Site icon West Nipissing This Week / La Voix du Nipissing Ouest

Qui est Georges Pharand, nouveau conseiller du quartier 8?

Isabel Mosseler

IJL – Réseau.Presse

Tribune

Pour de nombreuses personnes de Nipissing Ouest, même dans le quartier 8, le nouveau conseiller municipal Georges Pharand est un inconnu. Lors du processus de sélection pour remplacer l’ancien conseiller Jérôme Courchesne, M. Pharand a réussi à se démarquer parmi quatre aspirants au poste et à gagner la faveur de cinq membres du conseil. Il a été assermenté le soir même et il a assisté à sa première réunion publique en tant que représentant du quartier 8 le 21 mai.

M. Pharand a récemment pris sa retraite, à l’âge de 63 ans, ayant vendu son ancienne entreprise pour s’installer à plein temps dans la région qu’il fréquente depuis son enfance. Georges Pharand se définit lui-même comme un «enfant du Nord de l’Ontario»; il a grandi à Hanmer, y a fait ses études secondaires et a toujours gardé des liens avec le Nord, même s’il a voyagé dans le monde entier et résidé en Europe pendant de nombreuses années, principalement au Royaume-Uni.

M. Pharand a obtenu son diplôme en Commerce à l’Université d’Ottawa, puis s’est rendu à Paris pour y suivre une maîtrise en Administration des affaires. «À mon retour, j’ai commencé à travailler dans le secteur bancaire. Je suis allé travailler à Montréal, pour la Banque de Montréal. Je ne suis pas resté très longtemps à Montréal. Je pense que j’y suis resté trois ans environ et, vous savez, l’envie de partir vivre à l’étranger était très forte et je voulais explorer le monde,» raconte-t-il.  Il était alors dans la vingtaine.

M. Pharand a travaillé à New York pendant un certain temps, puis a fini par s’installer à Londres, en Angleterre. Londres a été son port d’attache de 1987 à 2007. Un jour en 2003, pendant qu’il visitait sa famille au Canada pour un court séjour, «quelque chose s’est passé» qui l’a amené à redécouvrir l’île aux chênes sur le lac Nipissing, à Lavigne, où il habite désormais. Autrefois, cette île était un camp d’été axé sur la nature pour les jeunes francophones de l’Ontario. «C’était un camp d’été pour les enfants depuis 1950, à peu près jusqu’au début des années 80, et j’ai commencé à venir ici en 1969. Mes parents m’envoyaient ici pendant trois semaines chaque été,» raconte-t-il.

Plus tard, lorsqu’il était à l’école secondaire, il y travaillait comme moniteur de camp l’été, jusqu’en 1979. M. Pharand avait donc des liens profonds avec ce site. «En 2003, j’ai voulu savoir ce qu’il était devenu. Lors d’un voyage chez mes parents, j’ai loué un bateau à Lavigne et, pour faire court, j’ai découvert qui étaient les propriétaires, j’ai acheté l’île et j’ai nettoyé le site parce que la plupart des bâtiments étaient effondrés. J’ai construit une maison et j’en ai fait mon foyer. À partir de 2007, j’ai commencé à revenir ici. Au début, je passais peut-être un mois, deux mois, chaque année, chaque été (…) C’est mon frère qui a construit la maison et lorsque la maison a été terminée en 2009, je passais plus de cinq mois par an ici en été.»

M. Pharand continuait toujours à travailler, mais à distance. «Je gérais mon entreprise, qui se trouvait au Royaume-Uni, mais l’été, c’était à partir d’ici. J’avais un partenaire commercial et vous savez, c’était une grande entreprise, donc je pouvais faire mon travail de n’importe où. C’est ainsi que je suis revenu dans cette communauté.» Après avoir habité l’île à temps partiel pendant 20 ans, il a vendu l’entreprise et il a officiellement pris sa retraite en avril de cette année. «Je suis rentré officiellement chez moi et, trois jours plus tard, j’ai appris qu’il y avait un poste vacant au conseil municipal!»

Georges Pharand était copropriétaire de Fragrance Factory Ltd (FFL), l’un des principaux distributeurs de parfums et de produits de beauté couvrant le Royaume-Uni, l’Irlande et les îles anglo-normandes. Lui et son partenaire, Howard Shaughnessy, directeurs et cofondateurs, ont connu 29 années de succès dans cette industrie. Leurs marques comprenaient Police, Anna Sui, Jasper Conran, Nesti Dante, Evian et Esteban. «Nous nous sommes retirés de l’entreprise l’année dernière et nous ne sommes plus partenaires, mais toujours meilleurs amis (…) Nous sommes assez fiers de ce que nous avons accompli, mais il était temps de tirer notre révérence.»

L’une des rumeurs qui circulent autour de Lavigne est que Sir Elton John ait rendu visite à M. Pharand sur son île. Lorsqu’on lui demande de vérifier cette rumeur, il rit et dit que c’est une fausse nouvelle; il ne connaît pas et n’a jamais connu Elton John. Mais il est au courant de la rumeur et elle revient sans cesse, s’étonne-t-il.

