faire ce travail,» de dire le Commandant Rifou.

La PPO recrute toujours activement de nouveaux agents, ce qui n’est pas sans difficulté, fait-elle remarquer. «Le problème du recrutement se pose vraiment à l’échelle de la province et tous les services de police vivent la même chose. Ce qui est important pour nous, c’est de continuer à faire des efforts pour attirer de nouveaux agents (…). Même dans mon rôle au Centre de communication provincial, nous avons toujours organisé des foires de recrutement,» reconnait-elle.

Le fait qu’une personne de l’ancien corps municipal revienne à ce poste de responsabilité, avec son expérience et son engagement communautaire, devrait inspirer confiance aux résidents du Nipissing Ouest. «Connaître ma collectivité et ce qui s’y passe? Oui, absolument. Je suis allé à l’école ici. Je connais beaucoup de gens, beaucoup de gens me connaissent et oui, je sais ce qui se passe dans ma communauté.» De plus, ses priorités correspondent aux préoccupations actuelles de la communauté. «Dans le Nipissing Ouest, la prolifération des sans-abri dans notre communauté est un problème pour lequel j’ai l’intention d’organiser une table de concertation avec divers groupes communautaires pour tenter de résoudre la situation. C’est probablement l’une de nos principales préoccupations, avec les crimes contre la propriété,» dit-elle.

Sur les réseaux sociaux, les crimes contre les biens sont un sujet brûlant, et malgré la résolution récente d’une série de vols à River Valley, cela reste une préoccupation majeure pour les résidents locaux. Mme Rifou n’hésite pas à faire le lien entre la pauvreté et le sans-abrisme, d’une part, et la toxicomanie et la criminalité, d’autre part. «Cette communauté de personnes (…) est confrontée à un problème de toxicomanie et elle a besoin de nourrir sa dépendance en commettant des délits contre les biens (…) Nous disposons d’une unité de lutte contre la délinquance de rue au niveau communautaire. Nous avons (…) des analystes qui nous fournissent des données ou des tendances (…). Nous sommes toujours en train d’étudier les tendances et de voir où nous pouvons concentrer nos efforts,» explique t-elle.

La population a également demandé une plus grande présence policière dans certains quartiers. Le Commandant Rifou reconnaît : «Même lorsque je travaillais comme agente de police municipale, [le manque de] visibilité a toujours été l’une des plaintes soulevées dans les sondages, et cela n’a pas changé. (…) Ce que je peux dire, c’est que la PPO est engagée. Nous répondons aux plaintes. Lorsqu’il y a une augmentation des plaintes relatives à une certaine zone, nous demandons à nos agents de se concentrer sur cette zone. Il arrive donc que des agents se concentrent davantage sur une zone que sur une autre. Il y a une raison à cela, n’est-ce pas? Nous effectuons des patrouilles ciblées, mais nos agents s’engagent également à patrouiller dans la périphérie et dans le reste de la communauté,» assure-t-elle.

En tant que nouveau commandant du détachement, Mme Rifou indique qu’elle veut promouvoir les occasions d’engagement public. Lorsqu’on lui mentionne que le conseil municipal de Nipissing Ouest, pendant ses récentes délibérations budgétaires, a exprimé le désir de recevoir une présentation du nouveau commandant, elle en est ravie. «Je suis toujours prête à rencontrer n’importe quel groupe qui le souhaite et à aborder les problèmes. Parfois, nous pouvons discuter de certains points, mais bien sûr, il arrive que nous ne puissions pas discuter d’enquêtes en cours.»

Le détachement de Nipissing Ouest est maintenant équipé de caméras dans ses véhicules de patrouille, et «les caméras corporelles arrivent,» dit Mme Rifou. «On m’a dit qu’elles arriveraient au début de l’année.» Elle ajoute que le bien-être du personnel sous sa direction est aussi une grande priorité. «En prenant soin d’eux, nous allons assurer un bon service à notre communauté et l’excellence des enquêtes, puis notre visibilité pour garder nos routes sûres et assurer que les gens de la communauté se sentent en sécurité.»

La population majoritairement francophone du Nipissing Ouest sera aussi intéressée à savoir que Mme Rifou se consacre aux services en français. «Je suis l’un des quatre ou cinq agents en uniforme de la Police provinciale de l’Ontario qui siègent au Groupe de travail sur les services en français. Nous faisons bouger les choses au sein de ce groupe, et c’est quelque chose qui m’est très cher, pour s’assurer que la Police provinciale se conforme à la Loi sur les services en français. C’est quelque chose qui fait partie de mes fonctions.»

En tant que chef de détachement d’une vaste région comprenant bien plus que le Nipissing Ouest, l’inspectrice Natalie Rifou aura beaucoup de pain sur la planche. Néanmoins, il est réconfortant pour les résidents locaux de savoir que le nouveau Commandant aura une compréhension innée de l’histoire, de la culture et des priorités de la région.

Leave a Reply