
Suzanne Gammon
IJL – Tribune
La période de dépôt des candidatures aux élections municipales de 2026 a commencé et quelques noms sont inscrits au registre, mais les candidats ne se bousculent pas pour se présenter au conseil municipal de Nipissing Ouest pour le moment.
Les candidatures étant ouvertes depuis le 1er mai, seuls quatre conseillers sortants, un prétendant et un candidat à la mairie se sont inscrits jusqu’à présent, mais les candidats ont jusqu’au 21 août pour se manifester. Les candidatures ne sont pas considérées comme définitives, car elles sont soumises à un examen et seront certifiées et confirmées le 24 août.
Les conseillers municipaux sortants Daniel Gagné (quartier 3), Jamie Restoule (quartier 4), Fernand Pellerin (quartier 7) et Georges Pharand (quartier 8) se représentent aux élections. Pour l’instant, seul M. Gagné a un adversaire, le nouveau venu en politique Denis Sabourin. Leurs collègues conseillers Kris Rivard (quartier 1), Roch St-Louis (quartier 2), Kaitlynn Nicol (quartier 5) et Rolly Larabie (quartier 6) ne se sont pas encore inscrits et n’ont pas fait connaître leurs intentions.
À ce jour, une seule personne brigue le poste de maire. Charles Gaston Desgroseilliers est un entrepreneur local qui n’a pas tardé à déposer son dossier à la mairie. Sa candidature suscite des réactions en raison d’une accusation pénale datant de 2014 de leurre d’effants par internet, bien que M. Desgroseilliers ait répondu à ses détracteurs en ligne dans des messages qui ont depuis été supprimés. Contacté par la Tribune, M. Desgroseilliers affirme qu’il n’a aucun problème à parler ouvertement de son passé, insistant pour expliquer que son compte Facebook avait été piraté et qu’il n’avait rien fait de mal. Aucun record public de condamnation pénale n’a été trouvé.
«Les gens qui me connaissent savent que je n’ai rien fait de mal,» dit-il, ajoutant qu’il est conscient que se présenter aux élections va raviver cette accusation passée, mais qu’il refuse de laisser cela dicter ses choix. «La dernière chose sur laquelle je veux me concentrer, c’est 2014, mais je répondrai quand les gens poseront des questions,» déclare-t-il, ajoutant qu’il préfère se concentrer sur l’avenir du Nipissing Ouest. «Mon premier objectif est d’unir la communauté,» explique l’opérateur-ingénieur, ajoutant qu’il a été encouragé à se présenter par l’ancienne maire Joanne Savage et l’ancien conseiller Yvon Duhaime, et qu’il bénéficie d’un large soutien, notamment celui de son syndicat. «Je suis né à Sturgeon Falls et j’y élève mes enfants. Je veux travailler pour le bien de cette communauté.» Il cite comme priorités la lutte contre l’itinérance et la toxicomanie, fléaux qui affligent de plus en plus le Nipissing Ouest.
En vertu de la Loi sur les élections municipales de l’Ontario, ni une accusation criminelle, ni même une condamnation, n’empêche une personne de se présenter, à moins que le crime ne soit lié à une affaire de corruption électorale passée ou que la personne ne soit incarcérée.
La maire actuelle, Kathleen Thorne Rochon, ne s’est pas encore inscrite comme candidate, mais elle confie à la Tribune que ses documents sont prêts et qu’elle a bien l’intention de se présenter à nouveau. «Je souhaite vraiment faire un nouveau mandat de quatre ans,» affirme-t-elle, citant de nombreux dossiers en cours qui, selon elle, nécessitent une continuité. «Rappelez-vous d’où nous sommes partis : après deux ans et demi de dysfonctionnement de l’ancien conseil, il y avait un arriéré de dossiers à traiter, et 8 des 9 membres étaient nouveaux au conseil. Nous avons travaillé très dur, et nous sommes désormais de nouveau sur la bonne voie. Imaginez le dernier conseil essayant d’embaucher un directeur général,» dit-elle. Mme Rochon ajoute qu’«il y a beaucoup de changements en cours» et que la province exige une révision de certaines politiques, et elle prévoit que la plupart, voire la totalité, des membres de son conseil actuel se présenteront à nouveau pour poursuivre ce travail. La maire ajoute qu’elle ne veut pas voir les projets ralentir alors qu’il leur reste encore six mois pour mener à bien leurs tâches.
Une chose qui inquiète Mme Rochon, c’est le climat politique, en particulier le discours en ligne, et la façon dont cela pourrait décourager certaines personnes de se lancer dans l’arène politique. «Les attaques personnelles, c’est vraiment décourageant,» dit-elle. La maire affirme que les réseaux sociaux pourraient être un bon outil pour échanger des idées si les gens se concentraient sur les enjeux plutôt que sur les personnes, mais cela dégénère souvent en insultes et en langage grossier, ce qui entrave la communication. Elle explique que les «chambres d’écho» en ligne donnent l’impression qu’il n’y a qu’une seule opinion dominante sur un sujet, alors qu’en réalité, il existe souvent de nombreux points de vue divergents et que «notre travail, en tant que conseil, est de prendre en compte le point de vue de chacun» et de trouver un compromis. Elle espère que les candidats potentiels ne laisseront pas ce bruit les dissuader de se présenter, mais admet qu’il faut avoir une carapace dure pour se lancer et craint que «plus la situation se dégrade, moins il y aura de concurrence.»
