
Christian Gammon-Roy
Tribune – IJL
Les habitants de Verner pourraient enfin voir la lumière au bout du tunnel après des années de problèmes liés à leur eau potable. Le 22 janvier, la municipalité de Nipissing Ouest a annoncé que le gouvernement ontarien avait approuvé un financement pouvant atteindre 18 158 750$ du volet «Santé et sécurité en matière d’eau» de son Programme d’infrastructures municipales et de logement, pour le projet d’infrastructure d’eau à Verner. Le coût du projet a explosé au cours des dernières années et est désormais estimé à environ 24 millions de dollars. Dans un communiqué, les responsables municipaux ont déclaré qu’ils «continueront de chercher (…) d’autres sources de financement» pour les quelques 6 millions de dollars restants.
Le projet comprend la construction d’une nouvelle conduite d’eau principale reliant Cache Bay à Verner et la conversion de la station de traitement existante de Verner en une station de pompage. Selon Elizabeth Henning, directrice des infrastructures de Nipissing Ouest, la station d’eau de Verner atteindra sa durée de vie d’ici 2035. Les plans de conception de la nouvelle infrastructure d’eau sont déjà en cours. Le début des travaux est prévu en juin 2027 et le projet doit être terminé au 31 mars 2029, conformément aux conditions de financement.
L’annonce du financement du projet Verner fait suite à un investissement supplémentaire de 700 millions de dollars annoncé par le gouvernement provincial le 16 janvier, qui s’ajoute aux 175 millions de dollars annoncés en janvier 2025 pour le volet Santé et sécurité en matière d’eau. «Lorsqu’ils ont ouvert ce programme, ils ont dû recevoir beaucoup de demandes,» soupçonne Kathleen Thorne Rochon, maire de Nipissing Ouest. Elle rappelle les délégations locales aux conférences ROMA et AMO, où «le Nipissing Ouest était probablement l’une des 5 à 10 municipalités qui ont identifié le besoin d’un fonds pour les infrastructures d’eau qui ne soit pas lié aux [nouveaux] logements.»
Si l’investissement provincial est un soulagement pour la municipalité, la maire et le conseiller du quartier 7 (Verner), Fernand Pellerin, préviennent qu’il faudra modérer quelque peu les attentes. «Nous ne commencerons pas les travaux cette année. Il faudra encore un an pour tout mettre en place afin d’avoir tous les plans techniques finalisés,» explique Mme Thorne Rochon, ajoutant qu’ils sont également en train de finaliser les négociations avec la compagnie ferroviaire «car nous avons besoin d’une servitude le long du corridor ferroviaire.» Elle estime que le projet de construction durera deux ans et que les habitants de Verner continueront à voir occasionnellement de l’eau décolorée pendant cette période.
Le conseiller Pellerin, qui préside également le comité des services d’eau et d’égouts de la ville, espère voir des mesures à court terme pour rendre l’attente plus supportable. Selon M. Pellerin, une nouvelle «recette» de produits chimiques a été mise au point pour traiter l’eau à Verner, et il espère que cela rendra l’eau plus propre pour les utilisateurs. S’il admet que ce traitement donne à l’eau une odeur et un goût plus chimiques, il assure que l’eau est testée quotidiennement et qu’elle reste conforme aux normes provinciales. Or, le goût et l’odeur chimiques ne rendent pas l’eau du robinet de Verner plus potable que l’eau brune dont se plaignent les habitants, mais elle pourrait au moins être plus efficace pour le nettoyage. M. Pellerin souligne que les sédiments présents dans l’eau ont souvent taché les vêtements des habitants et que «une fois vos vêtements blancs tachés, il était impossible de les nettoyer.»
Comme mesure à court terme, M. Pellerin suggère de fournir aux résidents qui ont des problèmes persistants d’eau brune un filtre à charbon pour leur maison. Un filtre coûte environ 1 000$, installation comprise, et aiderait à éliminer la décoloration. «Tout le monde n’est pas concerné,» ajoute-t-il, donc il ne serait pas nécessaire d’en fournir à tous les foyers de Verner, seulement aux résidents touchés qui en font la demande.
En ce qui concerne le coût du projet, la maire reconnaît que l’inflation a eu un impact considérable sur sa faisabilité, rendant impossible pour la ville d’envisager ces travaux sans aide financière. «Lorsque les estimations initiales ont été faites, c’était probablement en 2020. Six ans plus tard, nous devons faire face à six années d’inflation, les pires que le Canada ait connues,» explique-t-elle. La maire espère que les coûts ne continueront pas à grimper, maintenant que les fonds provinciaux ont été promis. En fait, elle espère que l’investissement de la province encouragera le gouvernement fédéral à apporter, lui aussi, une contribution financière, car la ville est encore à environ 6 millions de dollars de son objectif.






