Christian Gammon-Roy
IJL – Tribune
Le jardin communautaire pour les jeunes du Centre de santé communautaire de Nipissing Ouest (CSCNO) est en pleine croissance – au sens propre comme au figuré – et suscite un vif engouement. Selon Renée Vaillancourt, directrice du programme de santé communautaire du CSCNO, le projet en est à sa deuxième année et connaît un grand succès tant auprès des jeunes participants que des adultes impliqués. Grâce à leur enthousiasme, ainsi qu’à 11 200$ en dons, le projet s’étend au-delà du jardin initial au CSCNO à Sturgeon Falls, avec deux nouveaux jardins qui voient le jour à Lavigne et à River Valley.
«Le programme est conçu pour favoriser l’accès à l’alimentation et les liens communautaires, tout en contribuant à une meilleure gestion de l’environnement. Il est spécialement adapté aux jeunes de la communauté,» explique Mme Vaillancourt. Bien sûr, l’objectif principal est la culture d’aliments, mais le programme fait participer les jeunes à toutes les étapes de la production alimentaire, de la terre à l’assiette, leur permettant ainsi d’acquérir de multiples compétences. Cela va des compétences en menuiserie nécessaires à la construction des bacs de culture dans lesquels ils plantent les légumes, à la plantation, la récolte et le compostage, «et à terme, ils pourront participer à des cours de cuisine et à d’autres types d’ateliers d’éducation à l’environnement.»
Le jardin communautaire contribue également à conscientiser les jeunes sur une alimentation saine. «Nous savons qu’en Ontario, l’insécurité alimentaire est en hausse ; les initiatives qui permettent de renforcer les connaissances alimentaires et l’accès à la nourriture sont donc extrêmement importantes. Nous savons que les jardins communautaires ne suffiront pas à eux seuls à résoudre l’insécurité alimentaire, mais ils peuvent réellement contribuer à renforcer la résilience,» explique Mme Vaillancourt.
Elle souligne que le programme comporte aussi des dimensions culturelles. Un aspect important du projet, souligné dans une demande de subvention déposée auprès du Richelieu International, consistait à s’assurer que l’ensemble du matériel pédagogique soit fourni en français. De plus, la culture et l’éducation autochtones s’inscrivent également dans le cadre du projet. «À l’avenir, nous allons intégrer l’art autochtone, différents enseignements et certaines pratiques culturelles traditionnelles au jardin. Par exemple, l’année dernière, nous avons planté les «trois sœurs» : le maïs, les haricots et la courge,» décrit Mme Vaillancourt.
Si le projet de jardin communautaire repose sur la participation enthousiaste des jeunes, il dépend également de l’investissement de la communauté. Jusqu’à présent, l’initiative a reçu 2 000$ du Club Richelieu de Sturgeon Falls; 1 000$ du Club social et culturel de Lavigne (CSCL); 500$ du Centre communautaire de Lavigne (CCL); et une subvention de 7 700$ du Richelieu International couvrant environ 20% des coûts du projet de cette année.
Mme Vaillancourt ajoute que le soutien de partenaires communautaires contribue au projet et à son essor continu. Parmi ces partenaires figurent le Bureau de santé de North Bay Parry Sound et district, Planète jeunesse Nipissing, le Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario, le Conseil scolaire catholique Franco-Nord, Focal Point Artistry, le CSCL et le CCL. «Ils ont contribué à l’élaboration du projet et s’y sont investis dès sa création. Nous disposons d’une lettre d’engagement de la part de Focal Point Artistry, qui prendra la tête de la composante artistique autochtone,» explique Mme Vaillancourt, ajoutant que ces partenaires ont également fourni des lettres de soutien pour obtenir la subvention de la Fondation Richelieu.
«Les objectifs de la Fondation Richelieu sont très proches de ceux de Planète jeunesse, et nous voulons montrer notre engagement envers Planète jeunesse en faisant aussi un don local à l’un des projets qu’elle soutient,» déclare Guy Cantin, membre du Club Richelieu de Sturgeon Falls, en expliquant les dons du Richelieu. Comme le souligne M. Cantin, les initiatives de Planète jeunesse visent à renforcer les liens communautaires dans le but ultime de réduire la consommation de substances chez les jeunes. «Il existait autrefois un programme appelé DARE, parrainé par les services de police locaux, dont le Club Richelieu était le principal commanditaire. La prévention chez les jeunes contre toute forme d’abus de substances est une cause qui nous tient particulièrement à cœur,» explique M. Cantin. En l’absence du programme DARE, le Richelieu a trouvé cela naturel de soutenir Planète jeunesse. «La méthode est peut-être différente, mais les objectifs sont les mêmes,» affirme-t-il.
Alors que le projet de jardin communautaire n’en est qu’à sa deuxième année, son impact positif se fait déjà sentir, se réjouit Mme Vaillancourt. «Le groupe de jeunes du programme Phare a déjà terminé de planter les potagers qui étaient construits l’année dernière; nous voyons donc déjà certains fruits et légumes commencer à pousser, et certains de nos participants du programme OASIS [pour aînés] ont récolté des herbes aromatiques fraîches, qui ont déjà été utilisées dans des repas préparés par l’équipe de notre programme. C’est agréable de voir ce cycle complet et la pérennité du jardin,» décrit-elle.
Cela fait du jardin un projet intergénérationnel. «Nous avons constaté que les activités intergénérationnelles que nous proposons aux jeunes et aux personnes âgées de la communauté ont rencontré un immense succès. Tout le monde en profit. Ce type d’activité génère de nombreux résultats positifs et crée un sentiment d’appartenance,» souligne la directrice.
Ajoutant à cet aspect intergénérationnel sont les bénévoles adultes qui sont là pour transmettre leur savoir, et Mme Vaillancourt ajoute qu’ils sont toujours à la recherche de nouveaux bénévoles. «Si quelqu’un souhaite apporter son aide de quelque manière que ce soit, que ce soit par des contributions financières ou du temps consacré au bénévolat, il peut contacter l’équipe de notre programme de santé communautaire,» invite-t-elle.
Enfin, interrogée sur une éventuelle extension du projet, peut-être vers un soutien alimentaire plus large destiné aux groupes communautaires, Mme Vaillancourt répond qu’il n’y a pas de projet en ce sens pour l’instant, mais qu’elle n’y est pas opposée. «Nous commençons modestement, et qui sait où ce projet nous mènera en termes de santé publique,» s’interroge-t-elle.

