Suzanne Gammon
IJL – Réseau.Presse
Tribune
Le 7 juin, le gouvernement provincial annonçait un octroi de 18 257 400$ au Conseil scolaire public du Nord est de l’Ontario, pour une nouvelle école à Sturgeon Falls. Selon le président du conseil, Denis Labelle, cette annonce est attendue depuis longtemps, car le conseil aurait vu une augmentation de 110% du nombre d’élèves au cours des dernières années, et les espaces actuels sont insuffisants.
Particulièrement, l’école élémentaire Jeunesse Active compte maintenant environ 315 élèves de la maternelle à la 8 année, selon M. Labelle, et ce nombre ne cesse d’augmenter. «Nous avons 40 inscriptions à la maternelle pour septembre et c’est comme ça depuis environ trois ans,» dit-il. «On a déjà 5 portatives et la grandeur du terrain ne nous permet pas d’en mettre plus. On est coincé.»
Le conseil veut donc déplacer les élèves des 7e et 8e années pour faire plus de place à Jeunesse Active, puis créer une école neuve pour les étudiants de la 7e à la 12e année. En ce moment, l’École secondaire publique Nipissing Ouest compte environ 110 élèves, selon le président, qui ajoute «on a des grosses classes de 8e année qui s’en viennent.» Dans son annonce de financement, la province dit que la nouvelle école devra avoir de la place pour 253 élèves.
Depuis sa création il y a 25 ans, le Conseil scolaire public du Nord-est de l’Ontario loue de l’espace du Near North District School Board dans l’école où cohabitent l’École secondaire publique Nipissing Ouest (anciennement E.s.p. Northern) et Northern Secondary School, l’école publique de langue anglaise. Selon M. Labelle, son conseil paie 175 000$ par année pour louer cet espace, ce qui n’est pas déraisonnable parce que ça comprend les concierges, l’entretien et ainsi de suite. Par contre, «rien ne nous appartient. On est à la merci de quelqu’un d’autre. Il faut toujours demander «quand est-ce qu’on peut avoir le gymnase, la bibliothèque, le champ sportif, etc.» On veut avoir nos propres installations,» insiste M. Labelle.
Il précise que les élèves francophones méritent «des installations égales» et que l’annonce du gouvernement est pour lui un signe que «finalement, ils reconnaissent qu’on a du rattrapage à faire.» M. Labelle dit que son conseil revendique cela depuis longtemps, et que «ce n’est rien contre eux autres [Near North], ils nous ont bien accommodés, mais on a été patients et c’est le temps.»
Cela dit, M. Labelle affirme qu’il y a des pourparlers à prévoir avec le conseil Near North pour la suite des choses, et rien n’est coulé dans le béton pour l’instant. Lorsqu’on lui demande s’il y a possibilité de continuer une cohabitation, il avoue que ce n’est pas ce qu’il envisage, mais aucun scénario n’est exclu avant les discussions. Pour sa part, il est fortement en faveur d’une école indépendante. Président du conseil depuis une vingtaine d’années, M. Labelle dit qu’il a toujours eu cela comme vision, et il voudrait voir cette vision se concrétiser avant de quitter. «Quand je verrai la clé de notre nouvelle école, je pourrai passer à autre chose,» dit-il.
M. Labelle révèle qu’il y a environ un an, le conseil avait embauché une firme de consultation pour identifier des terrains possibles pour une nouvelle école. Selon lui, «3 ou 4 terrains vacants» seraient à l’examen. Lorsqu’on lui demande si des bâtiments existants ont été considérés, il répond «je ne connais pas de bâtisse à Sturgeon qui pourrait répondre à nos besoins.» Le président dit qu’il ne peut pas révéler l’emplacement des 3 ou 4 terrains en lice, car cela pourrait compromettre d’éventuelles négociations.
Or, le projet est encore au stade embryonnaire, car il faut entamer les discussions avec le conseil Near North, préciser la vision, élaborer un plan pour l’achat d’un terrain et faire la conception du bâtiment. Il faudra faire approuver tous les plans par le ministère de l’Éducation, ce que M. Labelle espère pouvoir faire d’ici le mois d’août. Si tout va bien, il vise à lancer d’un appel d’offres à l’automne 2024, pour pouvoir «mettre la pelle dans la terre le plus tôt possible en 2025.» Bien sûr, cela, «c’est l’idéal» qui repose sur un processus sans heurt, et M. Labelle avoue que même dans des conditions parfaites, il faudra 18 à 24 mois pour la construction, ce qui porterait l’ouverture à 2027.
Lorsqu’on lui demande si l’ouverture coincidera nécessairement à la rentrée scolaire en septembre, il dit que non, cela pourrait se faire à tout moment de l’année. «Dès que c’est prêt, on peut déménager. Les enfants peuvent partir le vendredi, puis rentrer dans leur nouvelle école le lundi matin,» estime-t-il.
Quant à sa vision de la nouvelle école, M. Labelle dit qu’elle devra inclure un laboratoire, une salle de musique, une bibliothèque, et qu’il aimerait même y voir un amphithéâtre. Cela semble rejoindre la vision du gouvernement et du député provincial de Nipissing, Vic Fedeli. Lorsqu’il a fait l’annonce de l’octroi dans le cadre d’un investissement de 1,3 milliard de dollars pour la construction et l’agrandissement d’écoles à travers la province, M. Fedeli a vanté «l’engagement du gouvernement visant la construction d’espaces d’apprentissage ultramodernes destinés aux élèves de l’Ontario.»
Quant au directeur de l’éducation du Conseil scolaire public du Nord-est de l’Ontario, Yves Laliberté, la future école sera un atout pour l’ensemble de la communauté francophone locale. «Il s’avère primordial pour nous de créer et de maintenir des environnements d’apprentissage qui favorisent le bien-être et la réussite de nos élèves tout en stimulant l’épanouissement de la fierté, de la culture et de l’identité de nos communautés francophones,» affirme-t-il.