M. Pharand était un grand voyageur. Il avait un appartement à Gibraltar et, chaque hiver, il choisissait un endroit où aller et travaillait à partir de là. Mais «j’ai 63 ans maintenant et j’ai décidé de redevenir casanier. Je veux juste rester à la maison et nous avons l’intention de passer nos hivers ici.» L’hiver sur l’île? «L’hiver n’est pas un problème. Nous avons une motoneige, un véhicule tout terrain avec des chenilles, et nous n’avons qu’à traverser le lac.» Il a des amis chez qui il peut rester en cas de problème pour accéder à l’île, ou «nous pourrions simplement acheter assez de nourriture pour six semaines et assez de vin et rester ici,» dit-il en riant. «L’autre chose, c’est que ma mère a 90 ans, et bien qu’elle soit en très bonne santé, elle vit toujours dans sa maison, elle conduit sa voiture, mais je suis conscient du fait qu’à cet âge, on ne sait jamais ce qui peut arriver et (…) je ne voulais pas être à Londres sans pouvoir revenir immédiatement. C’est pourquoi ma place est maintenant ici.»

Qu’est-ce qui a poussé Georges Pharand à se présenter au conseil municipal? Il s’investit de plus en plus dans sa communauté, il observe des groupes tels que le Comité d’embellissement de Sturgeon Falls, et même s’il appuie cet engagement civique, il voit un certain fossé entre les citoyens engagés et l’administration. «Nous ne devrions pas compter juste sur les bénévoles. Si nous voulons une ville dont nous sommes fiers, je pense que tout le monde doit être champion, vraiment. C’est pourquoi je me demande si la municipalité en fait assez. (…) Beaucoup de gens disent qu’avant la fusion, ou juste après, nous n’avions pas ce problème. La ville dépensait de l’argent pour les fleurs et l’embellissement, elle nettoyait davantage et faisait le tour des fossés pour les débarrasser des bouteilles en plastique. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas.»

Bien que M. Pharand ait été nommé par les membres du conseil, certains habitants de Nipissing Ouest estiment qu’une élection partielle aurait dû être déclenchée pour permettre aux résidents du quartier 8 de choisir leur représentant. «L’autre jour, j’ai eu un débat avec quelqu’un qui était catégorique sur le fait que nous aurions dû avoir une élection partielle, et cette personne est également une personne qui préconise des réductions d’impôts ou au moins 0% d’augmentation d’impôts. On ne peut pas d’un côté dire que l’on veut réduire les impôts municipaux et de l’autre, dire que l’on veut dépenser entre 25 000$ et 40 000$ pour une élection partielle dans un quartier. Le quartier 8, si l’on regarde aux dernières élections, est celui qui a enregistré le plus faible taux de participation.» M. Pharand affirme que la pratique de remplir les postes municipaux vacants par nomination est très répandue en Ontario. «Il y a deux postes vacants à Sudbury, en raison du décès de deux conseillers en janvier. Savez-vous combien on a estimé le coût d’une élection partielle dans chacune de ces circonscriptions de Sudbury? $377,000!» Cela ne coûterait pas autant ici, mais la nomination est l’option d’un nombre croissant de municipalités.

Admettant volontier qu’on ne peut gérer une municipalité de la même façon qu’une entreprise, M. Pharand précise qu’il a déjà participé à des commissions de gestion de copropriété. «Il y a des similitudes avec la gestion d’une municipalité, sauf que c’est beaucoup plus petit. Mais j’ai siégé à des conseils de copropriété pour environ 300 logements en même temps. Il s’agit de trouver un équilibre entre les différents intérêts d’un groupe de personnes. J’ai dû faire face à la question des fameuses Airbnb (logements de location à court terme). La moitié des propriétaires ne voulaient pas d’Airbnb dans leur immeuble, et l’autre moitié voulaient exploiter des Airbnb. (…) J’ai déjà vécu tout le débat sur les Airbnb, alors je sais ce que c’est.»

Son expérience professionnelle peut servir, croit-il. «Lorsque j’ai créé mon entreprise au Royaume-Uni il y a 30 ans, il n’existait pas de politique en matière de médias sociaux; les médias sociaux n’existaient pas à l’époque. Il n’y avait pas de politique en matière de harcèlement. Il n’y avait pas non plus de politique en matière de conflits d’intérêts. (…) Nous avons évolué et c’est devenu pratique courante partout, que ce soit en Europe ou en Amérique du Nord (…) Il faut que les choses soient claires pour les gens (…), une politique en matière de harcèlement et d’intimidation sur le lieu de travail est extrêmement importante. Même la politique de lutte contre les pots-de-vin et la corruption, les conflits d’intérêts pour la municipalité sont essentiels. (…) Il faut des normes de comportement et des processus et protocoles pour traiter les problèmes (…) Si les gens ne savent pas ce qu’on attend d’eux, c’est là que les problèmes commencent,» dit-il.

Georges Pharand estime qu’il s’agit simplement de bon sens, mais il répète l’adage selon lequel le bon sens serait relativement rare. Il est convaincu que son expérience, son bon sens et son dynamisme personnel seront des atouts pour les habitants du quartier 8 et pour l’ensemble du Nipissing Ouest.

Exit mobile version