Christian Gammon-Roy
IJL – Tribune
Une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, montrant plusieurs jeunes impliqués dans une altercation avec un homme sans abri sur la rue King, au centre-ville de Sturgeon Falls, a suscité une vague d’indignation en ligne et donné lieu à une enquête policière.
La Police provinciale de l’Ontario (PPO) a publié un communiqué le 12 août indiquant avoir été informée de l’existence d’une vidéo «montrant un groupe de jeunes garçons qui auraient agressé une personne sans-abri à Sturgeon Falls.» La police a identifié les personnes impliquées et poursuit activement son enquête sur les circonstances entourant l’incident, a-t-elle précisé.
La PPO a également demandé à toute personne disposant d’informations susceptibles d’aider à l’enquête de la contacter ou d’appeler Échec au crime au 1-800-222-TIPS (8477) ou de fournir des renseignements anonymement sur le site https://ontariocrimestoppers.ca/. Elle a toutefois demandé au public de ne pas partager ni republier la vidéo violente, conseillant plutôt de conserver toute preuve vidéo et de la remettre directement à la police. «Le partage de ce type de contenu peut traumatiser davantage les victimes et contribuer au harcèlement en ligne,» indique le communiqué.
«La Police provinciale de l’Ontario (OPP) reconnaît que les incidents impliquant des membres vulnérables de notre communauté peuvent être préoccupants. Chacun a un rôle à jouer pour assurer la sécurité de nos communautés et veiller à ce que les incidents de violence soient signalés à la police,» a-t-elle reconnu. Toutefois, ce rôle n’inclut pas les actes de vengeance, une pratique contre laquelle la PPO a vivement mis en garde après avoir constaté certaines réactions en ligne à l’encontre des jeunes impliqués.
Kyler Brouwer, agent des relations avec les médias pour la PPO, a reconnu l’existence de publications préoccupantes sur les réseaux sociaux, certaines proférant des menaces à l’égard des jeunes apparaissant dans la vidéo. «En ce qui concerne d’autres publications sur les médias sociaux, l’enquêteur en a été informé et s’est entretenu avec les personnes concernées, qui ont désormais supprimé ces publications,» explique l’agent Brouwer, qui encourage également le public à signaler «tout cas de menaces ou de harcèlement à caractère criminel à la Police provinciale de l’Ontario.» M. Brouwer réitère que la PPO décourage fortement aux gens d’essayer de rendre eux-mêmes justice, car cela les rendrait eux aussi coupable d’un crime. «Ce comportement ne fait qu’aggraver la situation, crée de nouvelles victimes et peut entraîner des accusations criminelles,» prévient-il.
De plus, à l’intention des personnes qui pensent publier des menaces de façon anonyme, M. Brouwer assure qu’il existe «de nombreuses pistes d’enquête que les agents peuvent explorer pour identifier les auteurs dans ce genre de situation, et cela ne change en rien les conséquences juridiques.»
Enfin, M. Brouwer demande au public de «laisser l’enquête suivre son cours,» tout en admettant que cela prendra du temps, car de nombreuses personnes sont impliquées, chacune nécessitant sa propre enquête. En ce qui concerne les conséquences, il est conscient que bien des personnes estiment la loi trop laxiste par rapport aux adolescents, et craignent que les jeunes ne soient pas punis pour leurs actes, mais il assure qu’«en fin de compte, l’enquêteur cherche le meilleur résultat pour toutes les personnes concernées.» M. Brouwer ajoute qu’il fournira des mises à jour dans la mesure du possible au fur et à mesure que l’enquête progressera, bien que la loi interdise à la police d’identifier les jeunes impliqués.