Le nouveau système de vote facilitera le processus, assure la greffière municipale
Cette année, le jour du scrutin tombe le 26 octobre. Cependant, le Nipissing Ouest a choisi d’introduire le vote électronique pour 2026, le scrutin se déroulant du 14 au 26 octobre. Au lieu des bulletins de vote papier traditionnels ou du vote par la poste, les électeurs voteront par téléphone ou sur Internet, un système que la municipalité qualifie de «sûr et pratique». La ville enverra une trousse d’information électorale à tous les électeurs admissibles avant la période de vote.
La greffière municipale, Mélanie Ducharme, assure que le processus sera simple, tant pour les électeurs que pour le personnel municipal. «D’autres greffiers municipaux dans d’autres municipalités ont indiqué que cela avait changé leur vie en termes de volume de travail et de complication,» révèle-t-elle. En effet, le système électronique se chargera de tout le travail fastidieux, éliminant la nécessité d’ouvrir physiquement les bulletins, de les compter, et ainsi de suite. Se souvenant du «cauchemar» d’il y a deux élections, lorsque la machine de dépouillement avait mal fonctionné, provoquant un retard dans l’annonce des résultats et frustrant les scrutateurs et les candidats, Mme Ducharme s’exclame : «Je suis ravie!» Elle précise que les résultats seront disponibles «cinq minutes après la fermeture des votes. (…) Pas de scrutateurs, pas de personnel, pas d’ouverture interminable d’enveloppes, pas de dysfonctionnement des machines de dépouillement. (…) Les autres greffiers sont aux anges!»
Bien sûr, Mme Ducharme admet que «rien n’est parfait» et elle s’attend à ce que certaines personnes aient des questions sur le nouveau système. Cependant, elle souligne que même le système de vote par la poste semait la confusion. «Nous avons eu le vote par la poste de 2003 à 2022, et à chaque fois, certaines personnes mettaient leurs documents dans la mauvaise enveloppe,» fait-elle remarquer. «Nous sommes entrés dans une ère technologique où la plupart des gens disposent d’un appareil, qu’il s’agisse d’une tablette ou d’un téléphone intelligent», ce qui rend le système en ligne tout à fait viable. Elle note également que les gens n’ont pas besoin de posséder leur propre appareil; ils peuvent en emprunter un ou même se rendre à la bibliothèque pour utiliser un ordinateur sur place. «Tant que vous avez accès à Internet, vous pouvez voter,» explique Mme Ducharme.
Elle reconnaît que certaines personnes n’ont peut-être pas accès à Internet chez elles, et la ville leur permettra également de voter à la mairie. «Nous installerons dans notre hall d’entrée un isoloir équipé d’une grande tablette afin que les gens puissent y voter en toute intimité,» explique-t-elle. Elle décrit la tablette comme «mesurant environ un mètre de haut, dotée d’un écran tactile et entourée de cloisons pour garantir la confidentialité.» Mme Ducharme ajoute qu’une tablette sera également mise à disposition des résidents d’Au Château et de l’unité de soins de longue durée de l’Hôpital général de Nipissing Ouest, afin de garantir qu’ils puissent voter. La greffière indique enfin qu’une ligne téléphonique dédiée aux élections et du personnel seront à la disposition des électeurs qui auraient besoin d’instructions ou qui devront modifier leurs données personnelles.
Mme Ducharme précise que les trousses d’information aux électeurs devraient être envoyées au cours de la deuxième semaine d’octobre, «ce qui laissera aux gens suffisamment de temps pour voter jusqu’au 26.» La lettre contiendra un code d’accès et un lien permettant à chaque électeur d’obtenir son bulletin de vote personnalisé. «Vous ne verrez que les candidats de votre quartier et à la mairie, vous ne verrez pas tous les quartiers, puis les [candidats] seulement du conseil scolaire pour lequel vous êtes inscrit comme électeur,» explique-t-elle.
Mme Ducharme souligne les avantages pour les électeurs, notamment de leur éviter la contrainte d’envoyer physiquement leur bulletin de vote par la poste. «C’est accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7,» précise-t-elle. «Et pour les personnes qui ne vivent pas ici, c’est plus facile; on est peut-être plus enclin à voter s’il suffit de se connecter sur son téléphone.» Elle ajoute qu’il y a «des avantages pour les candidats aussi,» car ils auront accès en temps réel aux informations sur la participation, ce qui leur permettra de contacter plus facilement les partisans qui n’auraient pas encore voté. Enfin, la greffière indique que la suppression des scrutateurs allégera la charge des candidats qui ont parfois du mal à trouver suffisamment de bénévoles.
Mme Ducharme indique que ce sera probablement sa dernière élection en tant que greffière et qu’elle est heureuse de superviser cette transition. Elle remarque que North Bay passe également au vote électronique cette année, mais en passant directement du vote en personne au vote en ligne, ce qui représente un bond encore plus grand.






