Christian Gammon-Roy
IJL – Réseau.Presse
Tribune
En sa deuxième année seulement en tant qu’organisateur unique du Festin à la ferme, Leisure Farms a redonné à l’événement toute sa splendeur d’antan avec une affluence record. Le propriétaire et organisateur Mitch Deschatelets se dit ravi du succès de cette année, les 500 billets ayant tous été vendus. «Ça faisait plusieurs années que cela n’était pas arrivé,» explique-t-il, ajoutant que les billets étaient épuisés dès le jeudi précédant l’événement, qui avait lieu le dimanche 10 août. Les participants ont pu déguster les délicieuses créations de 12 chefs de la région, qui ont préparé leurs plats à partir d’ingrédients locaux. Comme l’année dernière, M. Deschatelets précise qu’il n’a pas organisé cet événement dans un but lucratif, mais plutôt pour rassembler les gens autour des produits régionaux.
L’événement a vu le jour grâce à un partenariat avec la Chambre de commerce de Nipissing Ouest, qui a cessé ses activités l’année dernière, obligeant Leisure Farms à poursuivre seul cette tradition. La pandémie a porté un autre coup dur ces dernières années, interrompant l’élan du Festin à la ferme, un événement phare qui affichait généralement complet bien à l’avance.
«La dernière fois que nous avons affiché complet, c’était en 2019, je crois,» se souvient M. Deschatelets. Cette année, les billets s’étant vendus très tôt, il a même vu des gens afficher des messages en ligne pour essayer d’acheter des billets à d’autres personnes. Or, même si la demande est forte, M. Deschatelets ne souhaite pas faire croître le Festin à la ferme. «Je suis sûr que j’aurais pu vendre facilement 100 billets de plus, mais nous sommes déjà très occupés comme ça. Je trouve que 500, c’est un bon chiffre,» affirme-t-il.
L’organisateur estime également avoir trouvé le juste équilibre en matière d’offre culinaire. Comme l’année dernière, 12 stands ont été installés dans les champs de Leisure Farms. Parmi eux, trois nouveaux chefs qui n’avaient jamais participé auparavant, et les neuf autres sont revenus avec un nouveau menu. Selon M. Deschatelets, c’est le parfait équilibre entre les nouveaux venus et les habitués, car les derniers sont préparés à accueillir les foules, ce qui permet à l’événement de se dérouler sans pépin, tandis que les nouveaux apportent une touche d’originalité à l’offre. «Ils ne s’attendaient pas à être aussi achalandés. Je leur avais donné les chiffres, mais tant qu’on n’a pas vécu l’expérience, il est difficile d’imaginer comment tout cela se déroule,» explique M. Deschatelets. «Vous pouvez avoir 200 personnes qui se présentent à votre stand tout d’un coup, ou seulement 15 à 20,» décrit-il. Pour sa part, Mitch Deschatelets maîtrise parfaitement l’organisation de l’événement après tant d’années d’expérience.
Si le Festin à la ferme a initialement été créé pour générer des fonds, cela a changé depuis que Leisure Farms a repris le financement et l’organisation de l’événement l’année dernière. M. Deschatelets explique que la priorité, c’est l’aspect communautaire et la création de liens durables. «Je n’ai pas fait le calcul, mais je pense que nous avons atteint le seuil de rentabilité. Je ne cherche pas à gagner de l’argent, j’aime simplement promouvoir l’idée de manger local. Cela permet aux gens de découvrir des restaurants ou des chefs qu’ils ne connaissaient pas, et cela crée également des liens entre ces restaurants et les agriculteurs, car dans le cadre de l’événement, je leur demande d’utiliser autant que possible des ingrédients locaux. Certains d’entre eux utilisent déjà des ingrédients locaux, mais pour d’autres, cela les oblige à entrer en contact avec un agriculteur local, et à partir de là, cette relation peut se poursuivre,» explique-t-il, ajoutant que l’événement est un moyen de stimuler l’économie locale. M. Deschatelets souligne que le Festin à la ferme a remporté le titre de Meilleur événement culinaire de l’Ontario en 2019, et qu’il serait «dommage de perdre quelque chose d’aussi unique.»
Si le Festin à la ferme favorise les relations entre les restaurants et les producteurs, M. Deschatelets souhaite également que les participants repartent avec l’intention de s’approvisionner auprès de ces mêmes producteurs, plutôt que de faire leurs courses uniquement à l’épicerie. «Je pense qu’avec le temps, il y aura de plus en plus de liens directs entre les gens qui choisiront de faire leurs achats dans des endroits où ils connaissent les propriétaires,» explique-t-il. «C’était comme ça il y a longtemps, on achetait du lait ou des pommes de terre à un agriculteur qu’on connaissait, ou on allait dans un restaurant où l’on connaissait le propriétaire. Je pense qu’on revient à ça, et j’aime cette idée. J’adore me promener et faire connaissance avec tout le monde,» poursuit-il. Le Festin crée l’occasion de cette interaction, où les gens peuvent se souvenir d’un chef et décider de se rendre dans son restaurant grâce à cette rencontre, ou acheter des ingrédients locaux goûtés pendant la soirée.
M. Deschatelets explique que cette tendance est déjà bien enclenchée. Chez Leisure Farms, il a constaté une augmentation du nombre de clients qui achètent des produits frais directement à la ferme. Il a aussi remarqué la popularité croissante des marchés fermiers. «Ma vision est similaire à celle dont parlaient mes grands-parents. Avant, les gens allaient aux marchés fermiers, c’était très populaire, et toutes les villes en avaient. Nous revenons lentement à cela,» dit-il, ajoutant que les gens s’intéressent de plus en plus à soutenir les entreprises locales plutôt qu’à acheter des produits importés.


