Kris Rivard reprend la bannière du Parti Vert

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Kristopher Rivard (à gauche), représentant du Parti vert de Timiskaming-Cochrane et membre actuel du conseil municipal de Nipissing Ouest, était aux côtés des bénévoles de la soupe populaire de No More Tears West Nipissing le 11 décembre. Le repas offert ce jour-là était parrainé par l’association du Parti vert de la circonscription de M. Rivard.

Christian Gammon-Roy

IJL – Réseau.Presse

Tribune

Kristopher Rivard, conseiller municipal de Nipissing Ouest, a annoncé qu’il représentera à nouveau le Parti vert de l’Ontario lors des prochaines élections provinciales. Le représentant du quartier 1 s’est présenté dans la circonscription de Timiskaming-Cochrane lors des élections provinciales de 2022, triplant presque la part de vote des Verts de 2,63 % en 2018 à 6,52 %. Satisfait de ce gain, il espère poursuivre sur sa lancée lors des prochaines élections, que le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, pourrait déclencher plus tôt que prévu, selon de nombreux observateurs.

«Lors des dernières élections, notre objectif était de mener une campagne forte, et je pense que nous l’avons fait. Nous étions présents, nous avions des pancartes, nous avons participé à tous les débats. Pendant ce temps, les conservateurs et les libéraux n’ont participé à aucun débat. Nous avons fait entendre notre voix et notre nom. Nous avons construit, et nous avons presque triplé le pourcentage de votes, et cette fois-ci, c’est quelque chose que nous cherchons à refaire. Si nous parvenons à franchir la barre des 10%, nous viserons plus près des 15 ou 20 %,» déclare M. Rivard à propos de ses ambitions. Bien entendu, il devra faire face à un adversaire de taille en la personne du député actuel John Vanthof, du NPD, qui a remporté la circonscription lors des quatre dernières élections.

Bien que l’objectif de M. Rivard soit de gagner, il est conscient que cela serait improbable lors des prochaines élections; il joue donc sur le long terme. «Lorsque (…) M. Vanthof, qui est là depuis 20 ans, décidera de prendre sa retraite, nous serons très bien placés. Nous aurons construit la base, le groupe de bénévoles, les efforts de collecte de fonds, et les gens me connaîtront davantage dans toutes les communautés [de la circonscription],» suggère-t-il, ajoutant qu’il sera là «même s’il faut quatre élections avant de gagner.»

À l’approche des élections provinciales, M. Rivard affirme qu’il se tient prêt à lancer sa campagne à tout moment. Cette fois-ci, il a une nouvelle stratégie. En tant que résident de Nipissing Ouest, c’est là qu’il a concentré la plupart de ses efforts en 2022. «La majeure partie de la campagne s’est déroulée dans le Nipissing Ouest, et l’objectif était d’essayer de construire une base ici, et je pense que nous avons assez bien réussi,» décrit-il. Toutefois, il admet que les sondages dans le reste de la circonscription étaient décevants. «À Cochrane et dans d’autres villes, les sondages étaient encore assez bas. Nous avons distribué les affiches très tard et il était plus difficile de se rendre sur le terrain. Pour cette élection, nous sommes mieux préparés, nous avons plus de fonds, nous allons donc envoyer quelqu’un sur le terrain immédiatement pour créer un engouement,» assure-t-il.

M. Rivard a beaucoup de choses à dire, en particulier sur la manière de dissiper les idées reçues concernant son parti. «Les gens pensent qu’un vote pour les Verts, c’est un vote perdu et que nous ne gagnerons jamais, mais c’est faux, nous pouvons gagner. Nous avons gagné à Kitchener et à Guelph. Le fait d’obtenir un financement par vote permet de renforcer l’association, sa base, ses bénévoles, et nous donne l’occasion de rendre à la communauté ce qu’elle nous a donné, et d’essayer continuellement de l’aider,» explique-t-il. Un exemple récent est le soutien qu’il a apporté au groupe d’aide aux sans-abris No More Tears West Nipissing, en parrainant leur soupe populaire le 11 décembre.

Le financement par vote est alloué par la province lorsqu’un parti atteint le seuil de 5% des votes dans une circonscription. «Ainsi, chaque année depuis les dernières élections, depuis que nous avons atteint le seuil de 5% des votes, nous avons reçu en moyenne 1,50 $ [par vote],» explique M. Rivard. Il s’est dit heureux de pouvoir investir une partie de cette somme pour aider No Mo Tears car les organismes de ce genre «font, à mon avis, plus de travail que le gouvernement provincial à l’heure actuelle» en ce qui concerne le sans-abrisme et l’accès au logement.

