L’église de Cache Bay menacée de fermeture

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Christian Gammon-Roy

Tribune – IJL

La collectivité de Cache Bay est confrontée à la fermeture possible de son église catholique, Sainte-Thérèse-d’Avila, en raison de la baisse de fréquentation.

L’évêque Thomas Dowd, du diocèse de Sault Ste-Marie, a adressé une lettre aux habitants de Cache Bay le vendredi 24 octobre, leur demandant leur avis afin d’éclairer les décisions concernant l’avenir de leur église. Comme l’indique la lettre, le conseil paroissial de l’église a contacté l’évêque Dowd en août et lui «a proposé, le cœur lourd, qu’il était peut-être temps de fermer la paroisse.» Cependant, l’évêque insiste sur le fait que la décision ne peut être prise qu’après consultation et, à ce titre, il invite les commentaires jusqu’au dimanche 30 novembre.

«J’essaie de gouverner le diocèse selon les meilleures pratiques du catholicisme. Il existe un principe très important, qui est de ne pas prendre de décisions pour les gens sans les consulter au préalable. L’Église n’est pas une démocratie, mais nous ne sommes pas non plus une dictature. Je l’appelle parfois une «consultocratie»,» décrit Mgr Dowd.

Le père Gerald Lajeunesse, qui préside les offices à l’église de Cache Bay, explique que la messe hebdomadaire ne rassemble plus qu’une vingtaine de personnes. La faible fréquentation est un problème majeur, car les fonds collectés sont insuffisants au maintien de l’église.

Cependant, l’évêque souligne que les fidèles qui assistent régulièrement à la messe ne sont pas les seules à être considérées comme des paroissiens de Sainte-Thérèse-d’Avila. «Un catholique est membre d’une paroisse simplement parce qu’il vit dans cette paroisse. Il n’est pas nécessaire de s’inscrire pour devenir paroissien, il suffit de déménager et de vivre là où existe une paroisse,» explique-t-il, ajoutant que cela impliquait de s’adresser à l’ensemble de la communauté et d’espérer que d’autres paroissiens concernés «se manifestent». Dans cette optique, ils ont utilisé une base de données d’adresses et envoyé des lettres à l’ensemble de la communauté.

En tant que curé de la paroisse Sainte-Thérèse-d’Avila, le père Lajeunesse est bien conscient des problèmes soulevés auprès de Mgr Dowd, et il a accès aux courriels que les résidents ont déjà commencé à envoyer. Certains résidents de Cache Bay mettent en cause l’horaire, avec la messe régulière maintenant célébrée le samedi à 19 heures plutôt que le dimanche matin, ce qui aurait repoussé des paroissiens selon eux.

Le père Lajeunesse confirme avoir déjà entendu ces plaintes. Bien qu’il comprenne les préoccupations des résidents de Cache Bay, il souligne qu’il est le seul prêtre à célébrer cinq messes chaque fin de semaine, précisant qu’il ne peut pas les célébrer toutes en même temps le dimanche matin. «Rien que ce week-end, j’ai deux funérailles, trois messes et deux autres messes le lendemain,» explique-t-il, ajoutant qu’il doit se déplacer entre le Nipissing Ouest et North Bay car son territoire est vaste.

Malgré les préoccupations liées à l’horaire, le père Lajeunesse n’est pas certain qu’il suffirait de changer l’heure de la messe pour revitaliser la paroisse de Cache Bay. Selon lui, la fréquentation est en baisse dans toutes les paroisses qu’il préside dans le Nipissing Ouest et à North Bay. Le mécontentement des fidèles quant aux horaires a joué un rôle, certes, car les cinq services ont dû être reprogrammés lorsqu’il a pris ses fonctions, et certains paroissiens ne sont pas revenus depuis. Néanmoins, cela n’a fait qu’aggraver la baisse de fréquentation déjà observée depuis la pandémie de COVID, souligne le prêtre.

Or, l’enquête de Mgr Dowd vise à percer l’abcès. «Ce que les gens ne réalisent pas toujours, c’est qu’une paroisse ne se résume pas à une église seulement; une paroisse c’est une communauté. Je me suis rendu dans des paroisses qui célébraient leur messe dans le gymnase d’une école. Bien sûr, notre identité est souvent associée à une église, mais pour moi, la question n’est pas de savoir ce que nous faisons de l’église, mais quel est le statut ou la réalité de la paroisse. Y a-t-il une communauté catholique,» demande-t-il.

Il souligne aussi que l’église doit être entretenue par sa communauté et que celle-ci doit être disposée à faire des efforts pour la conserver. L’évêque se dit prêt à travailler avec les habitants de Cache Bay pour assurer l’avenir de leur paroisse, mais avant, il doit savoir s’il existe bel et bien une communauté paroissiale engagée.

Pour l’instant, Mgr Dowd et le père Lajeunesse attendent des réponses, ne voulant prendre aucune décision tant que les habitants n’auront pas donné leur avis. L’évêque explique que chaque paroisse est unique et qu’il n’existe pas de solution universelle pour maintenir et faire prospérer une paroisse, grande ou petite. Il espère que son enquête révélera la voie à suivre pour Cache Bay. Il invite donc les habitants à envoyer un courriel à cachebay@ssmd.ca pour lui faire part de leurs réflexions.

Enfin, l’évêque précise que les commentaires n’ont pas nécessairement besoin de porter sur le maintien de l’église, car les paroissiens préféreraient peut-être assister à la messe à Sturgeon Falls, à seulement 7 minutes, le dimanche. Selon lui, ces commentaires sont tout aussi valables. «Toutes les réponses que je reçois sont encourageantes, car la pire réponse serait l’indifférence,» déclare Mgr Dowd.

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