La Police provinciale enquête sur un décès au foyer Au Château

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Suzanne Gammon

IJL – Tribune

Près d’un mois après la découverte du corps d’une personne de 85 ans au Foyer pour personnes âgées Au Château, la Police provinciale de l’Ontario enquête toujours sur cette affaire et reste assez muette sur les détails.

Le détachement de Nipissing Ouest de la Police provinciale de l’Ontario indique qu’une personne résidente du foyer, dont l’identité n’a pas été révélée, a été retrouvée morte par des membres du personnel. La police a été alertée vers 22 h le 23 septembre et a ouvert une enquête. Le 15 octobre, l’agent provincial Rob Lewis a déclaré que l’enquête était toujours en cours et menée par l’unité des enquêtes criminelles de la Police provinciale de l’Ontario, en collaboration avec le bureau du Coroner en chef et le Service de médecine légale de l’Ontario, afin de déterminer la cause du décès.

M. Lewis n’a pas précisé qui avait alerté la police, ni si un acte criminel était en cause. Or, la législation provinciale stipule que «tout titulaire d’une licence d’établissement de soins de longue durée doit veiller à ce que les services de police compétents soient immédiatement informés de tout incident présumé, suspecté ou constaté d’abus ou de négligence [… qui] pourrait constituer une infraction pénale.»

Le Tribune a contacté le directeur d’Au Château, Jacques Dupuis, qui a reçu pour instruction de la part des conseillers juridiques de l’établissement de ne faire aucun commentaire tant que l’enquête est en cours. Il a toutefois confirmé qu’Au Château respectait les directives en matière de notification à la police. «En fait, cet établissement a adopté la pratique de signaler tous les incidents présumés à la police et de leur laisser le soin de déterminer si une infraction pénale a été commise ou non,» a-t-il déclaré.

Lorsqu’on lui a demandé si la Police provinciale de l’Ontario avait des inquiétudes concernant la sécurité des résidents d’Au Château, l’agent Lewis a simplement répondu que «il n’y a pas de risque pour la sécurité publique.» N’offrant pas plus de précisions, l’agent s’est engagé à communiquer de plus amples informations «dès qu’elles seront disponibles.»

Les personnes âgées sont-elles en sécurité en soins de longue durée ?

Lorsque la nouvelle de l’enquête a commencé à circuler dans la communauté, certains ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité des résidents d’Au Château. Le Tribune a examiné les documents officiels publiés par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée concernant la conformité de l’établissement aux lois et normes provinciales. Les inspecteurs du ministère enquêtent sur les plaintes ou les violations présumées commises par les établissements de soins de longue durée en Ontario et rendent leurs conclusions publiques.

Au Château, qui compte environ 162 résidents, a fait l’objet de quatre inspections de ce type en 2025. Une comparaison rapide avec des établissements de taille similaire montre que ce nombre est assez conforme à la moyenne. Les établissements St. Gabriel Villa et St. Joseph Villa de Sudbury comptent chacun 128 résidents et ont fait l’objet de 4 et 3 inspections respectivement en 2025. La communauté Water’s Edge à North Bay, qui compte 148 lits, a fait l’objet de 3 inspections cette année. Belvedere Heights à Parry Sound, qui compte 101 lits, a fait l’objet de 6 inspections, tandis que Lakeland LTC Services, qui compte 90 lits, a fait l’objet de 5 inspections en 2025. À Collingwood, Sunset Manor Home, qui compte 150 lits, a fait l’objet de 7 inspections. Mill Creek Care Centre, à Barrie, qui compte 160 lits, en a également fait l’objet de 7, tandis que Grove Park Home, à Barrie, qui compte 143 lits, a fait l’objet de 5 inspections.

Les inspections sont automatiques lorsqu’une plainte est déposée, et certains rapports concluent qu’il n’y a pas eu d’infraction. À Au Château, les rapports visent à corriger des manquements à la prise de notes, aux rapports et aux dossiers, ou le non-respect des temps alloués pour certaines tâches, par exemple remplir un rapport dans un délai prescrit, faire une évaluation dans un temps donné, laver un patient deux fois en sept jours ou servir un repas avant qu’un membre du personnel soit disponible pour aider un résident à manger, par exemple. Certaines ordonnances de conformité concernent un membre du personnel qui a repositionné un résident sans l’aide d’un deuxième membre du personnel, comme l’exige le règlement; une personne qui a attendu le lendemain pour informer le directeur d’un incident de soins inappropriés présumés, qui doit être signalé immédiatement; le fait de ne pas avoir évalué et mis à jour le programme de soins de la peau et des plaies de l’établissement au moins une fois par an; et le fait de ne pas avoir vérifié de manière exhaustive les qualifications d’un préposé aux services de soutien à la personne avant de l’embaucher.

L’examen des rapports sur d’autres établissements révèle qu’ils sont assez similaires, beaucoup d’entre eux provenant de plaintes ou d’allégations de négligence ou d’abus et donnant lieu à des recommandations dans tous les domaines, de la prévention des chutes aux soins de continence en passant par le contrôle de la température. Dans tous les cas, l’établissement est tenu de remédier à l’infraction et de se conformer à des réglementations spécifiques. Le directeur d’Au Château, Jacques Dupuis, a déclaré dans une entrevue passée que les résidents et leurs proches peuvent déposer une plainte auprès du ministère à tout moment, et Au Château affiche même les coordonnées sur ses murs, car il souhaite que les gens signalent toute irrégularité dont ils pourraient être témoins. Chaque plainte fait l’objet d’une enquête.

«Les établissements sont soumis à des inspections rigoureuses par le ministère des Soins de longue durée et, comme tous les autres établissements, nous nous efforçons d’offrir à nos aînés les plus vulnérables les soins dont ils ont besoin et qu’ils méritent. Même si nous ne sommes pas parfaits, les résidents de cet établissement sont en sécurité, et si ce n’était pas le cas, le ministère aurait soulevé des préoccupations,» a assuré M. Dupuis.

Le Tribune continue de suivre les progrès de la police dans cette enquête et rendra compte des résultats dès qu’ils seront disponibles.

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