Bien qu’il soit soucieux de l’environnement et que cela corresponde à l’idéologie politique des Verts, l’attrait pour ce parti lui vient plutôt de sa façon impartiale de faire la politique. «Nous voulons mettre fin à la politique partisane et représenter nos circonscriptions avec intégrité. Il faut cesser cette pratique de «je ne peux pas être d’accord avec vous parce que, historiquement, nous ne sommes pas d’accord avec vous.» Non, nous devons tous travailler au-delà des contraintes de parti, et travailler ensemble pour améliorer l’Ontario. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles je reste avec les Verts et je leur fais confiance. C’est d’ailleurs ce qu’ils font à Queen’s Park. J’y suis allé une fois, et lorsque [le chef des Verts] Mike Schreiner parlait, tout le monde écoutait, les conservateurs, les libéraux, les indépendants, les néo-démocrates. Lorsque les bleus ou les oranges s’exprimaient, ils se bouchaient les oreilles et ne faisaient que hurler,» raconte-t-il. La liberté de voter en son âme et conscience sur tous les sujets et de ne pas être contraint de suivre la ligne du parti, voilà comment M. Rivard souhaite représenter sa circonscription et le nord de l’Ontario. «On n’est jamais d’accord avec tout ce que fait un parti, mais je crois que mes valeurs s’alignent le plus sur celles des Verts,» affirme-t-il.

En ce qui concerne la représentation du Nord, M. Rivard y consacre déjà du temps depuis 2022. «J’ai été élu représentant du Nord de l’Ontario au sein de l’exécutif provincial du Parti vert de l’Ontario. En tant que représentant (…), j’ai essayé de mettre en avant certaines initiatives du Nord de l’Ontario. Par exemple, nous dépensons des milliards pour l’autoroute 413 à Toronto, alors que nous avons manifestement des problèmes avec les corridors des autoroutes 11 et 17 en termes de sécurité et de modernisation,» explique-t-il. Parmi d’autres exemples, il évoque l’idée de fournir des fonds aux hôpitaux et aux institutions de soins primaires dans les petites communautés afin d’y attirer et retenir les médecins et les infirmières praticiennes, plutôt que de dépenser pour la Place de l’Ontario «et de la transformer en un spa privé.» Il parle également d’investissements dans le secteur des véhicules électriques et de la possibilité d’amener certains de ces emplois dans le Nord.

Tous ces points, M. Rivard espère les soulever un jour à Queen’s Park, prouvant que les Verts n’ont pas que l’environnement comme préoccupation. «Beaucoup de gens ont tendance à penser que nous sommes un parti à un seul enjeu, mais je crois que nous sommes responsables sur le plan fiscal, que nous avons un programme chiffré et que nous nous soucions de la population de l’Ontario,» insiste-t-il.

En ce qui concerne plus particulièrement les soins de santé, M. Rivard est convaincu que l’aide aux soins primaires est la clé de l’allègement de la charge financière et de la charge de travail dans ce secteur. «Les soins primaires ne coûtent qu’une fraction des coûts des soins d’urgence, et ils empêchent les gens d’avoir recours aux soins d’urgence. Ils réduisent les temps d’attente aux urgences, ils réduisent l’épuisement professionnel des soignants, ils font tout cela et nous font économiser de l’argent au bout du compte. Certaines personnes pensent que nous allons simplement augmenter les impôts en faisant toutes ces choses, mais ce n’est pas le cas. Ce sont des idées financièrement responsables qui, à long terme, sont plus durables,» propose-t-il.

En fin de compte, M. Rivard pense que plus d’investissements gouvernementaux dans le nord de la province en feraient un endroit plus attrayant pour vivre et travailler, incitant les entreprises privées à investir à leur tour. Il revient sur l’idée d’investir dans les autoroutes 11 et 17, ce qui augmenterait la sécurité et la fiabilité pour les travailleurs et donnerait aux entreprises la confiance nécessaire pour investir dans le Nord. «Comment attirer les investissements des grandes entreprises ici si elles constatent que les autoroutes sont souvent fermées? Comment peuvent-elles avoir confiance dans le transport de leurs marchandises? Si vous investissez dans des projets d’infrastructure tels que celui-ci, le secteur privé sera plus enclin à investir dans vos communautés. Il y a plus de certitude, plus de confiance, plus d’assurance qu’ils pourront poursuivre leurs activités pendant une longue période,» suggère-t-il.

