Christian Gammon-Roy
IJL – Tribune
Janie Giroux se prépare actuellement à relever l’un des plus grands défis de sa vie. Cette élève de 11e année à l’École secondaire catholique Franco-Cité vient de remporter la première place en pâtisserie au concours Compétences Ontario à Toronto, et elle se prépare maintenant à représenter la province au concours national Compétences Canada les 28 et 29 mai. Janie affrontera les 12 meilleurs pâtissiers étudiants de chaque province et territoire pour le titre de meilleure apprentie pâtissière du Canada.
La jeune chef n’en est pas à son premier concours culinaire, loin de là. L’année dernière déjà, elle avait décroché la première place en arts culinaires au concours régional, puis s’est rendue à Compétences Ontario avec deux de ses camarades. Cette année, cependant, elle s’est tournée vers la pâtisserie pour suivre sa passion. Bien que cette nouvelle discipline lui impose une nouvelle approche, elle affirme que ses deux années d’expérience en arts culinaires continuent d’être précieuses. «Il y a de nombreux aspects similaires, comme la gestion du temps et la structure de la journée de compétition. La préparation des plats est très différente. Apprendre à désosser un poulet est très différent d’apprendre à préparer un gâteau. La pâtisserie est beaucoup plus technique et exige beaucoup plus de précision. On ne fait pas les choses au goût, tout doit être mesuré avec exactitude,» décrit Janie.
La bonne gestion du temps a sans doute contribué au succès de l’étudiante lors du récent concours, selon Yves Lafrenière, enseignant à Franco-Cité et responsable du programme parascolaire d’arts culinaires. Comme il l’explique, Janie s’est démarquée à Compétences Ontario en terminant ses desserts bien avant les autres et en se laissant ainsi tout le temps nécessaire pour nettoyer son poste de travail et rester organisée. Ce sont des compétences qui sont prises en considération et notées par les juges, car il ne s’agit pas seulement de l’aspect et du goût des plats, souligne-t-il.
Il est clair que Janie a su cibler les compétences à maîtriser, car l’année dernière, elle avait mentionné la gestion du temps comme l’un des points qu’elle espérait améliorer avant le concours provincial. Ses efforts ont clairement porté leurs fruits. Selon M. Lafrenière, Janie a un don pour l’apprentissage en général. Il la qualifie d’«autodidacte» en matière de pâtisserie, car il admet être plus à l’aise pour enseigner les arts culinaires. «J’ai quand même eu la tâche la plus difficile de toutes : j’ai dû goûter tous les desserts! Je pense que j’ai pris facilement 2,5 kilos,» raconte-t-il en riant. Avec ce changement vers la pâtisserie, il a dû redoubler d’efforts pour soutenir son élève, et il est déterminé à s’assurer que Janie soit bien préparée pour affronter les concurrents nationaux.
À seulement deux semaines de Compétences Canada, Janie a beaucoup à faire, et pas seulement en cuisine. «C’est la course et la panique pour repenser le menu afin qu’il réponde aux nouveaux critères de Compétences Canada. Il faut aussi que je rattrape tout le travail scolaire que j’ai manqué la semaine dernière, et que je vais manquer dans deux semaines,» explique-t-elle, ajoutant qu’elle prend les choses au jour le jour. En ce qui concerne les nouveaux critères, Janie et M. Lafrenière expliquent que le menu reste globalement le même qu’au concours provincial, mais il y a quelques ajustements importants à faire. Le thème du concours provincial était «la flore du Niagara», ce qui reste le même pour le concours national, mais il faudra désormais préparer deux fois plus de pâtisseries qu’à l’étape précédente.
Janie explique que les règles dictent les desserts qu’elle doit préparer, mais elle aura une certaine liberté quant aux saveurs. Dans un communiqué de presse du Conseil scolaire catholique Franco-Nord, ses trois desserts sont décrits avec un appétissant niveau de détail. Au concours provincial, elle a réalisé «un gâteau éponge génoise délicatement aromatisé, un pain babka au chocolat riche et texturé, ainsi que des barres Napoléon et des mille-feuilles infusés à la saveur de thé Earl Grey. Par son souci du détail et son sens artistique, elle a su traduire les formes, les couleurs et la finesse des éléments floraux dans des desserts à la fois élégants et savoureux,» peut-on y lire.
Janie mentionne que le thème du concours met l’accent sur la décoration et la présentation visuelle, et c’est là-dessus qu’elle concentre ses efforts dans sa préparation actuelle. «Lors du concours provincial, mes créations n’avaient pas nécessairement les mêmes couleurs,» explique-t-elle, ajoutant qu’elle souhaite une palette de couleurs plus uniforme sur l’ensemble de ses desserts. L’objectif est de rendre l’ensemble plus cohérent.
Il est clair que M. Lafrenière est fier de son élève, et sa confiance en elle est évidente. Lorsqu’on lui demande ce qu’il ressent à l’approche de Compétences Canada, l’enseignant ne peut s’empêcher de lui faire des louanges. «Nous avons affronté 28 autres concurrents. Je ne suis pas sûr que les autres provinces aient jusqu’à 28 participants,» dit-il, soulignant que le vivier de talents dans une grande province comme l’Ontario est vaste, et que Janie les a tous battus. «Je pense que notre niveau est supérieur à la moyenne. Pensez-y : les conseils scolaires du sud ont fait participer leurs élèves à deux ou trois concours pour déterminer qui irait à Compétences Ontario. Eh bien, parmi les meilleurs de ces conseils scolaires, Janie les a tous battus,» vante-t-il, rayonnant.
Après une telle victoire en Ontario, M. Lafrenière pense que Janie Giroux est tout à fait capable de remporter le titre au niveau national également. Enfin, il mentionne que tous les deux ans, les concours Compétences s’étendent à l’échelle internationale. Alors que la période de qualification pour le concours mondial de cette année, en Chine, s’est déroulée l’année dernière (année scolaire 2024-2025), Janie a encore une année d’études secondaires pour continuer à perfectionner ses compétences, et peut-être même représenter le Canada en 2028 au concours international à Aichi, au Japon.









