Le nouveau DG municipal mise sur la structure et la communication

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Christian Gammon-Roy

Tribune – IJL

Une transition importante s’est effectuée le 10 novembre lorsque Mike Pilon a pris ses fonctions de directeur général de la municipalité de Nipissing Ouest, remplaçant Jay Barbeau qui avait pris sa retraite le 10 octobre après 25 ans de service. Juste avant son entrée en fonction, M. Pilon a pris sa retraite de la Police provinciale de l’Ontario (PPO), apportant plus de 30 ans d’expérience dans le domaine policier. Il a passé les trois dernières années et demie en tant que Surintendant en chef et Commandant régional pour la région du Nord-Est de la PPO. Le nouveau DG a pris le temps de parler de ce qui l’a motivé à prendre ce poste et à s’installer dans le Nipissing Ouest, puis de ce qu’il espère apporter à l’administration municipale.

«J’ai passé 24 ans de ma carrière dans le Grand Nord, dans la région de Cochrane, Kapuskasing et Timmins. J’y ai élevé ma famille. Je suis originaire de Sudbury et j’ai de la famille ici, au Nipissing Ouest [et] dans la région de North Bay. En 2018, j’ai été promu au grade de Surintendant au siège régional de North Bay, et pendant cette année de transition, je cherchais un endroit où vivre. Le Nipissing Ouest m’intéressait parce que ma femme et moi sommes francophones et nous apprécions les petites villes plus accueillantes,» raconte M. Pilon. La famille, dit-il, a également joué un rôle important dans sa décision, car ses parents et une sœur vivent dans la communauté. C’est également le point central idéal pour que ses quatre filles adultes viennent lui rendre visite de temps en temps.

Comme il le souligne, son travail au sein de la PPO l’a amené à parcourir une vaste zone territoriale. Ainsi, il passait beaucoup de temps loin de chez lui. Enfin, lorsque le poste de directeur général a été affiché, M. Pilon dit qu’il était impatient de pouvoir continuer à travailler dans la fonction publique, mais cette fois-ci chez lui. C’était aussi un changement de rythme. «Je cherchais vraiment une nouvelle opportunité. Il y a beaucoup d’opportunités dans le domaine policier ou des services correctionnels, ce domaine dans lequel j’ai baigné pendant plus de 30 ans, mais en réalité, je cherchais quelque chose d’un peu différent,» confie-t-il, ajoutant que le moment était parfait.

M. Pilon a donc postulé et passé les entretiens, qui ont débuté en février 2025 avec 32 candidats. Après plusieurs séries d’entretiens, il a finalement été sélectionné en septembre par le conseil municipal. C’est alors qu’il a annoncé sa retraite de la PPO, à la fin du mois d’octobre. Il explique que, même s’il était admissible à la retraite depuis plus d’un an, il «n’était pas prêt à arrêter de travailler. Je voulais continuer à contribuer au service public, et c’est en quelque sorte le prochain chapitre pour moi.»

Puisqu’il est déjà retraité de la PPO, on peut se demander combien de temps M. Pilon prévoit rester au poste de directeur général. «Je pense que je resterai ici aussi longtemps qu’on voudra de moi et que je serai efficace dans le rôle. Cela fait partie d’un bon leadership et d’une bonne gestion, de savoir reconnaître quand son heure est venue et quand passer le flambeau. (…) Pour toute personne occupant un poste de direction ou de gestion, l’objectif ultime est de chercher son successeur, son remplaçant, et de s’assurer qu’il y ait une bonne transition,» répond-t-il.

Son intérêt pour la succession soulève la question de savoir s’il a été embauché pour «redynamiser l’administration» avant de passer le flambeau. «Je pense que c’est tout à fait l’intention, et ça démontre la nature progressiste et avant-gardiste de notre maire et de notre conseil municipal, et c’est ce qu’ils ont recherché en moi. Cela me rend très fier, et il y a certainement beaucoup d’attentes à mon égard, mais j’ai les épaules larges, j’ai déjà occupé ce type de poste et je m’attends à réussir. Je pense qu’ils recherchent un certain changement dans le domaine administratif. Nous allons examiner tous nos processus. Nos processus de service à la clientèle, nos processus de demande de service, la manière dont nous communiquons avec le public et la manière dont nous suivons et hiérarchisons certaines de ces demandes. C’est notre travail principal, de vraiment satisfaire le public et de fournir le meilleur service possible pour leur argent. Cela fait partie de mes priorités, de vraiment commencer à comprendre ce que nous avons fait, ce que nous devons arrêter de faire ou ce que nous devons changer,» explique M. Pilon.

