Des foulards rouges rendent bien visible la lutte contre le VIH et le sida

0
La maire de Nipissing Ouest, Kathleen Thorne Rochon (à gauche), et la conseillère de la Première nation Nipissing, Samantha Stevens (à droite), nouent le premier foulard rouge devant l’hôtel de ville de Sturgeon Falls afin de sensibiliser la population au VIH et au sida. Elles sont entourées du personnel et des bénévoles du Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest, ainsi que des aînés de la Première nation Nipissing.

Christian Gammon-Roy

IJL – Tribune

Une petite foule s’est rassemblée au Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest (CSCNO) le jeudi matin 4 décembre pour préparer une nouvelle édition annuelle de la Journée du foulard rouge. Une fois de plus, le personnel du CSCNO a organisé une brève cérémonie, invitant les aînés de la Première nation Nipissing (PNN) à réciter une prière et à chanter, et les élus à prononcer quelques mots. L’objectif de la Journée du foulard rouge est de sensibiliser le public au VIH et au sida en mettant en avant la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1 décembre, et la Semaine de sensibilisation au sida chez les populations autochtones, soit la première semaine de décembre. À cette fin, le personnel et les bénévoles du CSCNO ont placé environ 150 foulards rouges dans des endroits publics du Nipissing Ouest et de la PNN.

Selon Anik St-Aubin, promotrice de la santé au CSCNO et l’une des responsables du projet, le succès de cette initiative repose sur plusieurs groupes locaux. Elle souligne notamment l’apport des bénévoles du cercle de tricot du CSCNO, qui passent presque toute l’année à confectionner les foulards rouges. Un autre groupe important est le Comité du sida de North Bay et région, qui n’a pas pu envoyer de porte-parole à la cérémonie cette année, mais qui a fourni comme à son habitude des étiquettes imprimées à fixer à chaque foulard. Ces étiquettes contiennent des informations sur le VIH et le sida, ainsi que des détails sur les endroits où obtenir de l’aide, de l’information, des services de dépistage ou des traitements.

La maire de Nipissing Ouest, Kathleen Thorne Rochon, et la conseillère de bande de la PNN, Samantha Stevens, ont prononcé quelques mots lors de la cérémonie, puis ont noué ensemble le premier foulard rouge devant l’hôtel de ville de Sturgeon Falls. La maire a souligné le 37e anniversaire de la Journée mondiale de lutte contre le sida. «C’est l’occasion de parler ouvertement du VIH, d’encourager chacun à connaître son statut et d’appeler à la suppression de toutes les barrières qui empêchent les gens d’accéder au dépistage, au traitement et au soutien en matière de VIH,» a-t-elle déclaré.

Pour Mme Stevens, ce sont ces obstacles aux soins qui rendent la sensibilisation particulièrement importante pour les populations autochtones. Elle a souligné qu’un pourcentage plus élevé d’Autochtones sont aux prises avec le VIH et le sida et que le manque d’accès aux soins dans les communautés autochtones isolées est un facteur critique. Selon Mme Stevens, l’accès aux soins a non seulement une incidence sur le diagnostic et le traitement du VIH, mais le manque de services de santé pendant l’actuelle épidémie de consommation de substances exacerbe le problème, car les aiguilles non stériles peuvent transmettre la maladie.

Les foulards rouges représentent une version agrandie du ruban rouge qui symbolise la solidarité et le soutien aux personnes séropositives ou atteintes du sida. De plus, en cette période de l’année, les foulards se prêtent au climat et se distinguent bien dans la neige. Puis, pour maximiser leur visibilité, les bénévoles les distribuent juste avant la parade de Noël à Sturgeon Falls. C’est la recette parfaite pour une campagne de sensibilisation visant à toucher le plus grand nombre possible de résidents. «Cette année, nous avons décidé d’attacher les foulards autour des arbres le long de la route de la parade, plutôt que simplement dans le centre-ville. Nous espérons que cela permettra d’accroître la visibilité, et comme il fait froid dehors, nous espérons que les gens s’arrêteront pour regarder les foulards et les étiquettes et comprendre de quoi il s’agit,» a expliqué Mme St-Aubin.

L’objectif de la campagne est de «briser la stigmatisation,» comme l’a dit la conseillère Stevens. Bien que des progrès aient été réalisés au fil des ans, il existe toujours une stigmatisation sociale associée au VIH et au sida, résultat d’une ignorance persistante, a-t-elle souligné. «Tout le monde peut être touché, ça ne touche pas juste les toxicomanes,» a déclaré Mme Stevens, ajoutant que la stigmatisation liée à la consommation de substances doit être combattue simultanément en raison de son impact corrélé sur le VIH. Elle espère que des campagnes comme celle-ci se poursuivront, afin de montrer aux personnes touchées par le VIH et le sida qu’elles ne sont pas seules. «C’est l’enfant de quelqu’un, ou la tante de quelqu’un,» a-t-elle conclu.