Bien sûr, M. Rivard finit par parler de politique environnementale, mais il admet qu’il ne suffit pas de dépenser pour la protection de l’environnement, il faut aussi trouver les avantages économiques des politiques vertes. Il souhaite des solutions vertes équilibrées qui soient à la fois responsables sur le plan fiscal, favorables aux individus et bénéfiques pour l’environnement. L’une de ces solutions consisterait à subventionner les pompes à chaleur pour le chauffage domestique, avance-t-il. «Les pompes à chaleur sont le moyen le plus efficace de chauffer et de refroidir votre maison, et c’est prouvé. De nombreuses personnes adoptent les pompes à chaleur à leurs propres frais. Je félicite ces personnes, car non seulement elles économisent de l’argent, mais elles réduisent également les émissions de gaz à effet de serre,» commente-t-il.

Selon M. Rivard, il faut très peu de temps pour commencer à réaliser des économies, en particulier dans le Nord où «nous sommes à la merci des prix d’Enbridge Gas.» Il souligne qu’Enbridge Gas bénéficie de subventions gouvernementales. «Si nous accordions des subventions pour les pompes à chaleur, non seulement nous ferions économiser aux gens de l’argent qu’ils pourraient dépenser ailleurs, mais nous réduirions les subventions à Enbridge Gas et nous réduirions nos émissions de gaz à effet de serre afin d’atteindre plus rapidement nos objectifs provinciaux et fédéraux. Tout le monde y gagnerait, sauf le secteur pétrolier et gazier qui profite déjà de milliards de dollars,» propose-t-il.

Dans le même ordre d’idées, M. Rivard estime que la récente création d’usines de production de véhicules électriques (VE) en Ontario constitue une bonne opportunité économique. «Les Verts se sont rendu compte que l’Europe avait besoin de VE parce qu’elle se fixait des objectifs très stricts en matière d’émissions. Il s’agit d’un secteur énorme dans lequel nous pourrions être des leaders. Au cours des deux dernières années, les conservateurs ont augmenté leur production de VE; nous avons maintenant des usines de VE dans le sud où nous construisons des voitures et les vendons à des pays étrangers. C’est un excellent exemple qui montre que les Verts n’avaient pas tort il y a quatre ans. L’argent est là, les emplois verts sont là, le monde entier est en train de faire la transition, alors pourquoi ne pas prendre de l’avance et être les leaders de cette industrie? Parce que si nous attendons trop longtemps, quelqu’un d’autre s’en chargera et nous serons coincés en attendant la prochaine opportunité,» décrit-il.

Certains indices laissent penser que les élections pourraient être déclenchées bientôt, Doug Ford souhaitant profiter de sa popularité actuelle dans les sondages pour maintenir une majorité conservatrice provinciale plus longtemps. «Les élections pourraient avoir lieu entre janvier 2025 et juin 2026. L’idée est donc d’être prêt. C’est entre leurs mains. Les Verts de Timiskaming-Cochrane se préparent (…) à faire campagne aussi durement que possible, et à continuer de bâtir sur l’esprit vert, le nom vert, la marque verte, et nous espérons gagner, ou à tout le moins augmenter notre part du vote à deux chiffres,» réitère M. Rivard.

En ce qui concerne ses fonctions actuelles au sein du conseil municipal de Nipissing Ouest, il tient à rassurer qu’une campagne électorale provinciale ne les affectera pas et qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts. «J’ai demandé conseil [au commissaire à l’intégrité] pour savoir si je devais ou non prendre un congé, et on m’a confirmé que ce n’était pas nécessaire. Si vous passez d’un siège de député provincial à celui de conseiller municipal ou de maire, vous devez renoncer à votre siège pendant la campagne, mais si vous passez de la politique municipale à un niveau plus élevé, provincial ou fédéral, vous n’avez pas besoin de prendre un congé. Ma priorité, c’est le conseil, et je vais m’assurer d’être présent à chaque réunion et de remplir mes fonctions d’élu ici,» assure-t-il.

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