Selon lui, cette volonté de changement et de nouvelle perspective arrive à point, et c’est en partie ce qui l’a attiré vers ce poste. Le fait d’avoir une maire et un conseil municipal relativement nouveaux, qui n’en sont qu’à leur premier mandat, offre une opportunité de transformation. «Parfois, lorsque les gens occupent un poste depuis trop longtemps, ils peuvent devenir un peu stagnants, rigides et peut-être moins ouverts aux idées nouvelles et importantes. Je pense que la municipalité est actuellement dans une très bonne position à cet égard, car nous avons un conseil municipal et une maire très progressistes, et nous, les employés, nous nous efforcerons de suivre le rythme,» explique-t-il.

Bien que M. Pilon ne puisse pas encore fournir de détails, car il est encore en train de s’adapter à son nouveau rôle, il évoque son expérience au sein de la PPO pour indiquer comment il espère gérer les quelque 200 employés municipaux. «Mon style de gestion et de leadership est très collaboratif, transparent et ouvert à la communication. (…) L’une des premières choses que je fais lorsque j’arrive au bureau, c’est de faire le tour le matin pour saluer tout le monde et faire connaissance avec mes collaborateurs. C’est ma grande priorité : apprendre à connaître mon personnel, les conseillers municipaux et la maire, et vraiment comprendre comment ils envisagent les priorités, puis diriger le navire pour répondre à ces attentes,» décrit-il.

La communication ouverte est un élément que M. Pilon évoque à plusieurs reprises comme étant la clé de la réussite. Une partie de cela consiste à communiquer clairement les attentes. «Dans l’organisation dont je suis issu, tout est très structuré. Vous avez une description de poste, vous savez exactement quel est votre rôle, et vous essayez de votre mieux de rester dans ces limites et de ne pas empiéter sur le rôle de quelqu’un d’autre et perdre votre concentration. Je viens d’un monde très structuré, et j’espère apporter cette concentration à la municipalité,» affirme-t-il.

En ce qui concerne le taux de rotation élevé, un problème récurrent à la mairie dans le passé, M. Pilon estime que la communication est également la solution. «Mon approche a toujours été la suivante: si vous avez un problème, je ne sais pas ce que je ne sais pas. Si je n’en suis pas conscient, comment puis-je vous aider? Beaucoup de gens ont l’impression de ne pas être écoutés, mais ils ne font pas d’efforts. S’ils font des efforts, ils doivent continuer à gravir les échelons jusqu’à ce qu’ils aient le sentiment d’être écoutés. Si cela implique d’avoir une conversation avec moi, alors cela ne me pose aucun problème,» dit-il, ajoutant que la communication bidirectionnelle entre le sommet et la base de la chaîne est essentielle pour que les gens se sentent écoutés et soutenus.

M. Pilon applique également son approche de communication ouverte aux groupes communautaires. Il mentionne avoir rencontré divers comités et associations, dont beaucoup fournissent des services précieux à la communauté. Une partie de son adaptation consiste à apprendre à connaître ces groupes et à écouter leurs préoccupations afin qu’ils se sentent également soutenus par l’administration municipale.

Après 25 ans, il faudra peut-être un certain temps pour s’habituer à voir quelqu’un de nouveau derrière le bureau du directeur général, mais M. Pilon espère que ce sera un changement positif. Son arrivée pendant ce premier mandat du conseil actuel signifie un renouvellement presque complet des personnes à la table où sont prises les décisions municipales importantes. Comme le souligne M. Pilon, cela pourrait représenter un grand pas vers de nouvelles possibilités.

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